Dissonances au sein de l’opposition comme dans les rangs de la majorité

Dissonances au sein de l’opposition comme dans les rangs de la majorité
Le Conseil des ministres devra bientôt trancher la question de la participation au sommet de Damas


Les réactions des deux camps à l’invitation syrienne au sommet arabe de Damas ne se sont pas fait attendre hier. Du côté de la majorité, les critiques et les réserves quant à la participation du Liban ont fusé, et une réunion du Conseil des ministres devrait trancher la question de la participation du Liban. L’opposition a partiellement prôné la participation du Liban au sommet arabe le 29 mars, tout en rappelant que le gouvernement dans sa forme actuelle n’est ni légitime ni représentatif.


Le ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé, a discuté des « remarques et critiques concernant la manière dont le Liban a été invité à prendre part au sommet » avec le chargé d’affaires de l’ambassade de France, André Parant, la chargée d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis, Michele Sisson, et le responsable du bureau du secrétaire général de l’ONU au Liban, Jack Christophidès. Réaffirmant l’attachement du gouvernement à l’initiative arabe, M. Hamadé a souligné que la candidature de consensus de Michel Sleimane demeurait à l’ordre du jour, et que, « dès la semaine prochaine, après le sommet plus précisément, nous allons œuvrer pour réaffirmer ce choix et élire le président ou bien nous donnerons un coup de fouet au gouvernement en place ». Sur le point de savoir si le timing de l’invitation syrienne induisait qu’il n’y aurait pas d’élection présidentielle avant le sommet, M. Hamadé a indiqué que « bien au contraire, nous insistons à élire un président pour qu’il puisse pleinement représenter le Liban, un pays fondateur de la Ligue arabe ».

 

Rappelant le rôle central joué par le Liban au sein de la Ligue, il a souligné qu’il n’appartenait pas « au président syrien (Bachar el-Assad) de se comporter de la sorte à l’égard du Liban et de sa souveraineté, comme il l’a fait jusqu’à présent ». M. Hamadé a fait savoir que le gouvernement allait se réunir pour décider de la participation ou non du Liban au sommet de Damas.

 

L’insulte faite par la Syrie


Le député de la Rencontre démocratique Akram Chehayeb a pour sa part stigmatisé la manière dont la Syrie a fait parvenir l’invitation au Liban, mettant en relief « l’insulte faite par la Syrie », une insulte qui, selon lui, a été facilitée par l’opposition. « L’ironie du destin a voulu que MM. Arnouss et Salloukh se réunissent hier pour s’en prendre à la dignité nationale (…) L’opposition ne couvre pas seulement les actions du régime syrien, mais hier, elle a également apporté sa couverture à l’insulte syrienne faite à la dignité nationale, à un pays qui dispose de frontières, d’une capitale, d’ambassades et de ministère des Affaires étrangères (AE) ainsi que d’un gouvernement légitime », a insisté M. Chehayeb, avant d’ajouter que cette insulte, ce n’est pas seulement la Syrie qui devrait en être responsable mais également l’opposition. Toujours dans ce cadre, le ministre de la Réforme administrative, Jean Oghassabian, a estimé qu’il n’était « pas permis que le Liban assiste au sommet arabe si un président de la République n’est pas élu d’ici là » et qu’il aurait voulu que « l’invitation soit adressée au Liban conformément à la procédure habituelle appliquée par la Ligue arabe ». L’ancien député Ghattas Khoury a quant à lui qualifié l’invitation syrienne d’ « inadéquate », alors que le Parti national libéral (PNL) a appelé au boycott du sommet « si la Syrie continue d’empêcher l’élection d’un président de la République au Liban, abstraction faite de la manière dont l’invitation a été faite ». Le mufti du Mont-Liban, Mohammad Ali Jouzou, s’est en outre demandé comment il était possible d’expliquer « l’attitude hostile de l’opposition à l’égard du pays et du peuple libanais ». Le conseil exécutif du Conseil supérieur de la communauté grecque-orthodoxe a indiqué, pour sa part, dans un communiqué qu’il convient de « séparer les échéances locales des autres échéances régionales » car les élections libanaises sont « une affaire interne au Liban, qui ne doit en aucun cas être liée à une échéance extérieure ».

 

Les interrogations du CPL


Du côté de l’opposition, le Courant patriotique libre (CPL) s’est demandé par la voix du député Ibrahim Kanaan « qu’est-ce que le Liban irait faire au sommet arabe », en l’absence d’une vision politique commune et unifiée que le Liban pourrait présenter au sommet de Damas. « Qui va représenter » le pays et « que représentera-t-il ? » s’est ainsi interrogé M. Kanaan. D’autre part, le cadre CPL Sélim Aoun a indiqué que le Premier ministre Fouad Siniora « ne pouvait pas représenter le Liban au sommet arabe, et ce même si l’invitation lui a été adressée, car son gouvernement n’est pas légitime ». Un avis partagé par le responsable hezbollahi Nawwaf Moussaoui qui a relevé que « l’absence de forces principales au sein du pouvoir diminue l’indépendance du Liban ».

 

 Le député CPL Assem Araji a de son côté condamné « l’ingérence syrienne dans la rédaction de la clause de soutien au Liban durant le sommet de la conférence islamique à Dakar ». Le député Ghassan Moukheiber a toutefois appelé le président de la Chambre Nabih Berry à ouvrir « les portes du Parlement ». Il a également souhaité qu’une solution rapide soit trouvée. Le mouvement Amal a estimé que « la participation du Liban au sommet est dans son intérêt, sinon il sera en train de se mettre en danger politiquement ». Le chef du parti du Dialogue, Fouad Makhzoumi, a souhaité que l’initiative arabe puisse trouver application « dans ses trois clauses avant le sommet de Damas ». Le prédicateur Fathi Yakan a quant à lui considéré que « Washington et le 14 Mars sont en train d’inciter les parties à boycotter le sommet de Damas ».

المصدر:
l"orient le jour

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