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L’initiative arabe est morte, seul un accord régional peut la réanimer

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L’initiative arabe est morte, seul un accord régional peut la réanimer
Khalil FLEYHANE


Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, attend le retour à Beyrouth du président de la Chambre, Nabih Berry, pour le tenir au courant de ce qui s’est produit au sommet de Damas, et discuter avec lui des initiatives à entreprendre pour revenir à Beyrouth et trouver un moyen d’application de l’initiative arabe. L’on affirme ainsi que Amr Moussa irait vers une réduction de ses réunions avec le minicomité de trois (Amine Gemayel, Saad Hariri et Michel Aoun), avec lequel il a pris l’habitude de se réunir à la Chambre des députés, ainsi qu’avec MM. Nabih Berry et Fouad Siniora.


Selon des sources diplomatiques bien informées, le mystère qui a précédé le sommet arabe autour de l’initiative arabe s’est épaissi, en raison des clivages profonds qui ont conduit les chefs d’Etat saoudien, égyptien et jordanien à boycotter la réunion. Ces sources mettent en évidence l’importance de la position de Ryad, qui a accusé la Syrie et l’opposition d’empêcher l’application du document. Elles attirent par ailleurs l’attention sur le fait que les divisions interarabes autour de l’initiative vont conduire à une exacerbation du conflit entre la majorité et l’opposition, cette dernière continuant à prouver qu’elle a sa propre interprétation du document, interprétation du reste prise en compte par Damas.


Ces mêmes sources s’interrogent par ailleurs sur la position que prendra le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, qui a, plus d’une fois, mis l’accent, durant le sommet de Damas, sur le fait qu’un « effort commun syro-saoudien est capable d’assurer l’aide requise pour que le Liban sorte de sa crise ». Ces sources ne sont d’ailleurs pas sans exprimer un certain doute sur la viabilité de l’initiative arabe, qui semblerait plutôt à l’agonie et en voie de rendre l’âme. Elles sont même carrément pessimistes, et prétendent que « l’initiative est morte et que ce sont ses obsèques qui sont actuellement à l’étude ».


« Le seul moyen de réanimer l’initiative, poursuivent ces sources, serait dans la mise en place, à travers un effort commun entre Ryad, Le Caire, Amman et Damas, d’un minisommet arabe entre les leaders de ces pays, qui porterait sur l’élection du général Michel Sleimane comme président de la République. »


Elles notent ainsi que le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah II de Jordanie devraient évoquer aujourd’hui la possibilité de s’entendre avec le président syrien Bachar el-Assad. C’est précisément la question de savoir si Bachar el-Assad est disposé à « donner » à Ryad, au Caire et à Amman l’élection du président Sleimane et de mettre fin au conflit qui divise ainsi le monde arabe à ce sujet.


Mais là n’est pas la seule raison d’être pessimiste, précisent ces sources. Le conflit est en effet en passe de se renouveler entre la majorité et Nabih Berry, qui vient d’annoncer le début d’une nouvelle initiative, sans qu’il n’y ait aucune garantie que cette pseudosolution ne constitue, à nouveau, une tentative de contourner le problème. Ces sources minimisent en effet la portée de la démarche de M. Berry et affirment qu’il devrait commencer d’abord par assurer l’élection d’un président de la République, pour que ce dernier procède ensuite aux consultations parlementaires et désigne un Premier ministre qui formerait à son tour un nouveau gouvernement. Ce serait alors le chef de l’Etat qui présiderait la table de dialogue à Baabda et qui obtiendrait l’accord sur une nouvelle loi électorale. Par ailleurs, la Syrie œuvre d’arrache-pied à rendre à la crise un contexte purement interlibanais et à lui ôter sa dimension arabe, une manière de plus de couper l’herbe sous les pieds de la majorité.


Enfin, selon ces sources diplomatiques, il faut une « puissance phénoménale » pour réaliser un accord entre l’Arabie saoudite, l’Egypte et la Jordanie, et ouvrir la voie, partant, à l’application de l’initiative. Sinon, la crise est partie pour durer, alors que les élections législatives se rapprochent. D’où la nécessité, selon ces sources, d’obtenir la formation d’un cabinet de transition qui étudierait une nouvelle loi électorale en vue de son adoption, et d’assurer ensuite une observation des législatives 2009.

Khalil FLEYHANE

المصدر:
l"orient le jour

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