Le Hezbollah reconstitue une armée en prévision d’un conflit « encore plus brutal » avec Israël, selon « The Observer »
Le Hezbollah entraîne actuellement des centaines, voire des milliers de jeunes hommes au combat, que ce soit au Liban, en Syrie ou en Iran, en prévision de la prochaine guerre avec Israël. C’est ce qui ressort d’un reportage du quotidien britannique The Observer, signé Mitchell Prothero, qui affirme avoir découvert que « l’organisation a remplacé ses combattants morts, discrètement mais de manière constante, et a redoublé ses efforts de recrutement en prévision d’un nouveau conflit encore plus brutal » avec Israël. « Le Hezbollah entreprend une expansion majeure de sa puissance de combat », dit le texte.
L’enquête révèle également que les efforts du Hezbollah ne se limitent pas à l’entraînement de nouveaux combattants, mais aussi à des efforts sans précédent pour assurer des équipements et construire des bunkers. Un combattant, s’exprimant sous le sceau de l’anonymat, a révélé que l’entraînement spécialisé, notamment au maniement des armes lourdes, se fait en Iran, mais que la formation dans ce pays demeure surtout à un niveau théorique et religieux, alors que, toujours selon lui, le « meilleur entraînement reste celui que nous suivons au Liban, puisque la proximité avec Israël lui donne une plus grande part de réalisme ».
Le reportage reprend des extraits d’une étude militaire américaine, qui décrit les combattants du Hezbollah comme « totalement décentralisés » et « capables de résister dans leurs positions même quand ils sont inférieurs en nombre ». Selon une source militaire libanaise interrogée, « ils veulent accroître leur nombre pour être capables d’arrêter la prochaine invasion avant que les chars n’atteignent les plaines de la Békaa, où les unités blindées israéliennes auront l’avantage ».
Toujours selon l’article du Observer, au cas où la situation interne se détériore au point d’en arriver aux combats de rue entre les deux camps politiques adverses, le Hezbollah évitera d’envoyer ses meilleurs combattants, de peur qu’Israël n’en profite pour attaquer ses positions, mais qu’il aura accès à assez de jeunes capables de manier les pierres, les bâtons et même certaines armes à feu.