Saluée par les États-Unis, l’UE, l’IRAN et le HEZBOLLAH: La « Révolution du jasmin » étouffe les régimes arabes !

La "Révolution du jasmin" tunisienne est le premier soulèvement populaire de ce genre qui parvient à renverser un chef d'Etat dans un pays arabe. Cela peut se révéler une source d'inspiration ailleurs dans la région. C’est la première révolution du 21ème siècle dans le monde !

Zine El Abdidine‎ Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, a quitté vendredi la Tunisie après des manifestations populaires sans précédent contre son régime qui ont été réprimées dans le sang. Il a été accueilli en Arabie saoudite où il est arrivé dans la nuit à Jeddah.

Drapeaux tunisiens en main, chantant l'hymne national avec fierté, les tunisiens ont célébré le départ de Zine El Abidine Ben Ali et rendu hommage aux personnes décédées lors de la "révolution du jasmin".

La chute du président tunisien Ben Ali sous la pression de la rue constitue un avertissement pour les régimes autoritaires qui dominent le monde arabe, face à des populations en proie à des problèmes souvent proches de ceux des Tunisiens. Les ingrédients que l'on trouve en Tunisie sont aussi présents ailleurs, du Maroc à l'Algérie, de l'Egypte à la Jordanie, qu'il s'agisse du chômage, de la répression policière ou des entraves à la démocratie.

L'exemple tunisien montre aussi que le changement peut aussi venir des sociétés arabes elles-mêmes. Il n'y a pas eu besoin d'une invasion comme en Irak. C'est une énorme leçon pour les régimes autocratiques. L'écho de cet événement sans précédent dans le monde arabe se fera entendre sans aucun doute dans plus d'un pays de la région.

La politique au Moyen-Orient déborde souvent facilement d'un pays à l'autre, en raison des frontières poreuses et de la culture partagée. En Algérie, voisine de la Tunisie, des émeutes meurtrières ont aussi eu lieu en janvier sur fond de hausse des prix de produits alimentaires de base. En Jordanie, des milliers de personnes ont manifesté vendredi dans plusieurs villes pour protester contre le chômage et l'inflation, mais aussi réclamer la chute du gouvernement.

Seul, le Qatar, a annoncé respecter le choix des Tunisiens après la fuite vers l'Arabie saoudite du président Zine El Abdidine Ben Ali, sous la pression de la rue après un mois de contestation populaire.

"Le Qatar respecte la volonté et le choix du peuple tunisien", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié vendredi soir par l'agence officielle « Qna ».

Tout en indiquant "suivre les événements en cours en Tunisie", le porte-parole affirme que "le Qatar s'engage à (maintenir) ses solides relations avec le peuple tunisien (…) et à les développer dans l'intérêt des deux pays frères".

S'agissant des réactions internationales, Paris s’est contenté de déclaré avoir pris "acte de la transition constitutionnelle" en Tunisie.

Le président Barack Obama a « salué » le "courage et la dignité" du peuple tunisien et appelé, tout comme Londres, à des élections "libres et justes" dans "un proche avenir", tandis que l'Union européenne se prononçait pour une solution démocratique "durable".

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a souhaité un "règlement démocratique" et "pacifique" de la crise.

Par la voix du porte-parole du ministère des affaires iranien, Ramin Mehmane Parast, la république islamique d’Iran a apporté son soutien au soulèvement du peuple tunisien, estimant toutefois que ce pays est entré dans une phase sensible.

« La république islamique d’Iran soutient les revendications du peuple tunisien, et insiste pour qu’elles soient réalisées, sans recours à la violence », a-t-il signalé.

Ayant réalisé à la fin des années soixante-dix du siècle dernier une révolution qui a abouti à la chute de l’un des régimes les plus despotiques, et connu par la suite les tentatives occidentales pour la faire avorter, la République islamique a surtout mis en garde contre les ingérences étrangères : « nous espérons que le terrain sera propice pour un retour au calme en Tunisie, en réalisant les revendications populaires et en résolvant les problèmes et les affaires en suspens de façon pacifique de par le dialogue, sans ingérence étrangère », a signifié le diplomate iranien.

