L’Alliance tiendra vendredi son premier congrès, baptisé « Printemps de 2008 »
Le 14 Mars s’apprête à proclamer un programme politique « global »
Le 14 Mars s’apprête à proclamer un programme politique « global »
L’Alliance du 14 Mars tiendra, vendredi prochain, date anniversaire, son premier congrès en tant qu’entité politique, baptisé « Printemps de 2008 » et placé sous le slogan « Ensemble, nous réaliserons le rêve du Liban ». C’est ce qu’a annoncé hier le secrétariat général du 14 Mars lors d’une conférence de presse à l’hôtel Bristol. Le congrès, qui doit se dérouler au BIEL, adoptera un document politique exhaustif, traitant tant de politique étrangère et de stratégie défensive que d’une vision globale de l’édification de l’Etat, mais aussi de questions internes à l’Alliance et d’un plan d’action pour le futur.
Les responsables du 14 Mars qui ont annoncé la tenue du congrès ont tenu toutefois à préciser que celui-ci n’aura pas un caractère organisationnel, en ce sens qu’il ne signifie pas une fusion des partis et des personnalités qui constituent l’Alliance en une formation unique.
La conférence de presse a eu lieu en présence notamment des députés Elias Atallah, Ghazi Youssef, Hadi Hobeiche, Samir Frangié et Moustapha Allouche, en plus des membres du secrétariat général de l’Alliance, Farès Souhaid, Camille Ziadé, Eddy Abillamaa, Michel Mekattaf, Elias Abou Assi et Nader Hariri.
Interrogé sur l’absence d’un représentant du bloc de Walid Joumblatt, Samir Frangié a indiqué que le député Waël Bou Faour, censé participer à la conférence de presse, n’a pas pu venir car son épouse vient de mettre au monde une fille.
Le communiqué du 14 Mars
Au début de la conférence de presse, Ghazi Youssef a donné lecture d’un communiqué annonçant la tenue du congrès.
« Ce jour historique, le 14 mars, constitue une étape fondatrice dans la vie des Libanais. Le martyre de Rafic Hariri et de ses compagnons a ainsi déclenché un mouvement de colère populaire qui s’est aussitôt transformé en un soulèvement pour l’indépendance. Le 14 mars 2005, les Libanais sont parvenus à vaincre la culture de la mort et ont pris en main leur destin national. Ils ont exprimé de manière spontanée une volonté sincère et une forte aspiration à revenir à une vie en commun dans un cadre national aux contours clairs et dans lequel ils sont les seuls maîtres d’eux-mêmes et de leurs choix », souligne le communiqué.
« Le 14 mars, poursuit le texte, les Libanais ont ressenti la force de leur unité et expérimenté le principe sensible qui régit notre vie nationale, à savoir qu’il n’y a pas de souveraineté ni d’indépendance sans unité intérieure. »
Et d’ajouter : « Mais ce soulèvement n’a pas été le fruit d’un instant. Il devait son déclenchement à ceux qui avaient lutté durant des années, chacun de son côté et à sa manière, pour mettre fin à l’ère des interventions israéliennes au Liban. Il le devait aussi à tous ceux qui avaient œuvré patiemment, et dans les conditions les plus difficiles, pour en finir avec les conflits hérités de l’époque de la guerre, lever les barrières dressées entre les Libanais par la tutelle syrienne et jeter des ponts entre eux. Il est également redevable à tous ces jeunes et ces responsables qui firent preuve de courage pendant les années noires de la répression pour affirmer le droit des Libanais à vivre dans un pays libre, souverain et indépendant. Il est enfin et surtout redevable à Rafic Hariri, dont le martyre fut la première étincelle d’une colère libératrice. »
« Pour la première fois dans l’histoire de la région, les Libanais ont réussi à faire en sorte qu’un crime politique aille jusqu’à la justice. Pour la première fois dans l’histoire de la région aussi, les Libanais ont pu provoquer un grand changement politique par une volonté libre et sans violence. Pour la première fois, ils ont réussi à contraindre un régime despotique à reculer et à se retirer sans effusion de sang et sans intervention militaire étrangère », souligne-t-il.
Le communiqué poursuit : « Chers amis, afin de préserver ces acquis et pour parachever le processus d’indépendance et d’édification de l’Etat, les forces du 14 Mars ont décidé de revenir vers vous et de lancer leur premier congrès le 14 mars 2008 à 15 heures au BIEL, sous l’appellation « Printemps de 2008 ». Participeront à ce congrès les femmes et les hommes qui ont accompagné le mouvement du 14 Mars depuis sa naissance et qui se proposent, à cette occasion :
1 – d’affirmer l’esprit du 14 Mars et la raison de son existence par la volonté de préserver la souveraineté et l’indépendance ;
2 – de promouvoir la culture du 14 Mars, fondée sur l’ouverture à tous et le rejet de tout projet de domination et de vassalité ;
3 – d’assurer que le 14 Mars est capable de faire face aux crises et de conduire, par son unité et sa vision d’avenir, le pays vers son salut.
