Le Premier ministre entame sa tournée arabe par une rencontre avec Moubarak au Caire
Siniora : On ne prend pas son propre frère en otage pour tirer une rançon d’un autre frère
Siniora : On ne prend pas son propre frère en otage pour tirer une rançon d’un autre frère
Le Premier ministre a rencontré hier au Caire le président égyptien Hosni Moubarak. Fouad Siniora a en outre réclamé une réunion des ministres arabes des AE consacrée à l’étude de la crise syro-libanaise et averti la Syrie qu’« on ne kidnappe pas son frère pour extraire une rançon à un troisième frère ».
Dans une conférence de presse qu’il a tenue à l’issue de sa rencontre avec le chef d’Etat égyptien, le Premier ministre a affirmé avoir « passé en revue avec le président Moubarak les derniers développements de l’actualité régionale ainsi que les motifs qui ont incité le Liban à ne pas prendre part au dernier sommet de la Ligue ». « Notre décision ne visait aucunement à saboter le sommet, mais avait pour objectif de dénoncer l’ingérence étrangère qui entrave l’élection d’un président de la République et paralyse le Parlement depuis 17 mois », a-t-il ajouté.
Fouad Siniora, qui a salué le rôle « historique » joué par l’Egypte « dans la défense des causes légitimes arabes », a également indiqué que « le Liban souhaite que la communauté arabe se saisisse du dossier des relations syro-libanaises ». « Les ministres arabes des AE s’étaient entendus sur le fait que ce problème doit être résolu. Nous insistons donc sur l’importance des concertations qui pourraient déboucher sur une réunion des chefs de diplomatie arabes, consacrées aux questions essentielles et notamment à l’étude des relations entre Beyrouth et Damas, afin que les institutions constitutionnelles libanaises puissent revivre », a-t-il poursuivi.
La candidature de Sleimane
Répondant à une question portant sur les relations entre Damas et Ryad, le président du Conseil a considéré que « le Liban et la Syrie sont deux pays frères », ajoutant qu’« on ne kidnappe pas son propre frère, dans l’espoir de tirer une rançon d’un troisième frère ». « Le général Sleimane a tiré la sonnette d’alarme en évoquant son départ à la retraite. Il a exprimé son exaspération face à la manière dont est traité le Liban. Le commandant en chef de l’armée est le candidat consensuel sur lequel se sont entendus tous les Libanais. Mais on tente d’imposer de nombreuses conditions au prochain président, ce qui entrave la tenue du scrutin présidentiel. Le départ à la retraite du général Sleimane n’empêche pas qu’il demeure le candidat consensuel adopté par toutes les parties », a-t-il en outre ajouté.
Fouad Siniora a aussi affirmé que le gouvernement « s’oppose à toute attaque militaire contre la Syrie et le Liban ». « Nous serons toujours solidaires de nos frères arabes et syriens. Et nous condamnons toute éventuelle opération militaire tout comme nous avons condamné les dernières manœuvres israéliennes. Nous tenons à des relations fraternelles avec la Syrie. Mais le Liban est victime d’une injustice à laquelle il faut mettre un terme », a-t-il martelé.
Le Premier ministre a également considéré que « les parties libanaises qui refusent d’appliquer l’initiative arabe sont sensibles à l’influence étrangère qui entrave l’exécution du plan de la Ligue ». « L’initiative arabe et le dossier des relations syro-libanaises sont un ensemble indivisible », a-t-il lancé.
Et Fouad Siniora d’appeler enfin le Conseil de sécurité de l’ONU à publier, à l’issue de sa prochaine réunion sur l’application de la 1701, une déclaration présidentielle « insistant sur la cessation des violations israéliennes de la souveraineté libanaise, la libération des détenus libanais et l’élection d’un président ».
Soulignons que Fouad Siniora a également rencontré son homologue égyptien Ahmad Nazif, en présence des ministres égyptiens du Prétrole, Sameh Fahmi, de l’Electricité, Hassan Younès, du ministre intérimaire libanais des AE, Tarek Mitri, de l’ambassadeur au Caire, Khaled Ziadé, et des conseillers du Premier ministre, Rola Noureddine et Mohammad Chatah. Le président du Conseil devrait rencontrer aujourd’hui le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, avant de se rendre demain aux Emirats arabes unis où il s’entretiendra avec les hauts responsables du pays.