Assad à Berry : « La Syrie est prête, sur demande, à aider à la sécurité et à la stabilité du Liban »

Le président de la Chambre à Damas avant de se rendre en Arabie saoudite dans une initiative « complémentaire » à la mission Moussa
Assad à Berry : « La Syrie est prête, sur demande, à aider à la sécurité et à la stabilité du Liban »


L’initiative du président de la Chambre et chef du mouvement Amal, Nabih Berry, s’est finalement concrétisée hier par la visite effectuée par ce dernier à Damas, où il s’est entretenu avec le président syrien Bachar el-Assad, le vice-président Farouk el-Chareh et le ministre des Affaires étrangères (AE) Walid Moallem, en présence du député du mouvement Amal, Ali Hassan Khalil.


A l’issue de la réunion qui s’est tenue dans l’après-midi, M. Berry a indiqué « en un mot, à nos compatriotes au Liban, mais aussi aux Arabes et au monde » que les « frères syriens » n’exigent « aucune condition » préalable à une entente « entre les différentes forces politiques libanaises ». D’autre part, a ajouté M. Berry, la Syrie est « prête à apporter son aide et à répondre à toute sollicitation faite en ce sens » par le Liban. « J’ai discuté, deux heures durant, avec le président Assad, de la situation au Liban, en Irak et en Palestine, mais les discussions autour du dossier libanais ont duré environ une heure », a-t-il souligné. Pour lui, cette visite est « réussie et a donné un nouvel élan au dialogue entre les Libanais afin de parvenir à élire un président consensuel. C’est ce qui a été convenu, il reste deux points, la mise en place d’un gouvernement et un accord sur une loi électorale ». « Je dis cela à partir de la Syrie exprès et en connaissance de cause, les Syriens n’exigent aucune condition pour une entente libanaise et ils appuient le dialogue. »


Répondant à une question concernant sa visite prévue en Arabie saoudite, tel que l’a d’ailleurs relevé le quotidien as-Safir hier, M. Berry a relevé que « tout comme la Syrie a une influence sur ses alliés, l’Arabie saoudite a aussi une influence sur d’autres alliés. J’ai déjà abordé ce sujet avant le sommet et j’espérais qu’une solution puisse en émaner, mais malheureusement le Liban a été absent du sommet. Par conséquent, le dossier libanais n’a pas été discuté et il n’y a pas eu de solution. J’ai voulu, par le biais du dialogue, compléter l’initiative arabe qui a émané, à la base, du dialogue interlibanais qui se fondait sur trois points : élection du président de la République, mise en place d’un gouvernement d’union nationale et loi électorale ».
Se prononçant sur l’initiative arabe et sur la proposition tendant à mettre en place un gouvernement transitoire, Nabih Berry a indiqué qu’il n’est pas à l’origine de cette proposition et que son initiative se limite aux trois points précités.


De son côté, le président syrien Bachar el-Assad s’est dit prêt à « fournir toute aide » pour assurer « la sécurité » au Liban, a indiqué l’agence officielle SANA. M. Assad a exprimé en outre son appui « au dialogue entre les Libanais et à l’entente nationale comme seul moyen susceptible de régler la crise libanaise » entre l’opposition et la majorité parlementaires. La Syrie, qui assure la présidence tournante de la Ligue arabe, « est prête à fournir toute l’aide possible que les Libanais auront réclamée, pour assurer la sécurité et la stabilité au Liban », a affirmé M. Assad, selon SANA.

 

Contradictions


Des sources citées par notre correspondant au palais Bustros, Khalil Fleyhane, ont dans ce cadre comparé la visite de M. Berry en Syrie et celle du Premier ministre Fouad Siniora en Egypte et ont mis en relief les contradictions qui ont émergé de ces deux visites officielles distinctes. Ainsi, la réaction syrienne a laissé entendre que Damas aurait donné son feu vert à une éventuelle initiative « nouvelle » émanant du président de la Chambre, ce dernier ayant qualifié ses entretiens avec Bachar el-Assad de « réussis » et n’ayant pas choisi de « taire les résultats de ses concertations avec le président syrien en attendant son retour à Beyrouth ».

 

Fouad Siniora a, quant à lui, tenu à obtenir une réunion extraordinaire des ministres arabes des Affaires étrangères afin de discuter « des tensions » qui existent entre le Liban et la Syrie. Autre contradiction avec les efforts du Premier ministre : le mécanisme envisagé par M. Berry pour une éventuelle résolution de la crise. Les forces de la majorité, souligne Khalil Fleyhane, donnent toujours la priorité à l’élection du commandant en chef de l’armée, Michel Sleimane, à la magistrature suprême avant toute reprise du dialogue, alors que M. Berry prend soin de laisser cette revendication de côté sous prétexte que cette élection « va de soi » et que l’important est de se concentrer actuellement sur « la discussion de deux points essentiels : la formation d’un gouvernement d’union nationale et la mise en place d’une loi électorale ». Les sources précitées ont enfin insisté sur « l’impossibilité pour les deux camps de se mettre
d’accord », ce qui explique les tournées arabes de MM. Siniora et Berry.

 

Amal et le Hezbollah


Par ailleurs, les responsables de la région Sud du mouvement Amal et du Hezbollah ont tenu de leur côté une réunion au cours de laquelle ils ont abordé l’impact de la visite de M. Berry en Syrie. Pour les deux partis, « il est impossible d’analyser l’initiative de M. Berry indépendamment de l’initiative arabe et en dehors du cours naturel et nécessaire de la résolution de la crise. Les positions rigides exprimées à l’égard des efforts de M. Berry ont pour justification une volonté d’aggraver la crise ». Amal et le Hezbollah ont en outre appelé « les pays arabes à interagir de manière positive avec cette initiative et à ne pas lui mettre des bâtons dans les roues ».
Les responsables des deux partis ont aussi fait assumer l’« entière responsabilité » de la situation socio-économique au gouvernement « illégitime » de Fouad Siniora.

المصدر:
l"orient le jour

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