Gemayel appelle au dialogue au terme d’une rencontre avec Hassan Khalil et Kabalan

Gemayel appelle au dialogue au terme d’une rencontre avec Hassan Khalil et Kabalan
La médiation arabe est gelée et la Syrie poursuit « sa guerre d’usure » contre le Liban


Au lendemain de l’échec du sommet de Damas, la balle est de nouveau dans le camp de la Ligue à laquelle il incombe aujourd’hui d’œuvrer pour l’application de son initiative. Néanmoins, la médiation Moussa semble suspendue, jusqu’à nouvel ordre, en attendant quelques développements sur la scène arabe qui lui porteront le coup de grâce ou insuffleront en elle une nouvelle vie.


Amr Moussa l’avait bel et bien dit à son départ de Beyrouth : « Les dirigeants libanais ont fourni leur maximum. » Autrement dit, il n’y a rien à attendre des protagonistes locaux et il faudrait plutôt agir en faveur d’une détente entre Ryad et Damas. L’émissaire arabe semble persévérer dans cette lignée, vu qu’il n’a toujours pas fixé de date pour son éventuel retour à Beyrouth, quand bien même son mandat de médiateur a été renouvelé par la Ligue.


Amr Moussa semble donc miser sur un sommet exceptionnel et restreint qui réunirait Abdallah ben Abdel Aziz et Bachar el-Assad, dans l’espoir qu’un accord entre les deux chefs déblayerait le chemin devant l’application du plan arabe. Cette formule, dont l’élaboration a été attribuée samedi par Saoud el-Fayçal au patron de la Ligue, est en cours de discussion entre Alger, Le Caire et Amman.


Nombre d’observateurs considèrent toutefois que cette proposition est condamnée d’avance, arguant du fait que les relations syro-saoudiennes sont beaucoup trop dégradées pour que les deux pays puissent parvenir à un accord au Liban, à moins que l’un des deux ne soit acculé à fournir des concessions de taille. Dans le sillage du sommet arabe, la polémique verbale entre les deux capitales est devenue particulièrement virulente, le chef de la diplomatie saoudienne menaçant « ceux qui entravent l’application des décisions de la Ligue » de « sanctions », et son homologue syrien accusant Ryad, d’une manière à peine voilée, de chercher à « fausser le plan arabe ».


Les milieux de la majorité estiment de leur côté que Damas mène actuellement, contre l’Etat libanais, « une guerre d’usure » qui ne devrait pas prendre fin de sitôt. Pour ces sources, la Syrie tente, par alliés locaux interposés, d’« assiéger » le gouvernement libanais, en paralysant successivement toutes les institutions étatiques. Selon elles, le front majoritaire n’est guère disposé à répondre favorablement à l’appel du président de la Chambre qui avait fait part de son intention de convoquer une nouvelle séance de « dialogue national » consacrée à l’étude de la prochaine loi électorale.


La majorité estime à cet égard que le dialogue doit être mené sous l’égide du futur président de la République, étant donné que le chef de l’Etat est l’arbitre institutionnel auquel il appartient de parrainer le processus de règlement de tout différend interlibanais. Le 14 Mars considère également qu’au nom de la préservation des fondements du régime démocratique et du refus de toute tentative de marginaliser la représentation chrétienne au sein de l’Etat, l’on ne saurait conclure des accords préalables que l’on imposerait au prochain président avant même son élection, pour restreindre son rôle à la taille d’un simple exécutant des deals politiques.
Le front majoritaire insiste en outre sur la nécessité d’entériner et de faire appliquer les décisions du précédent « dialogue national » portant sur le tracé des frontières communes avec la Syrie et l’échange de délégations diplomatiques entre Beyrouth et Damas, avant qu’une nouvelle session de négociations ne soit organisée.
Néanmoins, l’ancien président Amine Gemayel a souligné hier que « tous les canaux du dialogue doivent rester ouverts avec le président Berry et avec toute autre partie ». Il convient de souligner que le chef des Kataëb a tenu ces propos à l’issue d’une visite au siège du Conseil supérieur chiite où il a rencontré le chef du CSC, Abdel Amir Kabalan ainsi que le bras droit de Nabih Berry, le député Ali Hassan Khalil. Amine Gemayel et le député d’Amal se sont croisés au siège du Conseil, sans rendez-vous préalable, et Ali Hassan Khalil a pris part à la rencontre entre le mufti Kabalan et l’ancien président, à la demande de ce dernier.


Des sources proches d’Amine Gemayel ont indiqué à L’Orient-Le Jour que le pôle de la majorité est favorable au dialogue avec tous les protagonistes, et notamment avec le président de la Chambre qui « est le pilier et la plaque tournante de la communication entre les différentes parties politiques ». Ces sources ont toutefois insisté sur le fait que « les Kataëb ne sont aucunement dans la perspective d’une procédure de dialogue qui se substituerait ou qui occulterait la question de l’application de l’initiative arabe » en vue de tenir enfin l’élection présidentielle. Et surtout d’immuniser le pays face à toute ingérence étrangère et à toute velléité d’annexion, avant qu’une inspiration « divine » impromptue ne transforme la guerre d’usure en nouvelle « guerre ouverte ».

المصدر:
l"orient le jour

خبر عاجل