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Alors que le boycott libanais du sommet arabe se précise, le 17e report de l’élection présidentielle vient proroger le vide

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Alors que le boycott libanais du sommet arabe se précise, le 17e report de l’élection présidentielle vient proroger le vide


Il faut savoir prendre son temps. Fort de cette conviction, Nabih Berry a donc remis la séance électorale présidentielle au 22… avril. De la sorte, les Libanais seront soulagés durant un bon mois de l’insoutenable suspense que leur réserve, à chaque rendez-vous fixé à l’avance, cette séance parlementaire.


Place donc au suspense de série B que seul peut offrir un sommet de la Ligue arabe. Dans moins de cinq jours, les dirigeants de la région se retrouveront dans la capitale syrienne pour une réunion « palestinienne par excellence », comme l’a si bien rappelé un responsable syrien qui a pris part hier à une réunion préparatoire tendant à déterminer l’ordre du jour.


Lors de cette réunion, le siège du Liban est resté désespérément vide. Toujours à propos du sommet arabe, l’émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, a annoncé qu’il prendrait part personnellement à la réunion panarabe pendant que, du côté de l’Arabie saoudite, un responsable ayant requis l’anonymat a indiqué que c’est le délégué permanent de l’Arabie saoudite auprès de la Ligue arabe, Ahmad Qattan, qui présidera la délégation saoudienne. « Le bas niveau auquel le royaume sera représenté au sommet arabe (…) témoigne de la détérioration actuelle dans les relations entre Ryad et Damas », a déclaré un responsable saoudien. Cette décision reflète « la consternation de l’Arabie saoudite quant au fait que la Syrie n’a pas adhéré aux efforts arabes pour résoudre la crise libanaise sur la base de l’initiative de la Ligue », a-t-il ajouté.


Bien que le ministre des Affaires étrangères (AE), le prince Saoud el-Fayçal, ait souhaité, lors d’une récente visite à Alger, que la situation au Liban soit examinée lors du sommet, des contacts menés ces derniers jours par l’Egypte avec Damas ont conclu que la Syrie n’a pas changé de position sur la question libanaise, a poursuivi le diplomate.


« Cela a amené Ryad à la conclusion que la Syrie restait sur son intransigeance » malgré les missions de bons offices de certains pays auprès de Damas, a-t-il expliqué.


Côté égyptien, il semble désormais acquis que le niveau de participation sera à la baisse, des sources diplomatiques ayant indiqué à notre correspondant au palais Bustros Khalil Fleyhane que l’Egypte prendra part au sommet, au mieux, par le biais de son ministre des AE, Ahmad Aboul Gheit.


Il reste donc à savoir si le Liban décidera d’y prendre part ou non. Pour les sources diplomatiques précitées, il semble que la tendance penche, chaque jour un peu plus, vers un boycott total, surtout après que le délégué permanent du Liban auprès de la Ligue arabe, Khaled Ziadé, eut demandé de se porter absent lors de la première réunion préparatoire du sommet. M. Ziadé a de plus veillé à ce que le Liban ne figure pas à l’ordre du jour du sommet, a rapporté Khalil Fleyhane, et ce afin de permettre au secrétaire général de la Ligue, Amr Moussa, de rédiger un rapport sur l’initiative arabe pour le Liban qui devra être transmis aux ministres arabes des AE. Ce document se devra ainsi de démontrer l’absence de résultats de cette initiative. De plus, une source ministérielle a fait savoir que « l’absence du Liban et la participation à un niveau très réduit de l’Arabie saoudite et de l’Egypte au sommet arabe, en raison de l’obstruction syrienne concernant l’échéance présidentielle libanaise, auront un écho beaucoup plus important que n’importe quelle présence officielle libanaise ».


Si l’absence libanaise au sommet aura, certes, un impact important, il n’est toutefois pas garanti que ledit impact sera forcément positif. Si cela aurait pu être le cas, Nabih Berry ne se serait probablement pas empressé de remettre au 22 avril la séance électorale censée élire – un jour, il est permis de l’espérer – l’actuel commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane.


Cette plage d’un mois est bien trop longue et cette période de vide ne saurait rassurer les observateurs. En effet, les récents accrochages entre le clan des Zeaïter et des militants du Hezbollah à Hadath, les accrochages entre factions palestiniennes rivales à Aïn el-Héloué et les escarmouches qui se sont déroulées hier soir à Ras el-Nabeh, après qu’un partisan du Courant du futur eut poignardé un sympathisant d’Amal, rue Omar ibn el-Khattab, ne laissent guère présager un après-sommet calme, surtout à l’aune du vide institutionnel qui prévaut actuellement. D’ailleurs, Nabih Berry ne met-il pas en garde depuis une semaine déjà contre cet après-sommet arabe et contre un éventuel risque de dégradation sécuritaire ?

المصدر:
l"orient le jour

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