Celui qui n’a pas frémi.(Danielle Bacha)

Celui qui n’a pas frémi

Ces quelques lignes pour saluer un homme qui n’est pas habitué aux hommages, un homme longtemps détesté, haï et abhorré, un homme qui a récemment prouvé qu’il est réellement -et mordicus- attaché aux principes de l’alliance du 14 Mars, du vrai 14 Mars, celui qui va au-delà du culte des personnes qui en sont les piliers

Bien que prévisible, le revirement de Walid Joumblat a fait couler beaucoup d’encre et a résulté en une cascade de déclarations et de rumeurs quant à de potentielles défections de la part d’autres ténors du 14 Mars. La riposte rapide, inattendue et cinglante du Courant du Futur et la très tiède réaction de Damas ont fait que M. Joumblat se tâte à nouveau, déclenchant ainsi de nouvelles prises de positions des divers leaders du 14 Mars.

C’est dans ce contexte que je voudrais rendre hommage à Samir Geagea dont l’allégeance au 14 Mars n’a pas failli. Immuable, après onze années à l’ombre et un courageux mais nécessaire mea culpa, il a gardé ses convictions fermes et claires et s’est tenu à l’écart du ping-pong de déclarations sans avoir peur de s’aliéner ses ex-alliés et de se retrouver seul.

De plus, et quoi qu’en pensent ses détracteurs, sa calme détermination et tant la cohérence que la décence de ses propos font de lui un leader nettement plus représentatif de la communauté chrétienne qui s’inquiète d’assister aux agressions systématiques à l’encontre du patriarche Sfeir et qui craint la résurgence de l’extrémisme salafiste si le camp de l’opposition persiste à mettre des bâtons dans les roues de Saad El Hariri, empêchant la formation d’un nouveau Cabinet.

 Danielle Bacha

 

المصدر:
l"orient le jour

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