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مقابلة لبيار بوعاصي لأسبوعية Valeurs actuelles حول المفقودين في سوريا

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مقابلة لبيار بوعاصي لأسبوعية Valeurs actuelles حول المفقودين في سوريا

أجرت أسبوعية Valeurs actuelles الفرنسية مقابلة مع ممثل القوات اللبنانية في فرنسا بيار بوعاصي حول المعتقلين اللبنانيين في السجون السورية صدرت تحت عنوان "في سجون الأسد". حاور المسؤول القواتي فريديرك بونس رئيس تحرير الأسبوعية للشؤون الدولية.

فيما يلي نص المقابلة:

 
Sous l’impulsion de la France, la Syrie vient de reconnaître le Liban en ouvrant une ambassade à Beyrouth (mais l’ambassadeur n’a toujours pas pris ses fonctions), pour la première fois depuis la naissance des Etats libanais et syrien. C’est une des conséquences politiques du « soulèvement du cèdre » (le 14 mars 2005), qui mit fin à vingt-neuf ans d’occupation syrienne. Tous les problèmes ne sont pas réglés pour autant, alors que le Liban se prépare à d’importantes élections législatives, le 7 juin prochain. L’un des dossiers les plus sensibles est celui des détenus libanais en Syrie. Représentant en France des Forces Libanaises, Pierre Bou assi explique ce contentieux

?V.A. Combien dénombrez-vous de détenus libanais en Syrie 

P.B. En septembre 2008, le gouvernement libanais a demandé aux autorités syriennes de clarifier le sort de 725 personnes. Les syriens ont apporté des réponses sur 123 d’entre elles qualifiées de « détenus de droit commun ». Cela ramènerait à 602 les détenus dont le sort n’est toujours pas élucidé.

?V.A. N’ont-ils pas disparu 

P.B. Les autorités syriennes nient leur existence. Mais des parents de détenus politiques ont pu visiter leurs proches dans les prisons syriennes, avant que ces visites ne soient interrompues. Nous ne pouvons pas accepter les déclarations du président Al Assad qui répète qu’il n’y a pas de prisonniers politiques libanais en Syrie. Cela avait été dit à deux reprises déjà, avant deux vagues successives de libération.

?V.A. Qui sont ces détenus 

P.B. Représentant toutes les communautés et toutes les régions du Liban, ils sont un triste symbole d’unité nationale. Tout Libanais qui a pu s’opposer un jour à la mainmise syrienne sur le Liban courait le risque d’être enlevé et incarcéré en Syrie.

?V.A. Où sont les incarcérés 

P.B. Il est très difficile de le savoir, parce que le nom des prisonniers est systématiquement changé, afin de faire perdre leurs traces. Ils sont aussi régulièrement transférés. Des lieux tristement célèbres comme les prisons de Mazzé, Palmyre ou Adra ont abrité des détenus libanais.

?V.A. Qui « s”occupe » d”eux en Syrie 

P.B. Les services de renseignement. Les récits de détenus libérés donnent une idée de leur traitement. Les tortures sont systématiques, pour les hommes et les femmes. L’arrachage des ongles, les chocs électriques et les passages à tabac sont leur lot quotidien.

?V.A. Qui les défend 

P.B. Ces malheureux n’ont jamais bénéficié de procès ni de défense. Leur arrestation et leur incarcération sont l’exemple même de l’arbitraire syrien.
Nous réclamons la création d’une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur leur sort.

?V.A. Pourquoi reparlez-vous d”eux aujourd”hui 

P.B. Ce dossier est une préoccupation constante des Forces Libanaises, d’autant plus que bon nombre d’entre eux sont des résistants FL à l’occupation syrienne. D’autre part, il est intolérable qu’une société digne d’avenir tourne le dos à ses enfants en détresse, qu’il s’agisse des détenus ou de leurs familles.

V.A. Mais les relations entre Beyrouth et Damas semblent s”améliorer…

P.B. L’ancien occupant syrien doit fournir des preuves de bonne volonté afin d’assainir le climat entre les deux pays. Les deux démonstrations de bonne volonté que nous attendons sont le respect de la souveraineté du Liban, en s’interdisant toute ingérence et en acceptant de délimiter les frontières, et une réponse crédible et honnête sur le sort des détenus. S’ils sont vivants, qu’ils rentrent chez eux. S’ils sont morts, que leurs dépouilles soient rendues aux familles. 

?V.A. Ne faudrait-il pas enfin tourner la page

P.B. Ni la raison d’Etat ni les relations bilatérales, rien ne peut prévaloir sur la dignité de l’être humain et sa liberté. Un avenir construit sur les ruines des principes humains universels serait porteur d’injustice, de haine et de violences. La transparence seule est synonyme de bonne foi et de courage. Elle peut préparer les peuples de la région à une ère de paix et de développement. Pour le Liban, c’est une question de solidarité et de dignité nationale.

المصدر:
فريق موقع القوات اللبنانية

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