« Ghajar » est un village libanais (au moins dans sa partie nord), situé au Liban-Sud, occupé par Israël, et habité par des syriens alaouites qui ont cherché à obtenir la citoyenneté israélienne. En bref, c’est une situation compliquée exclusivement libanaise. Le Liban n’est-il pas le pays des merveilles et des farfelus ?
Israël s'était emparé de Ghajar, situé sur le plateau du Golan qu'il a conquis à la Syrie, lors de la guerre de 1967. En l'an 2000, une commission de l'ONU avait décidé que la partie nord du village serait intégrée au Liban.
La partie sud de la commune était contrôlée depuis quatre ans par l'armée israélienne, parce qu'Israël estimait que la localité constituait une menace pour sa sécurité. Il craignait que le Hezbollah prenne le contrôle de la région.
Divisé en deux, la partie nord en territoire libanais et la partie sud en territoire israélien, le village sera contrôlé par la force d'intervention de paix des Nations unies.
Même si elle a pris la nationalité israélienne, la population de Ghajar refuse de renoncer à leur nationalité syrienne. La situation inextricable du village de Ghajar illustre bien la complexité des enjeux dans la région.
Le Parlement israélien a donné son feu vert au retrait de ses troupes du village de Ghajar, situé à la frontière entre le Liban et Israël.
Les États-Unis ont salué cette décision du Parlement d'Israël. Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, l'avait annoncé le 8 novembre dernier au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
Le « Hezbollah » a estimé dimanche que l’annonce par Israël d’un retrait de la partie nord du village frontalier de Ghajar est "une ruse" et a accusé l’ONU de "complicité" avec l’Etat hébreu.
"L’ennemi israélien veut faire croire qu’il s’est totalement retiré du territoire libanais", a déclaré le député Mohammad Raad du Hezbollah, lors d’un discours. "C’est une manœuvre avec la complicité des Nations unies", a-t-il affirmé.
Le gouvernement israélien a approuvé le retrait de ses troupes de la partie nord du village divisé de Ghajar pour en remettre le contrôle à la Force intérimaire de l’ONU au Liban (Finul), et redéployer son armée au sud de la Ligne bleue.
Après le retrait israélien unilatéral du Liban sud en 2000, l’ONU a tracé une Ligne bleue fixant la frontière qui place la partie nord du village au Liban et la partie sud dans le Golan syrien occupé par Israël depuis 1967.
La FINUL a demandé à Israël de se retirer du nord de Ghajar en vertu de la résolution 1701 mettant fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006, durant laquelle l’armée israélienne a réoccupé la partie nord du village. Lorsque le retrait aura lieu, "il n’y aura plus de troupes ni de police ni de forces de sécurité israéliennes dans la partie nord du village puisque la Finul a déclaré la zone sous autorité libanaise en matière de sécurité", avait expliqué le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Yigal Palmor.
Mais selon M. Raad, il s’agit d’"une ruse préparée avec l’ONU et son secrétaire général" destinée à montrer qu’Israël applique les résolutions de l’ONU. "Le retrait israélien du secteur nord de Ghajar, le plaçant sous tutelle de l’ONU, interdisant le déploiement de l’armée libanaise et maintenant les affaires civiles aux mains de l’ennemi israélien qui occupe le secteur sud du village, n’est pas un retrait", a-t-il ajouté. Il a affirmé que le Hezbollah exigeait le retrait total d’Israël du Liban, incluant les Fermes de Chebaa, aux confins des frontières libanaise, syrienne et israélienne.
Pourquoi le Hezbollah s’est-il montré mécontent de cette initiative israélienne ?
Le Hezbollah a-t-il peur de l'application Israélienne de la résolution 1701, qui le met en confrontation avec la communauté internationale pour la mise en œuvre intégrale de cette résolution ?
La résolution onusienne prévoit en effet la démilitarisation du Sud-Liban par le Hezbollah, aussi bien au niveau de ses forces armées que de l’arsenal entreposé.
Juste pour le rappel et pour raviver les mémoires, la résolution 1701 du conseil de sécurité des Nations unies est une résolution adoptée le 11 août 2006 à l'unanimité des membres du conseil. Elle vise à stopper le conflit israélo-libanais de 2006. Le gouvernement libanais a approuvé la résolution le 12 août 2006 à l'unanimité. Le même jour, le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah a appelé ses miliciens à respecter le cessez-le-feu. Le 13 août 2006, le gouvernement israélien a approuvé la résolution avec 24 voix contre 0 et une abstention. Le cessez-le-feu était fixé au 14 août 2006 à 8 heures du matin, heure locale.
A travers la résolution 1701, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a décidé en outre que tous les Etats devront prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher, de la part de leurs ressortissants ou à partir de leurs territoires ou au moyen de navires de leur pavillon ou d'aéronefs de leur nationalité,
– a) La vente ou la fourniture à toute entité ou individu situé au Liban d'armes et de matériel connexe de tous types, y compris les armes et leurs munitions, les véhicules et le matériel militaires, le matériel paramilitaire et leurs pièces de rechange, que ce matériel provienne ou non de leur territoire, et
– b) La fourniture à toute entité ou individu situé au Liban de toute formation ou moyen technique lié à la fourniture, à la fabrication, à l'entretien ou à l'utilisation des matériels énumérés au paragraphe a) ci-dessus, étant entendu que ces interdictions ne s'appliqueront pas aux armes, au matériel connexe, aux activités de formation ou à l'assistance autorisés par le Gouvernement libanais ou par la Finul.
La résolution onusienne prévoit en effet la démilitarisation du Sud-Liban par le Hezbollah, aussi bien au niveau de ses forces armées que de l’arsenal entreposé.
A l’égard de l'initiative israélienne, on a remarqué une absence totale d’une position officielle libanaise claire et nette. Seul le Hezbollah a condamné la décision israélienne la qualifiant d' «une ruse préparée avec l'ONU et son secrétaire général, destinée à montrer qu’Israël applique les résolutions de l'ONU et s’est retiré de la totalité des territoires libanais », a expliqué M. Raad.
Avec la fin de la trêve virtuelle déclarée- la trêve d’Eid al-Adha et de l'indépendance – la crise libanaise est restée au point mort. La situation libanaise interne est au « chômage » en attendant une solution politique externe présumée syrienne-saoudienne.
Il semble que le gouvernement libanais est en constante vacance ou plutôt en « retraite » indéfinie. En ce temps, le président libanais, Michel Souleimane s’est rendu, lundi, à Qatar pour discuter avec les autorités qataries des moyens d’épargner au Liban, une division interne. De son côté, le Premier ministre, Saad Hariri se rendra, le samedi, 27 novembre, à Téhéran. Les réunions du conseil des ministres sont toujours suspendues dans l'attente de la publication de l’acte d’accusation et ses répercussions sur la scène libanaise.
Pendant ce temps, « Ghajar », ce village libanais qui fait partie des 10 452 km ² au moins dans sa fraction nord, se trouve coincer entre un « retrait » israélien et une « retraite » libanaise !