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Le 14 Mars restera sceptique sur l’« indépendance » de Mikati… jusqu’à preuve du contraire

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Éclairage

De sources bien informées au sein du 14 Mars, l'on juge que la situation est particulièrement délicate après la désignation de Nagib Mikati, dans la mesure où les événements des 17 et 24 janvier prouvent que le processus constitutionnel a été entaché de pressions exercées notamment sur les parlementaires. Selon cette source, la Syrie et le Hezbollah ont compris que le retour de Saad Hariri était assuré à la tête du nouveau gouvernement, c'est pourquoi d'intenses pressions ont été exercées sur le président de la République par ces deux parties pour qu'il reporte les consultations dans un premier temps. Ensuite, le Hezbollah s'est livré à une opération d'intimidation de la population par le biais de son déploiement dans les rues de la capitale. Le terrorisme psychologique s'est poursuivi avec la menace du parti de dissoudre les comités de suivi créés avec le Parti socialiste progressiste au lendemain des événements du 7 mai 2008 afin d'impressionner Walid Joumblatt et les cadres progressistes. De même, Damas a ajouté son grain de sel en refusant de donner un rendez-vous au leader druze avant qu'il ne prenne clairement position vis-à-vis des consultations parlementaires.

Tout cela prouve que Nagib Mikati est arrivé au pouvoir dans des conditions non démocratiques de contrainte, précisent ces sources. De plus, ajoutent-elles, il suffit de se livrer à un petit décompte des voix pour se rendre compte que le Premier ministre désigné a réussi uniquement grâce aux voix du 8 Mars. Il n'a, en effet, sur les 68 voix qu'il a réunies autour de sa candidature, que deux proprement à lui. Les autres appartiennent toutes aux partisans et alliés du Hezbollah. Tandis que si les consultations avaient eu lieu la semaine dernière sans report, Saad Hariri aurait, lui, pu compter sur une majorité solide de 71 voix bien à lui. Cela pour montrer qu'il ne sert à rien pour l'instant de négocier avec Mikati, qui n'est pas maître de sa décision, laquelle est entre les mains de Damas et du Hezb.

Ces sources rappellent que Rafic Hariri, en dépit de tout le soutien international et régional dont il disposait du temps où il était Premier ministre sous la mainmise syrienne, ne pouvait pas passer outre aux desiderata de Damas. Qu'en sera-t-il, dans ce cas, de Mikati ? Les sources du 14 Mars estiment ainsi que Damas et le parti de Dieu tenteront de faire usage du calme et du sens de l'équilibre et de la modération du Premier ministre désigné comme d'une sorte de paravent durant une période allant jusqu'à trois mois pour embellir leur image, avant de se livrer à une attaque tous azimuts pour terrasser la communauté sunnite, le Courant du futur et le 14 Mars. Le 14 Mars en veut pour preuve, déjà, la visite suspecte faite par le député Mohammad Safadi au chef du CPL, Michel Aoun, sous le couvert d'un « événement social ».

Qu'à cela ne tienne, notent ces sources, le 14 Mars n'est pas contre la personne de Nagib Mikati, mais contre Damas et ses projets, et contre le Hezbollah et ses projets, dans la mesure où le 14 Mars est convaincu que Mikati ne pourra pas aller à l'encontre des désirs de Damas et du Hezbollah. Le 14 Mars fonde sa position sur l'expérience qui a prévalu avec le régime syrien durant ces 30 dernières années, période durant laquelle Damas n'a pas changé d'un iota sa logique relationnelle vis-a-vis du Liban, que ce soit sous Élias Hraoui et Émile Lahoud, ou encore dans ses rapports avec Rafic Hariri.

Mais le 14 Mars est quand même prêt à changer d'avis et de positionnement par rapport à Mikati si ce dernier fait réellement preuve d'indépendance, dans les semaines à venir, vis-à-vis de Damas et du Hezb, principalement sur deux dossiers : le Tribunal spécial pour le Liban dans toutes ses ramifications, et la question du monopole de la violence légitime et des armes miliciennes.

المصدر:
l"orient le jour

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