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Le pays de tous les possibles attend le sort du dialogue

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LA situation – La majorité mandate Hariri pour dialoguer avec Berry « afin de garantir l’élection d’un président le 13 mai »
Le pays de tous les possibles attend le sort du dialogue


« Au Liban, tout reste possible. »
Même l’enlèvement d’un ressortissant étranger en plein Beyrouth, dix-sept ans après Taëf, dix-huit automnes après le désarmement de la quasi-totalité des milices, trois printemps après le 14 mars 2005.
Même le kidnapping d’un chercheur français sur cette même tristement célèbre route de l’aéroport, qui a mené Michel Seurat vers la mort et des centaines de milliers de jeunes Libanais vers l’exil.


Même « l’absence de l’autorité étatique dans certaines zones et banlieues », qui fait « redouter le retour du feuilleton noir de la guerre civile », comme l’a affirmé dimanche le député Walid Joumblatt.
Même « la détention arbitraire et illégale d’un citoyen français par des personnes n’ayant pas autorité dans les quartiers sud de Beyrouth », selon les termes du Quai d’Orsay.


Même « l’intensification des efforts de recrutement du Hezbollah, l’expansion de son infrastructure guerrière et l’entraînement militaire de milliers de combattants du parti de Dieu dans des camps au Liban, en Syrie et en Iran », comme l’a révélé l’hebdomadaire britannique The Observer.


Même que les Libanais « vivent dans une ambiance où règnent l’obscurité et le meurtre », l’expression étant celle du métropolite orthodoxe Elias Audi.


Même que le soulèvement de prisonniers détenus dans des conditions dégradantes soit une source de menace pour l’avenir du pays.


Car – Michel Seurat l’avait très pertinemment constaté – « au Liban, tout reste possible ». Le retour à la stabilité ou le déluge de sang, la restauration de la démocratie ou le démantèlement de l’Etat, le « divorce » ou le dialogue.


Actuellement, toutes les possibilités – du moins celles qui sont explicitées sur la place publique – se limitent au nombre de deux. Soit que les protagonistes de la crise décident enfin de prendre part au dialogue et de rechercher un compromis autour de la loi électorale et de la composition du prochain cabinet, en vue d’élire Michel Sleimane à la présidence, le 13 mai prochain. Soit que l’initiative Berry échoue et que le pays replonge dans un silence menaçant, faute de débat constructif et sincère.


Et si ce dialogue à propos duquel les principales parties sont en train de dialoguer à distance ne réunit pas l’unanimité au sein de l’opposition, il semble avoir également provoqué des divergences mineures dans les rangs de la majorité.


En effet, le chef du PSP s’est clairement montré favorable aux propositions de Nabih Berry qu’il a rencontré au Parlement la semaine dernière. Tout en insistant sur les constantes du 14 Mars et sur la nécessité de restaurer la souveraineté de l’Etat sur tout le territoire, Walid Joumblatt est allé jusqu’à appeler « chaque partie à fournir des concessions à l’autre ».

 

De son côté, Saad Hariri a été plus réservé, mettant l’accent sur le fait que « la présidentielle est l’incontournable priorité actuellement », rejoignant par là les positions du leader des Forces libanaises, Samir Geagea. Le chef du Courant du futur n’a toutefois émis aucune objection à la tenue d’une nouvelle table ronde, « à condition d’être sûr qu’un chef de l’Etat sera élu le 13 mai prochain ».
La majorité a fini par synthétiser hier les positions respectives de ses différents pôles. A l’issue des assises élargies qu’elles ont tenues hier à Koraytem, les Forces du 14 Mars ont décidé de « déléguer le député Saad Hariri pour mener le dialogue avec le président de la Chambre, afin de discuter des mécanismes qui pourraient garantir l’élection d’un président de la République le 13 mai ». Le front majoritaire a également insisté sur « la nécessité d’élire un chef de l’Etat, comme seule issue à la crise, conformément aux dispositions de la Constitution et aux recommandations du plan de la Ligue ». « Nous sommes attachés au principe du dialogue. Mais le scrutin présidentiel ne doit être soumis à aucune condition ou aucun accord préalable, pour ne pas supprimer la Constitution, les institutions et le processus de l’édification de l’Etat », a conclu le communiqué.
La majorité a donc adopté une position officielle, unanime à l’égard de l’initiative Berry, laissant la porte ouverte au dialogue, sans abandonner son appel à combler la vacance de la magistrature suprême, sans conditions préalables. La balle est donc dans le camp de l’opposition.


L’opposition serrera-t-elle la main qui lui est tendue ? Le CPL et le Hezbollah rendront-ils à Nabih Berry le mandat de négocier en leur nom qu’ils lui avaient retiré pour l’accorder à Michel Aoun ?
Il appartient désormais à l’opposition de se prononcer et de répondre au message conciliant qui lui a été adressé. « En attendant, les menaces existent et la violence est plus que jamais présente. » Sacré Michel Seurat.

المصدر:
10452lccc.com Website

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