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Mea Culpa , mea maxima culpa

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L’acte de confession dans la religion chrétienne est essentiel. Sans vouloir m’engager dans des théories théologiques profondes hors sujet, je dirai que le simple fait d’avouer ses fautes est déjà un grand pas dans la rédemption. Avouer ses fautes devant quelqu’un est quelque peu humiliant en soi, mais le courage de le faire est en lui-même la moitié du chemin vers un regret véritable. Pour cela, avant de se confesser, les Chrétiens disent Mea Culpa, mea maxima culpa [Ma faute, ma grande Faute].

L’autocritique est un processus scientifique qui aide à s’améliorer. Le but de cette note est comme on le dit si bien en Libanais parlé, une petite « Hazet Badan » [un petit coup de martinet, rafraîchissant dirai-je].

Le paysage politique actuel bouge. On se démène, on voyage, on accueille des sommets, on se réunit, on cogite et s’agite, on déclare sans rien dire, on parle sans parler. On s’empoigne, chaque déclaration enflammée entraîne d’autres encore plus enflammées. Les débats télévisés s’enchaînent voire s’entraînent, à qui mieux mieux, en fonction de l’audimat et la volonté financière des sponsors. Pour ma part, je les évite et préfère un bon film. Les nouvelles télévisées commencent toujours par des analyses tronquées soulignant la position du jour des propriétaires des chaînes. La vraie, la bonne information est rare je dirais. Mais en fait nos problèmes sont plus graves et plus profonds.
Comment en est-on arrivé la ?
Mea Culpa, mea maxima Culpa.

Ce qui se passe au Liban actuellement est d’une extrême gravité. Il est facile d’imputer tout cela au club que nous connaissons déjà, celui du Hezbollah, de Amal, des Iraniens, des Israéliens des Syriens ,des Egyptiens, des Alaouites, des Baassistes, des Islamistes, des Salafistes, Hanafistes, Hanbalistes, Marionnettistes [Pardon, Pierre Bachelet] et autres TNTistes du genre…

Mais peut-on leur attribuer tous nos maux sans faire au moins la juste part des choses ? Blâmer les autres est chose facile. C’est l’autocritique qui est difficile.

Voyageons un peu dans le temps, en arrière.

Le Hezbollah est une milice fondée durant les années de guerre. Issu à la base des rangs de la milice de Amal, mais encore plus extrémiste, il avait dès ses débuts un programme spécifique a long terme : Bouter les Israéliens dehors, bien sûr, mais transformer aussi le Liban en république Islamique surtout. Le Sayed l’a clairement dit maintes fois, la plus claire de ses déclarations s’étant faite dans une interview avec le très regretté Gebrane Tueni. Le Hezbollah participa activement a la guerre du Liban, quoiqu’en dise le Général Aoun qui réécrit l’histoire a sa manière, en fonction de ses intérêts du moment. Le général s’équipe d’une grosse gomme et d’un crayon chaque fois qu’il s’attaque à une page de l’histoire du Liban, et même occasionnellement d’une pelle pour déterrer ces morts qu’il chérit tant. Si j’étais à sa place, je m’occuperai surtout à bien clouer mon armoire pleine de squelettes pour éviter qu’elle ne s’ouvre accidentellement et déverse son contenu puant.

Et l’Iran ? Faut-il être un génie pour comprendre son jeu ? L’expansionnisme Iranien, la volonté des iraniens de transformer le Liban en base avancée pour se battre contre les Israéliens. Tellement difficile à deviner ? Pourquoi les avons-nous laissés agir ainsi, impunément, et durant des années ?

Et la Syrie, qui n’a jamais changé de stratégie vis-à-vis du Liban depuis des décennies, à part la petite ambition temporaire d’état alaouite envisagée par feu Hafez Assad dans les années 70, rapidement mise de côté après la débâcle des frères musulmans, la destruction de la ville de Hama, et le contrôle de toute la Syrie. Tellement difficile de la comprendre et la contrecarrer ? Et c’est nous qui après se payons la tête des Homsiotes. C’est peut-être nous les Homsiotes, les dindons de la farce.

Entre temps les Israéliens trinquent à nous voir s’entre déchirer. Leurs soldats partent en permission chaque week-end et leur économie est en plein développement.

