Bkerké – Messe traditionnelle à l’intention de la France
« Les voisins doivent faire preuve de plus de modération et de sagesse », souligne Sfeir
« Les voisins doivent faire preuve de plus de modération et de sagesse », souligne Sfeir
Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a célébré hier la traditionnelle messe à l’intention de la France, au siège du patriarcat à Bkerké, en présence du chargé d’affaires français André Parant ainsi que des responsables de l’ambassade. Dans son homélie en ce lundi de Pâques, le patriarche a remercié le chargé d’affaires et ses collaborateurs d’être « aussi bien attachés aux traditions que nous autres ». Il s’est attardé sur la signification de Pâques, qui est « la fête des fêtes », et sur la résurrection du Christ sur laquelle « repose la chrétienté ». « Je prie le Seigneur de donner à nos deux pays une véritable paix, faite de justice, de liberté et de charité », a-t-il conclu.
A l’issue de la messe, le patriarche a reçu les responsables de l’ambassade au salon du patriarcat, où il a prononcé un discours, insistant sur les efforts français en vue de résoudre les problèmes libanais. « Notre mal paraît-il si rebelle aux remèdes ? a-t-il dit. Je ne le pense pas. Il faut cependant que tous ceux qui, parmi les voisins, s’y intéressent le fassent avec plus de modération et de sagesse. »
« Dans les circonstances actuelles difficiles que traverse notre pays, tout le monde sait que la France a fait son possible pour aider à trouver une solution adéquate à nos problèmes, qui tendrait, à la fois, à préserver la dignité du Liban et à débloquer une situation dans laquelle il se trouve empêtré, a précisé le patriarche. (La France) a organisé, il n’y a pas longtemps, une conférence ayant pour objectif d’examiner la situation financière de notre pays et de lui trouver une solution acceptable. Elle a multiplié les démarches dans ce sens et dépêché plus d’un haut émissaire. »
Mgr Sfeir a évoqué la « lamentable situation » du pays et de ses institutions, soulignant toutefois qu’elle ne pourrait durer. « Nous souhaitons pour la France, sous l’égide de ses responsables, d’être ce qu’elle a toujours été à travers sa longue histoire : la championne de la liberté, de la démocratie et de la justice », a-t-il conclu.
Pour sa part, M. Parant a évoqué « les liens étroits entre le Liban et la France », affirmant que la France restait aux côtés du Liban pour qu’il sorte de sa crise. Il a insisté sur la nécessité d’élire un nouveau président de la République afin que les institutions recommencent à jouer leur rôle convenablement. Il a rendu hommage à la « sagesse » et au rôle joué par le patriarche maronite, affirmant que la France ne voit le Liban « que comme un pays souverain, libre et indépendant ». Le chargé d’affaires français a également mis l’accent sur le rôle joué par le contingent français au sein de la Finul.
De nombreux visiteurs
Le patriarche Sfeir a par ailleurs reçu hier un grand nombre de visiteurs venus lui présenter leurs vœux à l’occasion de la fête de Pâques. Parmi eux, les députés Robert Ghanem, Boutros Harb, Walid Khoury, ainsi que les anciens députés Nazem Khoury et Farès Souhaid et d’autres personnalités.
Il a également reçu une délégation du parti Kataëb sous la présidence du premier vice-président du parti, Chaker Aoun. Ce dernier a mis l’accent, dans un mot prononcé sur place, sur les craintes liées au vide présidentiel. En réponse, Mgr Sfeir a estimé qu’il faudrait « serrer les rangs et travailler pour l’intérêt du pays, au lieu d’œuvrer pour l’intérêt de chacun d’entre nous ».
Le patriarche maronite a également eu un entretien avec l’ancien ministre Joseph Hachem, qui est venu lui présenter un complément à son projet de loi électorale, laquelle détaille les circonscriptions telles qu’il les conçoit en prévision des élections de 2009. Mgr Sfeir a enfin reçu une délégation des Forces libanaises, branche du Kesrouan-Ftouh, présidée par Ziad Maalouf.
Le prélat a par ailleurs reçu des vœux de Pâques au téléphone de Mme Nazek Rafic Hariri, du député Saad Hariri, chef du Bloc du futur, et du patriarche grec-orthodoxe Ignatios IV Hazim.