La majorité rejette le plan Berry et le gouvernement s’apprête à participer à la réunion du Koweït

La majorité rejette le plan Berry et le gouvernement s’apprête à participer à la réunion du Koweït
Mahmoud HARB


Lorsqu’une république au sein de laquelle les citoyens font office de figurants et de chair à canons sombre dans la crise, tout un chacun sait de quoi il s’agit, mais malheureusement nul ne peut ou ne veut agir. Et la paralysie s’installe, se propage sous les regards d’une population léthargique, en attendant quelque événement qui puisse précipiter la victoire de certains acteurs et la défaite de leurs adversaires.


Mais en attendant le deux ex machina régional, c’est un inébranlable équilibre des forces qui s’est instauré sur la scène libanaise. Et la solution « ni vainqueurs ni vaincus » demeure introuvable.


Nabih Berry a tenté d’aller en ce sens en proposant une entente sur une « déclaration d’intentions » portant sur la prochaine loi électorale et la composition du futur cabinet. Une source proche du chef d’Amal explique qu’il s’agit d’organiser une séance de dialogue non pas pour évoquer le dossier de la loi électorale dans ses menus détails mais pour élaborer une entente sur les grandes lignes du texte législatif qui régira les prochaines élections parlementaires. « Par exemple, nous pourrions nous accorder sur un découpage électoral selon les frontières des cazas, pour amender la loi de 1960 plus tard, après la présidentielle. Nous pourrions également nous entendre sur le principe de la répartition des sièges au sein du gouvernement d’union nationale selon la règle des 10-10-10, sans qu’on ait besoin de préciser quels portefeuilles seront octroyés à chaque camp », ajoute cette source.


Pour l’ancien directeur des RG de l’armée, Johnny Abdo, « cette proposition pourrait signifier que Nabih Berry a peut-être été chargé par le régime syrien de rechercher une porte de sortie ». Les milieux du Courant du futur rejettent toutefois en bloc le plan Berry et affirment qu’« une seule personne peut convoquer une séance de dialogue : le président de la République, un point c’est tout ». Une source proche du gouvernement note de son côté que le président de la Chambre a lâché du lest d’une manière superficielle, « pour maquiller et durcir ses conditions ». « Au début, il parlait d’un dialogue autour des dispositions de la prochaine loi électorale. Maintenant, il veut également évoquer la composition du cabinet. D’ailleurs, qui est le délégué de l’opposition ? Est-ce Nabih Berry ou Michel Aoun ? » s’est interrogée cette source.


Du côté du CPL, on répond à cette question en soulignant simplement que « des négociations bilatérales n’ont pas la même forme qu’un dialogue élargi ». Le Hezbollah, qui affirmait tantôt que « celui qui veut la solution doit dialoguer avec le chef du CPL », est désormais plus évasif à ce sujet. Par le truchement du député Mohammad Raad, le parti de Dieu a en effet appelé au « dialogue » en se gardant de nommer expressément Nabih Berry ou Michel Aoun, alors qu’un haut responsable du Hezbollah, Nabil Kaouk, affirmait que « la bataille porte aujourd’hui sur la prochaine loi électorale ». Sauf que dans cette « bataille », le parti de Dieu n’a pas d’adversaires, vu que la majorité insiste sur l’élection d’un président comme prélude à la discussion de la loi électorale.

 

La réunion du Koweït


Parallèlement aux tractations internes, une réunion arabo-internationale consacrée à l’étude du dossier libanais devrait être organisée demain au Koweït, en marge des travaux des pays voisins de l’Irak et au lendemain du sommet franco-égyptien qui se tiendra aujourd’hui, à Paris, et au cours duquel les présidents Sarkozy et Moubarak devraient évoquer, entre autres, la crise libanaise. De source ministérielle autorisée, on indique que le gouvernement a demandé à être présent à la réunion qu’accueillera l’émirat. Le ministre de la Culture et des Affaires étrangères par intérim se rendra donc au Koweït pour prendre part aux discussions, aux côtés des représentants de la France, des Etats-Unis, de l’ONU, de la Ligue arabe, de l’Arabie saoudite, de l’Egypte, de la Jordanie et d’autres pays arabes.


Des sources diplomatiques citées par notre correspondant au palais Bustros, Khalil Fleyhane, ont souligné que le ministre français des AE, Bernard Kouchner, « ne voit guère d’intérêt à inviter le ministre syrien Walid Moallem à la rencontre, vu que les positions de Damas sont connues ». Il semble toutefois que le chef de la diplomatie française pourrait avoir un aparté avec son homologue syrien.


Il convient de souligner en outre que le Premier ministre Fouad Siniora a contacté par téléphone, ce week-end, les ministres saoudien et émirati des Affaires étrangères ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, en vue de préparer la réunion de demain. La source ministérielle précitée a précisé que « la référence » qu’adoptera la rencontre sera le discours adressé par le président du Conseil au sommet de Damas, ainsi que le plan en sept points élaboré par le gouvernement au cours de la guerre de juillet et les décisions du « dialogue national » portant sur les relations syro-libanaises qui, depuis trois décennies, continuent de faire couler un flot d’encre. Et surtout de sang.

المصدر:
l"orient le jour

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