Ces mêmes craintes ont été exprimées par le chef du parlement iranien Ali Larijani, qui a qualifié les positions des pays occidentaux du soulèvement tunisien de « risibles ».

« L’action du peuple tunisien pour obtenir ses droits est la preuve de son éveil », a-t-il signalé lors d’une séance parlementaire, mettant en garde toutefois contre « les états qui soutenaient le régime déchu et vont tenter de profiter de l’occasion pour s’imposer de nouveau, d’une autre façon ».

Selon Larijani, les évènements en Tunisie sont la preuve que le fait d'être à la solde des super puissances ne sert à rien, en appelant les états à en tirer les leçons convenables : « les super puissances ne tardent pas à renoncer aux régimes despotiques lorsqu’ils sont au bord de l’effondrement », a-t-il conclu.

Ayant été déchu par la révolution islamique dirigée par l’Imam Khomeiny, le Shah d’Iran, qui était pourtant l’un des pions des Occidentaux, à l’instar de Zein ElAbidine Ben Ali n’a trouvé où se réfugier après avoir quitté l'Iran. Seule l’Égypte (de Sadate) l'a accueilli où il ne tarda pas à mourir.

Au Liban, bouleversé par sa nouvelle crise politique, le Hezbollah a salué l’intifada du peuple tunisien, « source de fierté et de dignité », et invité les dirigeants arabes à tirer les leçons de ce qui s’est passé en Tunisie.

« On ne peut qu’avoir du respect et de l’estime pour cette volonté populaire qui a ébloui le monde par sa force, son unité, sa ténacité et sa vitesse d’action » assure-t-il dans un communiqué paru samedi.

Et d’ajouter « qu’il est du droit du peuple tunisien de choisir ses représentants et d’élire qui il veut pour diriger le pays ».

S’adressant aux dirigeants arabes, le Hezbollah les a appelés à en tirer les leçons, indiquant « que la première de ces leçons est le dénouement des relations entre les dirigeants et les puissances arrogants qui ne connaissent ni allié ni ami, et ne se préoccupent que de leur intérêts et ceux qui les servent », en allusion au refus des alliés occidentaux de Zein ElAbidine ben Ali de l'accueillir.

Il a relevé à cet égard des similitudes entre le sort de l’ex-dictateur tunisien et celui du Shah d’Iran, en 1979 : « lorsque le peuple iranien a chassé le shah, il n’a trouvé personne de ceux qu’il avait servi pour l’accueillir. C’est ce qui s’est passé avec la Tunisie et l’avion présidentiel n’a trouvé nulle part où atterrir parmi les états qu’il avait pourtant servi de longues années au détriment de son peuple».

« La seule vérité éternelle pour tous les temps est que c’est en comptant sur Dieu et sur sa propre volonté que le peuple peut réaliser des miracles, dont la victoire et la liberté, et non en comptant des puissances étrangères », conclut le communiqué du Hezbollah.

Enfin, oui, c’est une « révolution » ! Elle est en cours plutôt incertaine et elle n'a pas encore choisie son but. Elle a pris pour symbole le Jasmin fleur des femmes tunisiennes. On espère une autre issue pour le Jasmin que celle de « la révolution des femmes » d’Iran de 1979.

Oui, la révolution est en marche ! Mais il ne faudrait pas qu'elle dérape dans le chaos et surtout ne tombe pas dans la religion extrémiste ! Il lui faut la démocratie dans une république, et rien de plus !

Espérons que la « révolution du jasmin » va fleurir, démocratiquement, dans toute la région du Moyen-Orient et partout dans le monde !

المصدر:
صدى البلد

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