Zahra accuse Aoun de « torpiller » la présence chrétienne au Liban
Geagea : La tactique de l’opposition est de faire de notre vie un enfer et pousser les Libanais au désespoir
Geagea : La tactique de l’opposition est de faire de notre vie un enfer et pousser les Libanais au désespoir
C’est par un tir nourri contre le général Michel Aoun – en réponse à la polémique sur la fosse commune de Halate – que les déclarations des hauts responsables des Forces libanaises se sont caractérisées durant le week-end.
Ainsi, le président du conseil exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, a affirmé devant une délégation de la section des affaires sociales au sein des FL : « Nous passons par une époque déplorable où certains leaders parlent beaucoup mais ne font rien. Nous les voyons rechercher tout ce qui est négatif et péjoratif et creuser pour déterrer des mensonges, ce qui provoque jour après jour des blessures au sein de notre société – la dernière en date étant cette affaire de fosses communes à Halate. »
« C’est d’une résistance beaucoup plus difficile que la résistance militaire dont nous avons besoin aujourd’hui. La tactique des autres est de faire de notre vie un enfer, en brûlant des pneus, en coupant les routes, en générant le chaos et en menaçant de manière permanente, l’index levé vers le ciel. L’objectif est de pousser le peuple libanais au désespoir, de paralyser l’économie », a-t-il indiqué.
« Mais nous allons triompher en fin de compte, même s’il est difficile de définir la date à laquelle se terminera la confrontation. Je suis sûr que nous allons gagner et atteindre nos objectifs, parce que notre action est juste. Nous ne réclamons que nos droits et nous voulons seulement vivre en paix. Quant à ceux dont les revendications sont en contradiction avec la logique, le sens de l’histoire et l’entente libanaise ils ne pourront certainement pas atteindre leurs objectifs et perdront », a ajouté M. Geagea.
Zahra
De son côté, le député FL Antoine Zahra s’en est pris directement hier au général Michel Aoun.
« Les FL ne craignent pas les ragots que l’on raconte sur elles. Le général Aoun sait, comme tous les Libanais, que les chrétiens n’ont qu’un seul projet, celui de l’Etat, qu’il est lui-même principalement en train de torpiller. L’on donnait au général Aoun des circonstances atténuantes en raison de ses ambitions personnelles et de son envie du pouvoir, mais cela n’est plus possible maintenant qu’il a dépassé toutes les lignes rouges », a indiqué M. Zahra.
« Le général Aoun est devenu un instrument qui sert à saboter de l’intérieur toutes les composantes qui sont à la base de la présence chrétienne libre et active au Liban, alors qu’il est devenu évident qu’il est impossible de laminer cette présence de l’extérieur », a poursuivi le député du Batroun.
« Il s’agit là d’une des nombreuses entreprises de destruction systématique de toutes les composantes de la société chrétienne, de l’Eglise à la présidence de la République en passant par les partis politiques comme les Kataëb, le Parti national libéral ou le Bloc national, le président-martyr René Moawad, ou maintenant encore les FL. Il invente tous les jours un prétexte, comme l’achat des terres ou l’implantation », a-t-il ajouté.
Sarkis
Pour sa part, le ministre Joe Sarkis, en visite en Australie, a attaqué les « Judas » qui ont « trahi la cause ou s’en sont détournés, s’entendant avec ceux qui portent atteinte à la cause libanaise, à son peuple et à son avenir ».
Prenant la défense du gouvernement, M. Sarkis a affirmé que « malgré le siège du Sérail et l’occupation du centre-ville, et malgré la violence et les tentatives de faire chuter le cabinet de l’intérieur à travers les démissions, ce dernier tient bon et reste légal et légitime ». « Le Premier ministre ne s’est pas enfui sans avoir le temps de faire sa valise », a-t-ildit, faisant allusion à une déclaration du général Aoun en ce sens en 2006. « Les ministres n’ont pas eu peur après l’assassinat de Pierre Gemayel. Au contraire, nous en sommes ressortis encore plus attachés au droit et refusant de capituler », a-t-il ajouté, avant d’appeler les émigrés libanais à passer l’été au Liban.