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Le sommet arabe échoue, la crise libanaise perdure

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« Le Liban est le point de départ de l’amélioration des relations interarabes », martèle Moubarak
Le sommet arabe échoue, la crise libanaise perdure


Dalida n’avait probablement jamais dû penser que sa phrase culte siérait à merveille pour décrire une situation bien trop prosaïque pour avoir trait au domaine de Cupidon, à savoir un sommet arabe. Un sommet, qui après avoir nourri tous genres de spéculations, de longues semaines durant, a fini par n’accoucher que d’un paquet de paroles, de paroles et encore de paroles.


Le blocage politique libanais semble avoir déteint sur une scène arabe qui se trouve déjà dans l’impasse depuis l’échec lamentable du front de la moumanaa et de l’idéologie nationaliste socialisante, en 1967. Et le sommet arabe que Bachar el-Assad peut désormais se targuer d’avoir accueilli n’aura réussi qu’à cloner la crise libanaise à l’échelle arabe et à transposer la paralysie locale sur la scène régionale.


Le coma dans lequel se trouve actuellement la chose publique libanaise semble avoir donc porté un sérieux coup à la politique commune du monde arabe qui, d’ailleurs, a sombré dans l’apathie depuis plus de trois décennies. En effet, le sommet n’a non seulement débouché sur aucun élément conséquent mais a également réussi à approfondir le fossé qui sépare les deux camps arabes, respectivement menés par l’Arabie saoudite et par la Syrie. Le royaume wahhabite a boudé le sommet et Ryad et Damas ont échangé des tirs verbaux à distance, des flèches enflammées qui ont survolé Bagdad, Bassora, Gaza, Ramallah et Beyrouth avant de toucher leurs cibles.


Ironiquement, tout en étant le plus faible, le plus martyrisé des pays arabes – Palestine mise à part –, le Liban est le seul membre de la Ligue à être sorti indemne du banquet des Assad, en « ratant » – selon les termes de Walid Moallem – l’« occasion » qui lui était « offerte ». Le Premier ministre Fouad Siniora et la majorité parlementaire l’ont très bien compris : le succès d’un sommet est conditionné par les résultats des préparatifs, à la nature du contexte qui l’entoure, les évènements qui le précèdent. Les chefs d’Etat ne font généralement que ratifier, lors de leur rencontre, les accords qu’ils avaient a priori conclus, par émissaires interposés.


Or l’avant-sommet n’était guère propice aux accords, pour les raisons que l’on sait. En conséquence, aucune percée sur le front libanais n’était escomptée de la réunion. Et Beyrouth a su éviter le traquenard « en or » que le régime syrien lui avait tendu. Car si le gouvernement avait pris part à la rencontre, non seulement il n’en aurait tiré aucun profit, mais il se serait décrédibilisé en tombant dans le piège de l’incohérence, vu qu’il est issu d’une majorité elle-même conséquence de l’intifada de l’Indépendance. L’on ne peut accuser le régime syrien d’avoir assassiné plusieurs personnalités notoires du pays, pour prendre siège dans une salle présidée par Bachar el-Assad ensuite.


Dans ce contexte, qu’en est-il de l’après-sommet ?


Pour plusieurs observateurs, comme le sommet est mort-né, sa tenue ne devrait avoir aucune répercussion sur la scène locale et régionale. Au niveau arabe, les divergences actuelles perdureront. Et seul le dénouement de la crise libanaise pourrait améliorer les relations interarabes, comme l’a affirmé Hosni Moubarak devant son homologue algérien, qui a fait escale au Caire, en rentrant de Damas. Les deux chefs d’Etat se seraient penchés sur une proposition consistant à organiser un mini-sommet arabe auquel pourrait assister l’Egypte, l’Arabie saoudite, la Syrie, le Qatar et la Jordanie, et qui se tiendrait à Alger, pour étudier le dossier libanais, selon des sources diplomatiques citées par notre correspondant au palais Bustros, Khalil Fleyhane. L’Egypte serait « en principe » favorable à la tenue de cette réunion à laquelle Amr Moussa conditionne son retour à Beyrouth, ajoutent les sources précitées.


En attendant les suites de cette formule, le statu quo actuel devrait encore perdurer sur la scène locale, à moins d’un dérapage sécuritaire impromptu contre lequel le quotidien saoudien al-Watan a mis en garde hier. De source ministérielle, on indique que la majorité espère toujours que l’opposition se décide à faciliter enfin l’élection du commandant en chef de la troupe à la magistrature suprême.


Du côté de l’opposition, et contrairement à certaines informations médiatiques, le président de la Chambre estime qu’il est encore « très tôt » pour mettre son « initiative » à exécution, selon les milieux de Aïn el-Tiné. De source informée, on indique par ailleurs que l’opposition aurait entamé des contacts pour établir une charte commune, suivant l’exemple de la majorité et de la charte du « Printemps 2008 ». Et si l’opposition se mettait à imiter la majorité en tout ?

المصدر:
l"orient le jour

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