« Ce Congrès sera une étape nouvelle par laquelle les Libanais définiront les objectifs à atteindre dans le cadre de l’Etat issu de la Seconde indépendance », conclut le texte.
Participation des « indépendants »
Les membres du secrétariat général ont souligné qu’il s’agira du premier congrès du mouvement du 14 Mars et qu’y participeront « les forces politiques agissant sous la bannière du 14 Mars », mais aussi des « indépendants », des associations de jeunesse et des représentants de la société civile.
Selon eux, il s’agira de poser « une vision d’avenir et un cadre politique rassembleur inspiré de l’esprit du 14 Mars, celui de la démocratie et de la liberté ».
Les membres du secrétariat général ont souligné qu’il s’agira du premier congrès du mouvement du 14 Mars et qu’y participeront « les forces politiques agissant sous la bannière du 14 Mars », mais aussi des « indépendants », des associations de jeunesse et des représentants de la société civile.
Selon eux, il s’agira de poser « une vision d’avenir et un cadre politique rassembleur inspiré de l’esprit du 14 Mars, celui de la démocratie et de la liberté ».
Quant au slogan du congrès, « Ensemble… », il signifie, selon eux, « ensemble, chrétiens et musulmans », « ensemble, toutes les composantes du 14 Mars », « ensemble, démocrates et hommes libres », « ensemble, Arabes et Occidentaux » et enfin, « ensemble, toutes les forces favorables à la modération et à la paix ».
Le congrès verra « l’adoption d’un document politique proposant une vision de la politique étrangère et de la stratégie de défense, ainsi que des politiques allant dans le sens du projet d’édification de l’Etat, à côté de questions d’organisation interne et d’un plan d’action », a-t-on ajouté.
Enfin, concernant les mécanismes du congrès, il est appelé à se diviser, après la proclamation du document politique, en trois sous-congrès : un premier pour les jeunes et destiné à « rétablir la communication avec la base du 14 Mars », un second pour les émigrés, « réaffirmant la cohésion avec les Libanais de l’étranger unis sous la bannière indépendantiste », et un troisième destiné à lancer des ateliers politiques divers.
Pas d’initiatives immédiates
Farès Souhaid a indiqué pour sa part que le congrès se déroulera en deux temps : d’abord l’ouverture, l’allocution inaugurale, la proclamation du document politique et la retransmission d’un film documentaire sur l’histoire du mouvement du 14 Mars. Le deuxième temps sera celui des trois sous-congrès.
De son côté, M. Frangié a précisé que le congrès n’aura pas pour objectif de proposer des initiatives immédiates destinées à régler la crise actuelle. « Le but est d’affirmer nos constantes et de replacer la crise que nous vivons dans un contexte intérieur, arabe et international. C’est à partir de cette définition de notre action politique que des initiatives pourront être lancées dans toutes les directions, mais pour l’instant, il s’agit de déterminer la place qu’occupe le 14 Mars sur les plans intérieur, arabe et international », a-t-il expliqué.
Selon lui, le document qu’adoptera le congrès sera « à caractère politique et intellectuel et définira l’orientation générale des forces du 14 Mars. Il ne s’agira pas d’un texte circonstanciel lié aux débats actuels. C’est une tentative visant à fonder une vision globale pour la nation et à préciser la direction que prendra le pays ».
M. Frangié a également précisé, en réponse à une question, que l’objectif du congrès n’était pas à caractère organisationnel, mais politique. L’essentiel dans ce congrès est la participation. La force de l’Alliance du 14 Mars, selon lui, « réside dans sa variété et dans l’absence d’un parti dirigeant ayant des solutions prêtes à offrir aux gens ».
« Personne au sein du 14 Mars ne peut prétendre tenir en main la solution, mais la particularité de cette Alliance se trouve dans cette cohésion et cette interaction entre des composantes diverses », a-t-il dit.
Interrogé sur les similarités que pourrait avoir ce texte avec le document d’entente signé par le CPL et le Hezbollah en 2006, M. Souhaid a dit : « Nous considérons, au sein du 14 Mars, que c’est l’accord de Taëf qui constitue le cadre organisant les relations interlibanaises, et non pas les documents issus d’ici ou de là, quelle que soit l’importance de ces textes pour la communication entre les Libanais ».
Enfin, M. Souhaid a indiqué que le congrès ne s’attardera pas sur les sujets de préoccupation de l’heure, à savoir la présidentielle et la loi électorale. « Nous considérons que le désaccord aujourd’hui au Liban ne porte pas sur la gestion de l’Etat, mais plutôt sur sa nature et c’est ce que s’efforcera de montrer le congrès du 14 Mars », a-t-il dit.