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Feltman : Les tactiques peuvent changer avec le changement

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L’ancien ambassadeur US évoque la crise libanaise au Saban Center
Feltman : Les tactiques peuvent changer avec le changement de l’Administration, mais l’appui au Liban est bipartisan

 

La crise libanaise est actuellement l’un des centres d’intérêt des « Think Tank » américains. Hier, c’était au tour du Saban Center (Brookings Institution) de tenir un débat à ce sujet auquel devaient prendre part le ministre des Télécommunications, M. Marwan Hamadé, et l’ancien ambassadeur des Etats-Unis au Liban, M. Jeffrey Feltman. Le premier ayant été retenu à Beyrouth, M. Feltman (qui occupe à présent le poste de sous-secrétaire d’Etat adjoint pour les Affaires du Proche-Orient) a pris la parole et a répondu aux questions d’un groupe d’experts du Moyen-Orient. Etait présent à cette rencontre l’ambassadeur du Liban à Washington, M. Antoine Chédid.


M. Martin Indyk, directeur du Saban Center (et aussi ancien ambassadeur US en Israël et ancien sous-secrétaire d’Etat), s’est exprimé en premier pour présenter Jeffrey Feltman avec lequel il avait étroitement collaboré. A son tour, celui-ci a tenu à souligner, à l’occasion du troisième anniversaire de la révolution du Cèdre, « que la communauté internationale n’a fait que soutenir des décisions prises par les Libanais eux-mêmes ». « Et c’est là l’aspect positif de ce mouvement, a-t-il déclaré. Le développement négatif est lié aux actions menées par les alliés de la Syrie et de l’Iran qui venaient entraver le consensus de la majorité des Libanais et des acteurs régionaux et internationaux. »


Il a révélé que le 13 mars 2005, il s’était réuni avec Terjé Roed-Larsen (qui venait d’avoir une réunion « difficile » avec le président Bachar el-Assad, concernant l’assassinat de Rafic Hariri) et tous deux cherchaient le moyen de convaincre la Syrie de se retirer de la Békaa avant les élections législatives. Aucun d’entre eux ne savait que, le lendemain, « un tiers de la population allait descendre dans la rue et réclamer ce départ ».

 

Un aouniste et un haririen d’accord sur les principes fondamentaux


Concernant la situation actuelle, il a dit : « Il ne fait pas de doute qu’il existe une nette division entre la majorité et l’opposition. Mais une grande proportion de la population partage les mêmes inquiétudes concernant la crise économique, l’impasse politique et la montée des confrontations. A l’exception du Hezbollah, je crois que les Libanais ont les mêmes désirs et les mêmes espoirs. Je crois qu’un partisan de Michel Aoun et un partisan de Saad Hariri, qui viennent de différents backgrounds, ne peuvent qu’être d’accord sur des principes fondamentaux : un Etat fort, l’arrêt des assassinats politiques, l’application de la loi et des relations avec la Syrie basées sur une reconnaissance mutuelle. »


Selon lui, le Hezbollah ne fait pas partie de ce consensus, de par sa volonté de maintenir son appareil militaire, son Etat dans l’Etat et son monopole de la décision de guerre ou de paix. Il a fait remarquer que par le biais de son document d’entente, le général Michel Aoun pense que le Hezb a intérêt à s’incorporer à l’Etat. « Or, a-t-il rétorqué, les partisans de Aoun ne verraient probablement pas d’un bon œil de vivre dans un Etat contrôlé par l’équivalent de mollahs iraniens. C’est peut-être avec eux que le 14 Mars devrait établir un pont dans le but de consolider l’Etat. »


Depuis qu’il occupe ce nouveau poste au département d’Etat, Jeffrey Feltman ne cesse d’envoyer ce message, rassurant les Libanais qu’ils ne feront l’objet d’aucun marchandage politique dans la région. Hier encore, il affirmait : « Durant les années précédentes, nous avons œuvré pour mettre sur pied une coalition régionale et internationale destinée à soutenir le Liban. L’Administration Bush a, pour la première fois dans l’histoire, établi une politique indépendante pour le Liban, sans pour autant ignorer sa place dans le contexte régional. Mais le Liban ne figure plus pour nous dans le cadre de nos relations avec Israël ou notre désaccord avec la Syrie et l’Iran. Nous regardons le Liban comme le Liban. Les tactiques peuvent changer avec le changement de l’Administration. Mais je crois que notre appui au Liban est devenu l’une des pierres angulaires bipartisanes de notre politique étrangère, identique au soutien accordé à d’autres pays. »

المصدر:
l"orient le jour

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