La majorité consolide son refus de la proposition syrienne en trois points

La majorité consolide son refus de la proposition syrienne en trois points


Revenant sur la proposition de la Syrie de procéder à des élections présidentielles et à la mise en place d’un gouvernement restreint et d’élections parlementaires dans les 6 mois suivant la mise en place dudit gouvernement, les responsables de la majorité au pouvoir ont indiqué que cette proposition avait été refusée car elle était piégée.


Le parti du Bloc national (BN) a ainsi relevé dans un communiqué qu’il « ne fait plus désormais de doute que le négociateur en chef du camp du 8 Mars est le président syrien Bachar el-Assad ». Le fait pour Bachar el-Assad d’avoir livré « au secrétaire général de la Ligue arabe la proposition en trois points est une preuve supplémentaire de l’implication directe du régime syrien dans l’impasse électorale libanaise. Ni le Hezbollah ni le général Michel Aoun sont les vrais négociateurs, ni Nabih Berry qui a fermé le Parlement à double tour », a aussi souligné le Amid du BN, Carlos Eddé. Ce dernier a qualifié l’attitude syrienne « d’ingérence manifeste » dans les affaires d’un pays arabe et représente « une violation flagrante de la charte de la Ligue arabe ».
Le député du Courant du futur Ahmad Ftouh a souligné quant à lui que la Syrie œuvrait à « institutionnaliser le vide qui sévit dans le pays, comme prélude à un travail de sape de l’identité libanaise », et c’est pour cela qu’elle a fait cette proposition en trois points à Amr Moussa.


Pour le député du Futur Moustapha Allouche, le communiqué de la Ligue arabe peut être qualifié de « traditionnel ». Le Liban est désormais « relégué au second plan des préoccupations des pays arabes », a souligné M. Allouche qui a aussi ajouté qu’il ne sert plus « à rien d’attacher beaucoup d’importance au sommet arabe de Damas ».


Le député des Forces libanaises (FL), Antoine Zahra, a quant à lui estimé que l’accent avait été mis par les députés qui se sont rendus en Egypte sur « l’attachement » de la majorité à l’initiative arabe. Les députés, dont M. Zahra faisait partie, ont pressé « Amr Moussa de nommer les responsables de la paralysie » politique au Liban. Le député a ensuite relevé que « l’initiative de Bachar el-Assad » ne « concerne pas » la majorité et qu’il convenait désormais de « faire comprendre aux régimes syrien et iranien que notre pays n’est pas une arène ».
Le député de la Rencontre démocratique Antoine Saad a de son côté relevé que « le communiqué publié par la réunion des ministres des Affaires étrangères arabes réaffirme l’attachement de tous à l’initiative de la Ligue ».

 

 Une initiative qui donne une place prioritaire à « l’élection d’un nouveau président de la République consensuel, le général Michel Sleimane », a estimé M. Saad. Le président de la Ligue pour la défense des libertés publiques et de la démocratie, Sinane Barrage, a rappelé de son côté que le ministre égyptien des AE Ahmad Aboul Gaith avait clairement indiqué que « la majorité avait accepté l’initiative, contrairement à l’opposition », de même que le haut représentant pour la Politique étrangère européenne, Javier Solana, a indiqué que « l’Europe unie reconnaît la légitimité du gouvernement actuel » et appuie l’initiative arabe.


Sur un autre plan, le conseil exécutif de la Ligue grecque-catholique, sous la présidence de Maroun Abou Rjeily, a appelé les politiciens à « arrêter de rater les chances de parvenir à un consensus et à ne plus prolonger le vide institutionnel au niveau de la magistrature suprême, surtout à l’aune des tensions actuelles dans la région

 

L’opposition


Par ailleurs, dans une interview accordée à Magazine, le député du Metn, Sélim Salhab, membre du bloc aouniste, a assuré que le règlement de la crise libanaise dépendait des Libanais eux-mêmes. « S’ils s’étaient entendus entre eux, les choses en seraient restées là. Cette mésentente a permis à la Syrie de s’ingérer de nouveau dans nos affaires, et les Arabes, censés venir faire leur proposition au Liban, se rendent en Syrie pour la convaincre de faire pression sur l’opposition afin qu’elle accepte les conditions de la majorité », a-t-il dit. A la question de savoir si, par son attitude, le chef du CPL n’était pas en train de servir les intérêts syriens, M. Salhab a relevé que « s’entendre sur l’élection et s’arrêter là servira les intérêts de la Syrie ».


Par ailleurs, Michel Aoun a reçu hier à Rabieh le chef du parti du Dialogue national, Fouad Makhzoumi, lequel a affirmé que « l’initiative arabe est la seule voie qui mène à la résolution de la crise politique libanaise qui s’éternise ». De son côté, le député CPL Hagop Pakradounian a souligné que l’initiative de la Ligue arabe « n’est pas encore morte », mais que « néanmoins, cela ne fait pas d’elle un document sacro-saint » qu’il faut à tout prix respecter. Toutefois, et toujours du côté du CPL, un autre son de cloche a émané, concernant l’efficacité de l’initiative arabe, d’un responsable du CPL Simon Abi Ramia qui a relevé qu’il ne s’attendait « à rien de bon » de l’initiative arabe.


Commentant en outre le communiqué publié par la réunion des ministres arabes des AE, le député Ismaïl Succarié a fait valoir que ce document n’avait fait que « reprendre des positions déjà connues », soulignant que la Ligue arabe était incapable de « lever le veto américain » qui pèse sur le règlement de la crise.

المصدر:
l"orient le jour

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