En attente de l’entente !

Les libanais s’attendent à des résultats positifs des efforts syro-saoudiens au sujet de l’acte d’accusation du Tribunal Spécial pour le Liban et souhaiteront la réussite des contacts entre les deux états pour calmer les tensions interlibanaises.

Tout est paralysé, tout est « réfrigéré », tout est « gelé » malgré le retard de l'hiver au Liban cette année ! Pourquoi ? Parce que deux libanais ne savent pas comment s’accorder sans une interférence externe.

Après le retour du rapprochement syro-saoudien, les Libanais ont construit leurs espoirs sur la possibilité que ces deux pays peuvent parvenir à une solution à la crise libanaise.

Même le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a indiqué que celui qui tient à la sécurité, à la stabilité et à l'unité territoriale du Liban, tient à la réussite de la démarche syro-saoudienne. "Nous soutenons la démarche syro-saoudienne et appelons les autres à l'appuyer parce qu'elle est la seule démarche sérieuse susceptible de sortir le Liban des risques qui le menacent", a affirmé Nasrallah dans sa dernière allocution prononcée lors de la cérémonie annuelle de la remise de diplômes universitaires.

De sa part, le député Walid Joumblatt a révélé que "certaines puissances étrangères veulent utiliser l'acte d'accusation du Tribunal international pour semer la zizanie dans le pays" insistant "qu'en contrepartie, grâce à la sagesse des amis à l'Arabie saoudite et en Syrie nous n'arriverons pas à la zizanie".

La fameuse entente « S-S » est devenue le refrain qui se répète par les politiciens libanais. C’est comme si nos responsables sont incapables de diriger le pays pendant les crises et les difficultés.

Il est évident que cette initiative s’est retardée en raison de maux de dos du Roi Saoudien Abdullah bin Abdul Aziz. Mais quelle est le contenu de cette initiative ? Y a-t-il des mesures à prendre ? Comment va-t-elle résoudre le problème de l’acte d’accusation ?

L’entente syro-saoudienne est-elle la garantie de l'absence de toute répercussion après la révélation de l'acte d'accusation?

C’est vrai qu’en 2009, l'entente syro-saoudienne a joué un rôle primordial dans la naissance du gouvernement libanais après plus de quatre mois de tractations.

Les libanais ont tous salué la visite commune du roi Saoudien Abdullah et du président Syrien Assad qui ont appelé toutes les parties libanaises à profiter de cette occasion pour mettre un terme aux polémiques stériles et reconstruire la confiance entre les leaderships politiques et, à travers eux, entre les diverses fractions du peuple. Mais depuis rien n’a changé, au contraire la crise s’est aggravée surtout à chaque fois que l’acte d’accusation est mentionné soit à travers des rumeurs, ou des medias comme « Der Spiegel », « Le Figaro », ou dernièrement la chaine « CBC ».

Est-ce que l’entente syro-saoudienne vise donc à tenir un discours proche des préoccupations du Hezbollah, mais tout en évitant soigneusement d'évoquer nommément l’acte d’accusation du TSL ? Est-ce la solution ? En fait, personne n’est entrain d’évoquer ce sujet que le bloc du 8 mars et surtout le Hezbollah qui, à chaque occasion, menace de couper les mains et décrit le tribunal de « politisé ». Le bloc 8 mars mène ainsi une attaque véhémente contre ce tribunal qui ne peut s'expliquer que comme un moyen d’auto-défense.

Le temps presse. Pas de solution en vue. La question qui se pose : L'Arabie saoudite et la Syrie se considèrent-ils toujours comme les garants de la stabilité du pays des cèdres ?

La scène politique libanaise vit au rythme d'une guerre des mots. Le camp de 14 mars reproche au Hezbollah de vouloir "faire tomber" le Tribunal spécial pour le Liban, tandis que le camp du 8 mars dénonce de son côté un tribunal "politisé" et "à la solde d'Israël" et accuse des proches du Premier ministre d'avoir favorisé de faux témoignages pour impliquer la Syrie dans l'assassinat de l’ex-premier ministre Rafic Hariri.
La médiation engagée par l'Arabie saoudite et la Syrie semblait, jusqu'à présent, avoir apaisé les esprits, même s'il n’est pas certain que ce calme dure jusqu'à ce que le TSL prononce sa mise en accusation, à une date encore non déterminée.

Est-il encore prématuré de savoir si l'entente syro-saoudienne pourra maintenir le calme après la mise en accusation ? L’équation S-S (syro-saoudienne) est-elle un gaspillage de temps avant la délivrance de l’acte d'accusation? Il faut noter que le dossier des relations syro-saoudiennes peut connaître un recul à tout moment, surtout qu’aucune institution politique ne l’aborde. Seules sont formulés des bonnes intentions et des espoirs.

Entre-temps, les Libanais sont toujours en attente. En attente de l’espoir, en attente de l’acte d’accusation, en attente d’une nouvelle attaque israélienne, en attente d’une guerre civile, …etc. Ca ne leur fera pas du mal s’ils attendent en plus une entente syro-saoudienne, peut-être qu’elle apportera une solution miraculeuse… !
Bernard Rizk

المصدر:
صدى البلد

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