Pour en revenir au Hezbollah, et pour tout comprendre il faut bien regarder leur drapeau. Un petit AK 47 naïf, pas grave du tout. Le plus important est en fait écrit : « Al Moukawama Al Islamiya au Liban ». Il y a là-dedans « Islamiya » pour annoncer la connotation musulmane qui en même temps exclut les autres religions. Il y a aussi le « Fi Lubnan » ce qui veut dire littéralement au Liban, impliquant ainsi une filiale régionale d’une organisation encore plus grande. Cette idée de filiale est confirmée par le globe terrestre que l’on voit signifiant la globalisation. La petite plante dessinée, qui ressemble drôlement à du pavot, n’aurait pas de sens si la presse ne parlerait pas fréquemment des ressources financières secondaires du Hezb provenant de la drogue. Et bien sûr, aucune trace du Cedrus Libani, notre fierté nationale.
Donc les desseins du Hezbollah sont clairs. Mais il y a quand même une part de bien dans le Hezbollah, et beaucoup de bien dans le reste de la communauté chiite. Une minorité juste et pure qui voulait uniquement lutter contre l’occupation Israélienne, sans autres visées. Ou est partie cette minorité, pourquoi s’est-elle tue, on ne le sait pas. Sans doute fut-elle évincée par les autres courants influencés par l’Iran et son influence religieuse, ses plans expansionnistes et ses sous. Pourquoi personne n’a pris la peine d’aider ces gens qui, comme nous, veulent du bien au Liban, les mettre en valeur, les protéger, et les aider à s’exprimer ? Personne ne le sait.

Des années durant, nos politiciens, même pour vous souhaiter bon rétablissement pour une grippe trouvaient moyen de glisser un mot gentil en faveur de la Moukawama. Même pour parler de la Sécurité sociale, d’un vernissage ou tout autre sujet anodin, on devait mentionner la Moukawama. Chaque visiteur étranger avait droit à sa dose de Hezbollah servie avec le café. Chaque déclaration publique ou privée était matelassée de louanges pour le Hezbollah.

Pour être ce qu’il est aujourd’hui, le Hezbollah a eu besoin de temps et de ressources mais aussi de tranquillité. Cela ne s’est pas fait en 2 jours. Il a bâti son énorme infrastructure lentement et calmement sans se hâter, vu qu’il n’était inquiété de nulle part. Nos politiciens ont signé au Hezb un « blanc seing » pour le Sud du Liban et la région de Baalbek, de très longues années durant.

Pendant ce temps, on s’amusait à faire quoi, Dieu seul le sait. Est-ce maintenant que l’on s’est rappelé que le pays a besoin de stratégie défensive??? Hormis le fait que l’on en parle aujourd’hui dans un contexte politique, le pays a-t-il erré tout ce temps sans stratégie défensive? N’avons-nous pas laissé toutes ces années durant le Hezbollah prendre l’initiative tout seul ?

L’excuse de la présence Syrienne suffit-elle à justifier le bordel qu’a vécu le pays. La nature déteste le vide. Or le vide, c’est nous qui l’avons créé et tout ce joli monde s’y est engouffré.

Le Hezbollah se sent dans son droit, ce sont des doctrinaires après tout. On ne peut les blâmer de prôner leurs idées et leur vision des choses. Par contre on doit se défendre quand le prêche devient agressif comme c’est le cas actuellement, envahissante et coercitive. La médecine prêche la prophylaxie dans le concept qui dit «Mieux vaut Prévenir que Guérir». Or nous n’avons rien prévenu et la guérison est devenue difficile et aléatoire. Est-ce trop tard? Je ne pense pas, à condition de bouger.

On n’a fait que réagir: Même la séquence est éloquente: Le 8 mars précède chronologiquement le 14 mars! Les 14 marsiens n’ont fait que réagir à la manifestation du 8 mars! Qui agit mène la danse. Qui réagit suit le pas et le rythme. Quand prendrons-nous l’initiative??
« De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace » Danton.

Pour ce qui de l’actualité, Il y du compromis dans l’air dit-on concernant le TSL. En plus les gens s’en réjouissent! Pour certains, compromettre c’est participer au crime a posteriori. Pour d’autres c’est s’en tirer au moindre prix.
On peut faire des compromis sur la sentence, et non sur le crime! Les compromis font partie de l’histoire humiliante du Liban. Les accords du Caire en 69 étaient en fait un compromis. Les combats entre l’armée Libanaise et les palestiniens en 73 se terminèrent par un compromis. Nous avons eu en cadeau de retour la guerre de 75!

Jusqu'à quand? Comme mentionné précédemment, le TSL ne ramènera pas Rafic Hariri et ses compagnons à la vie, mais empêchera la mort d’autres.

En faisant des compromis nous sommes déjà coupables des crimes à venir au même titre que les criminels.
Jean-Marie Kassab

المصدر:
فريق موقع القوات اللبنانية

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