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Un signal fort à l’adresse de Damas : La présidentielle, clé de la détente syro-arabe

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Un signal fort à l’adresse de Damas : La présidentielle, clé de la détente syro-arabe


Il ne fait désormais plus de doute que la scène interne est de plus en plus vouée à la déstabilisation politique, voire à la perte de repères, au fur et à mesure que la stagnation perdure. Après l’Alliance du 14 Mars qui s’était laissé envahir par les compromis de la politique politicienne et qui s’est finalement régénérée le 14 février dernier, puis le 14 mars, lorsqu’elle a dévoilé aux Libanais un document d’envergure nationale, place aujourd’hui au malaise dans les rangs de l’opposition.


Ainsi, en quelques jours seulement, une irrépressible impression de désordre s’est dégagée de ce camp.
La semaine dernière, Sleimane Frangié annonçait déjà la couleur en indiquant qu’il était prêt à se passer d’un accord préalable sur un gouvernement d’union nationale mais qu’il demeurait attaché à la mise en place d’une nouvelle loi électorale. Première secousse pour le 8 Mars, d’autant que la revendication de gouvernement d’union nationale est l’un des éléments sur lequel le Hezbollah s’est, depuis le 1er décembre 2006, basé pour justifier le sit-in qui a envahi le cœur de la capitale.


Hier, Michel Murr se retirait du Bloc de la réforme et du changement en mettant au premier plan son « indépendance politique » et en affirmant qu’il n’avait jamais été et qu’il ne sera jamais « sous la coupe de personne ». Deuxième secousse pour le Courant patriotique libre (CPL) pour qui Michel Murr constitue un allié de poids dans le Metn. Tout semble indiquer que cette initiative de M. Murr ne restera pas orpheline puisqu’il a lui-même laissé entendre qu’il l’étendrait à Jbeil et au Kesrouan. Prenant immédiatement le relais, le vice-président du parti Kataëb, Sélim Sayegh, a exhorté les « députés chrétiens à assumer leurs responsabilités » à un moment où la communauté chrétienne tout entière est menacée dans son existence-même.


Dans le même temps, les différents pôles du 14 Mars ont insisté sur l’incapacité du président de la Chambre et chef du mouvement Amal, Nabih Berry, à organiser et à présider un nouveau dialogue national, estimant que ce dernier n’était pas impartial mais bien « partie prenante » au conflit actuel, alors que les députés d’Amal s’évertuaient, Nabih Berry en tête, à démontrer que la « nouvelle » initiative du président de la Chambre était réellement soutenue par la France.


Ce qui est néanmoins sûr, c’est que M. Berry a effectivement récolté des échos positifs concernant son initiative lors de sa visite à Damas. La Syrie, même si elle continue pour le moment de se trouver dans une relative position de force, s’est probablement vu obligée de lâcher du lest face aux pressions qui s’intensifient à son égard. L’attitude positive du régime syrien a donc eu pour but de garantir au président de la Chambre une – toute relative – marge de manœuvre dans l’espoir que l’Arabie saoudite réagira favorablement à ce jeu de séduction damascène.


Reste le Hezbollah qui, déjà muselé en ce qui concerne une éventuelle « réponse » suite à l’assassinat de son cerveau militaire Imad Moghniyé, se voit de plus en plus limité dans ses mouvements sur la scène interne. Sciemment ou non, Sleimane Frangié a, dans les faits, marginalisé une revendication-phare du Hezb en ne mettant plus le gouvernement d’union nationale au nombre des conditions sur lesquelles les forces politiques rivales devront s’entendre pour parvenir à un consensus. Le parti se bornera aujourd’hui à lancer des ballons à l’effigie de Moghniyé en direction d’Israël, peut-être en guise de premier avertissement, et en attendant de pouvoir faire plus.


Hier, à Charm el-Cheikh, le sommet saoudo-égyptien qui a réuni le roi Abdallah et le président Hosni Moubarak et qui s’est tenu en présence du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a constitué un signal fort à l’égard de la Syrie qui, aux dires d’une source bien informée, commencerait à se sentir « gênée et compterait sur le Koweït pour tenter d’améliorer sa situation ». Toutefois, le message qui a émané de ce sommet est clair : seule l’élection d’un président au Liban sera de nature à rabibocher des relations saoudo-syriennes bancales, et les relations syro-libanaises sont fondamentalement à l’origine de la crise qui sévit au Liban. Sur ce point, les participants au sommet de Charm el-Cheikh auraient chargé Amr Moussa de se rendre à Damas afin de mettre le régime syrien devant ses responsabilités.


Ce sommet pourrait s’élargir, selon les sources précitées, au Qatar, à la Jordanie, au Yémen et au sultanat d’Oman. Dans une deuxième phase, le Koweït et la Turquie pourraient aussi servir de médiateurs entre la Syrie et l’Arabie saoudite. Ce raidissement régional a d’autre part été accompagné d’une déclaration on ne peut plus claire de la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, qui a affirmé devant le Congrès US qu’elle ne pensait pas qu’il « serait approprié de suggérer que nous puissions limiter la portée du tribunal sur l’assassinat de Rafic Hariri (…) parce qu’il pourrait d’une façon ou d’une autre impliquer le régime ou la famille Assad ».

المصدر:
l"orient le jour

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