Les spéculations vont bon train sur la participation du Liban au sommet de Damas

Le Conseil des ministres devrait discuter aujourd’hui de la question sans adopter de position tranchée
Les spéculations vont bon train sur la participation du Liban au sommet de Damas


«Il n’y aura pas d’élection présidentielle au Liban avant des mois. La vacance de la magistrature suprême pourrait toutefois prendre fin à la mi-septembre, si et seulement si les différents protagonistes parvenaient à un accord », affirment des sources diplomatiques basées à Beyrouth. Pour elles, les appels systématiquement adressés par des parties arabes et occidentales aux forces locales, les encourageant à élire un chef de l’Etat dans les plus brefs délais, ne sont que « des souhaits qui ont peu de chance d’être réalisés ». De plus, selon ces sources, la profusion des appels adressés à Damas pour faciliter la tenue du scrutin n’est pas pour faciliter – bien au contraire – l’avènement du commandant en chef de l’armée à Baabda.


Les sources précitées estiment également que les chances de voir le scrutin présidentiel enfin tenu décroîtront considérablement après le sommet de Damas, surtout si l’Egypte et l’Arabie saoudite joignent l’acte à la parole en dépêchant des délégations de faible niveau à la réunion. Si les principaux chefs d’Etat arabes ne sont pas au rendez-vous, leur absence privera le sommet de l’aura escomptée par le régime syrien qui voudrait mettre à l’ordre du jour de la réunion des questions cruciales, comme la situation en Irak ou la politique arabe à l’égard du processus de paix.


Les sources diplomatiques se sont en outre dit « étonnées » par les informations selon lesquelles le Premier ministre Fouad Siniora attendrait les résultats des concertations en cours avant de prendre position à l’égard de la participation du Liban au sommet. Il semble en effet que le président du Conseil ne veuille pas adopter, dès à présent, une décision tranchée en faveur du boycottage de la réunion.


De plus, Fouad Siniora doit tenir compte des opinions des différentes composantes de la majorité, dont certaines refusent catégoriquement que le Liban prenne part au sommet, comme le prônent Samir Geagea et Walid Joumblatt, alors que d’autres, et notamment l’ancien président Amine Gemayel, penchent plutôt pour la participation. Le souci du chef des Kataëb étant que le point de vue du gouvernement soit explicité lors de la réunion dans la capitale syrienne, ne serait-ce que par le secrétaire général intérimaire du ministère des AE, l’ambassadeur Bassam Nehmani, ou par l’ambassadeur auprès de la Ligue, Khaled Ziadé.


Le Premier ministre se doit en outre d’exprimer sa solidarité avec l’Arabie saoudite et l’Egypte dont les chefs d’Etat devraient boycotter le sommet, face au refus de la Syrie de faciliter l’élection d’un président. Selon certaines informations, Fouad Siniora pourrait adopter une position similaire à celles du Caire et de Ryad, en s’abstenant de se rendre à Damas, tout en y envoyant une délégation du même niveau que les représentants égyptiens et saoudiens.


Alors que Amr Moussa a affirmé hier que « la participation du Liban est indiscutable », le Conseil des ministres devrait se réunir aujourd’hui, sinon dans les prochains jours, pour évoquer cette question aux côtés de quelque 240 autres points qui sont à son ordre du jour. Les discussions pourraient être houleuses, eu égard à la diversité d’approches qui règnent au sein de la majorité. Et aucune décision finale ne devrait être annoncée à l’issue de la réunion du cabinet.


Les sources précitées ont considéré à cet égard que le faible niveau de représentation qui est envisageable aujourd’hui ne satisferait pas le président syrien Bachar el-Assad. Et le délégué libanais se retrouverait démuni, en l’absence des chefs d’Etat qui soutiennent la cause du Liban. D’autant que le régime syrien accusera, le cas échéant, le Premier ministre Siniora d’être responsable de la détérioration des relations syro-libanaises.
De plus, l’envoi d’un ambassadeur à Damas ne satisferait personne, et notamment le chef du PSP – qui a qualifié la participation de « trahison » – ainsi que plusieurs pôles de l’opposition, à l’exception du chef du CPL, qui seront importunés par cette mesure même s’ils ne le déclarent pas.


Les sources diplomatiques ont enfin mis en garde contre le fait que la temporisation du Premier ministre risque de détourner l’attention de la question fondamentale de la tenue du scrutin présidentiel, pour placer la polémique autour de la participation ou du boycottage au premier plan du débat politique.

المصدر:
l"orient le jour

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