Pour le chef du PSP, le 14 Mars doit adopter une position unifiée par rapport à la loi électorale
Joumblatt appelle à un boycottage du sommet arabe
Joumblatt appelle à un boycottage du sommet arabe
Le chef du PSP, Walid Joumblatt, a plaidé hier en faveur d’un boycottage du sommet arabe, si la Syrie continue de bloquer la présidentielle au Liban. Il a aussi renouvelé ses critiques à l’encontre du Hezbollah, lui reprochant une politique d’appauvrissement généralisé de la population, avant de s’arrêter sur le débat autour de la loi électorale. Tout en estimant que l’ouverture de ce débat à l’heure actuelle vise à altérer les priorités nationales, il a jugé nécessaire que le 14 Mars adopte une position unifiée à ce sujet.
Dans sa déclaration hebdomadaire à al-Anba’, organe du PSP, M. Joumblatt a estimé que la Syrie « maintient au Liban la paralysie des institutions et insiste pour prolonger la vacance à la présidence de la République tant qu’elle n’a rien obtenu en retour » d’un déblocage. « Si le blocage de la présidentielle persiste, le boycottage du sommet est le minimum acceptable au niveau libanais », a-t-il insisté, estimant que « le régime syrien sait parfaitement tirer profit des apparences au détriment du fond ». « Il essaiera comme d’habitude d’exploiter en sa faveur toute présence arabe importante, notamment libanaise, et d’orienter le problème vers une autre direction », a-t-il expliqué. Plus précisément, la Syrie va tenter, de l’avis du chef du PSP, de profiter de la présence arabe au sommet pour « briser l’isolement dans lequel elle est plongée depuis près de deux ans ».
« En bloquant toutes les initiatives visant à régler la crise libanaise, le régime syrien a confirmé son insistance à assujettir le Liban et à défier le monde arabe. La crise en question n’est pas, comme certains le prétendent, un problème en rapport avec un ministre par-ci et un autre par-là. Elle se rapporte au désir ardent du régime syrien de contrôler de nouveau le Liban à tout prix et de ne pas laisser le pays vivre en paix, tant que son objectif n’est pas atteint », a-t-il expliqué.
Après avoir mis en garde contre tout « renflouement politique de Damas », en rappelant les pratiques syriennes au Liban, en Palestine et en Irak, M. Joumblatt s’est arrêté sur le rôle de l’Iran dans la crise politique libanaise. « Qu’en est-il, s’est-il interrogé, des informations sur une volonté iranienne de maintenir le statu quo jusqu’aux législatives de 2009 ? Ils (Téhéran) se comportent comme si le Liban n’existait pas ou comme s’il était au service de leurs intérêts. Tantôt ils établissent un mini-Etat parallèle, tantôt ils menacent de lancer une guerre ouverte pour venger leurs martyrs. Dans le même temps, il suffit que le 14 Mars pointe un doigt accusateur contre le régime syrien impliqué dans les assassinats pour qu’une tempête verbale soit soulevée. »
Estimant qu’il est temps pour le Liban de bénéficier d’une stabilité, d’une liberté et d’une paix, M. Joumblatt a relevé que des milliers d’habitants de la partie méridionale du pays, « excédés par les guerres d’usure qui ne servent pas leur cause centrale, s’apprêtent à partir ». « Après la libération du pays, est-il logique de provoquer régulièrement l’occupation afin de rebâtir de zéro ? » s’est-il interrogé, en dénonçant « le despostisme des partis totalitaires » et leur volonté d’« imposer par la force l’Etat de leur choix aux Libanais ».
M. Joumblatt a stigmatisé le comportement et le discours du Hezbollah, s’interrogeant sur la relation entre le sit-in du centre-ville, avec tous ses effets dévastateurs au niveau social et économique local, et la cause de la Résistance. « Nous avons oublié, a-t-il commenté, que la politique d’appauvrissement généralisé est un des instruments menant à l’établissement de pays totalitaires où les citoyens ne songent qu’à leur gagne-pain sans rêver d’un Etat libre, ouvert et prospère. »
Il s’est arrêté ensuite sur le débat autour de la loi électorale. Après avoir considéré que l’ouverture de ce débat à l’heure actuelle vise principalement à altérer les priorités, M. Joumblatt a jugé « nécessaire que les forces du 14 Mars adoptent une position unifiée à ce sujet, étant donné son importance aux niveaux politique et national
Concernant l’opération-suicide contre une école juive à Jérusalem, la semaine dernière, le chef du PSP a enfin estimé que le Groupe du martyr Imad Moghniyé, qui a revendiqué l’attaque, aurait dû ouvrir le front du Golan pour libérer ce secteur, en riposte à l’assassinat de Moghniyé à Damas et éviter ainsi d’entraîner le Liban dans une nouvelle guerre d’usure.