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La Rencontre démocratique votera contre la participation du Liban au sommet arabe de Damas

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Cérémonie du souvenir à Moukhtara pour la commémoration de l’assassinat de Kamal Joumblatt
La Rencontre démocratique votera contre la participation du Liban au sommet arabe de Damas


Alors que le Liban n’a pas encore répondu officiellement à l’invitation de Damas de prendre part au sommet arabe dans la capitale syrienne le 29 mars, le député et chef du bloc de la Rencontre démocratique, Walid Joumblatt, a donné le ton hier en affirmant que les ministres qui le représentent « vont voter contre une participation du Liban au sommet ». Ces propos sont intervenus lors d’une interview à la chaîne Future News TV diffusée hier à l’occasion de la commémoration de l’assassinat du père de Walid Joumblatt, Kamal Joumblatt.


« Nous n’irons pas à Damas ni n’accepterons les ordres du régime syrien », a dit le leader druze, qui s’en est pris au pouvoir syrien qu’il a accusé d’être derrière les assassinats des dirigeants politiques de la majorité parlementaire et derrière les « guerres par anticipation ». Commentant la position du chef de la Rencontre démocratique concernant la participation du Liban au sommet arabe, le ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé, a indiqué que M. Joumblatt avait « tranché la question du sommet au nom du Parti » socialiste progressiste (PSP) dont il est le chef, mais aussi « au nom du 14 Mars, j’ose presque le dire », a ajouté M. Hamadé. Il a aussi fait valoir que « la plupart des ministres estiment que la présence du Liban autour d’une table présidée par Bachar el-Assad est une trahison » en soi. « Le Liban ne veut pas prendre part à un sommet présidé par Bachar el-Assad », a martelé M. Hamadé. Pour Waël Abou Faour, « toute participation au sommet serait une manière de pardonner toutes ses exactions au régime syrien ».

Cérémonie du souvenir pour Kamal Joumblatt


Au cours de la cérémonie organisée à Moukhtara en souvenir de l’assassinat de Kamal Joumblatt, plusieurs députés se sont également exprimés sur la participation du Liban au sommet arabe. A cet égard, Ammar Houry a souhaité que « le Conseil des ministres décide que le Liban ne prendra pas part au sommet arabe ». Rendant hommage à Kamal Joumblatt, Elias Atallah a relevé que le père de Walid Joumblatt était « le premier martyr à tomber dans cette longue bataille contre le régime syrien ». Mohammad Hajjar a souligné, de son côté, que cette lutte « allait se poursuivre jusqu’à la construction d’un Etat qui soit capable de refuser la tutelle ».


Une marche a été organisée à Moukhtara en mémoire de Kamal Joumblatt, assassiné par balles le 16 mars 1977, et à laquelle ont participé Walid Joumblatt et sa fille Dalia, et les ministres Nehmé Tohmé, Marwan Hamadé, Ghazi Aridi ainsi que les députés Ammar Houry, Riad Rahal, Jamal Jarrah, Elias Atallah, Fouad el-Saad, Antoine Andraos, Mohammad Hajjar, Abdallah Farhat, Henri Hélou, Akram Chehayeb, Alaeddine Terro, Antoine Saad, Ayman Choucair et Waël Abou Faour. Un grand groupe de notables et de responsables politiques ont également assisté à la cérémonie. Etait également présente la chargée d’affaires des Etats-Unis au Liban, Michelle Sisson. L’ambassadeur d’Arabie saoudite, Abdelaziz Khoja, a contacté Walid Joumblatt par téléphone pour l’occasion. Une délégation de l’opposition syrienne s’est également rendue à Moukhtara pour marquer l’événement.

 

Chamoun : Le boycott est le meilleur message
Le ministre d’Etat aux Affaires du Parlement, Michel Pharaon, a indiqué que « la décision concernant la participation ou non du Liban au sommet arabe risque d’avoir quelques jours de retard ». « C’est une décision souveraine, en dépit des concertations qui ont lieu avec les pays frères et amis », a aussi tenu à préciser M. Pharaon dans un entretien au quotidien saoudien Okaz. Le chef du Parti national libéral (PNL) Dory Chamoun a fait valoir que l’invitation syrienne adressée au Liban à l’occasion du sommet arabe est « rejetée quant à la forme et quant au fond, de la manière dont elle a été donnée (…) en passant par la volonté de Damas de vouloir habituer la région au vide institutionnel qui règne au Liban, jusqu’à la volonté syrienne affichée d’instaurer une nouvelle équation au Liban ». Sur la lettre que devrait adresser le Liban au sommet arabe, M. Chamoun a estimé que « le boycott sera le meilleur message » à la Ligue. Dans le même contexte, le député Samir el-Jisr a indiqué après avoir rencontré l’ambassadeur du Koweït au Liban, Abdel Aal Sleiman Osman el-Kanaï, que la décision de participer au sommet arabe devait être prise par « le gouvernement », ajoutant qu’il convenait de ne pas « anticiper les choses ». En revanche, pour le député Mohammad Abdelhamid Beydoun, la participation du Liban au sommet est une participation « au niveau de l’Etat, elle n’est pas la participation d’un camp ou d’un autre ». Pour lui, le meilleur moyen de « répondre au complot tendant à vider la magistrature suprême est de s’imposer » régionalement et internationalement, en participant aux divers sommets « et plus précisément le sommet arabe ».

 

Le document du 14 Mars


Sur un autre plan, le chef du Bloc national (BN), Carlos Eddé, a relevé que « ce qui rassemble le 14 Mars est beaucoup plus important que les spécificités d’un parti ou courant » politique. Il a aussi affirmé que « l’élection d’un président à la majorité plus un ne conduira pas le pays à une situation plus grave que celle qu’il traverse actuellement ». Le député Samir Frangié a, quant à lui, souligné que « le document du 14 Mars est une tentative de normaliser les relations entre le monde arabe et le reste du monde dans une perspective arabe et humaniste qui se renouvelle ». M. Frangié a ajouté que le point le plus important de ce congrès du 14 Mars était d’avoir fait appel aux « intellectuels et aux jeunes pour qu’ils participent à la mise en place d’une vision capable de battre en brèche la crise actuelle ». Pour le député Farès Souhaid, la déclaration du 14 Mars constitue un « message politique et une perspective d’avenir », et, selon lui, les « chrétiens n’accepteront pas que leur culture se transforme en une culture de la mort et du martyre ». Le député Boutros Harb a, quant à lui, indiqué que « la traduction concrète du document du 14 Mars sert de base pour une rencontre avec l’autre camp », avant de mettre en relief que les revendications de l’opposition « tournent en apparence autour de la participation », mais tendent en fait à obtenir « un droit de veto » sur les décisions du gouvernement.

المصدر:
l"orient le jour

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