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Le Prince

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Quand il écrivit son « Prince » Niccolò Machiavelli n’avait sans doute pas anticipé le succès de son livre auprès des dictateurs de ce monde. Bien que « Le Prince » fut rédigé depuis quelques cinq siècles, il trône toujours fièrement sur les tables de chevet des grands despotes, hommes d’affaires magouilleurs, et autres arrivistes sans scrupule du genre. Mais en fait le livre est moins connu que le personnage: Machiavel a offert son nom à l’adjectif Machiavélisme, devenu synonyme de ruse, de fourberie et de sournoiserie.

Mais si Machiavel avait su que son livre serait l’inspirateur du Prince du Palais des Mouhajerine, du Viceroy de Ain El Tiné, ou du Chah de Dahiéh, Niccolò et son éditeur auraient souri dans leurs tombes respectives. Mais avec ce nouveau genre de lectorat, Niccolo aurait bien pu changer le titre de son livre. « Le Gueux » aurait été mieux approprié à ces messieurs.

Le Machiavélisme a pris son essor chez nous ces quelques derniers jours: Quatre mois de tergiversations inutiles résolues en quelques minutes. Damas dît et Beyrouth fît. Quand Damas et son amie Téhéran avaient besoin du vide et du chaos qu’il entraîne, vide il y eut. Quand Damas et consorts eurent urgemment besoin de combler ce vide le vide fut comblé en un tour de main. Tour de pied dirais-je plutôt puisqu’ils piétinèrent l’unité et la fierté nationale d’un même geste.

Mais pourquoi cette ardeur et cette célérité?

Il faut dire que Bashar Assad dort peu la nuit cet an-ci: entre les messages qui proviennent de son état-major très nerveux qui malgré les succès de ses blindés voit ses rangs s’éclaircir, la tension soutenue et les rues remplies de manifestants inlassables et indélogeables. Ajouter à cela les coups de fil de son banquier qui ne sait plus ou cacher les sous de son client menacé de gel d’avoirs. Les nouvelles à la télé n’étant pas meilleures: Le Sultan de Turquie, l’ex-ami Erdogan, contribue largement à son insomnie. Erdogan qui rêve de réécrire le fameux livre d’Alain Peyrefitte « Quand la Chine se réveillera, le monde tremblera » en turc mais alors titré: « Quand la Turquie se réveillera, le Moyen-Orient tremblera ». Dans des circonstances pareilles le sommeil n’arrive pas facilement!

Assad voit très bien que dès qu’il colmate un trou dans son bateau, d’autres trous s’ouvrent mais encore plus béants. Le bateau coulera, cela est indéniable. Les pressions internationales s’intensifient. Le coup de pouce Turque enfoncera certainement un clou de plus dans le cercueil de la junte Damascène. Mais Il faut dire aussi qu’Assad n’escomptait pas autant de courage de son peuple. Un courage en fait que lui, et son père avant lui ont contribué grandement à alimenter à force d’oppression et de massacres des années durant.

Le coup de grâce vint peut-être des reportages tournés sur la capture de Mladic, le vampire des Balkans, appréhendé tout dernièrement pour génocide après tant d’années et généreusement montré sur tous les canaux. Une preuve évidente que la justice a le bras long et patient, et qui ramena Assad à sa réalité: Un dictateur déchu en puissance.

Assad ne le sait que très bien: Tant qu’il est président, il demeure invulnérable, barricadé qu’il est dans son palace et entouré de ses divisions blindées. Mais une fois tombé et arraché à son trône, il deviendra d’une vulnérabilité extrême et sent déjà les menottes serrer ses poignets comme elles serrent celles de Mladic, Milosevic et autres pachas du genre. Or le verdict du Tribunal International arrive à galop, et les pronostics s’annoncent révélateurs jusque là. D’où sa décision ad hoc de monter un gouvernement qui lui détruirait le Tribunal International et lui donnerait peut-être du souffle ou quelques jours de survie supplémentaire. Il faut ajouter que sous cet angle précis les intérêts de Téhéran et ses représentants locaux coïncident exactement avec ceux de la capitale Syrienne.

Le leadership du Hezbollah dort encore moins! Ils suivent nuit et jour les événements de Syrie très attentivement. D’où leur action en amont et en aval. En amont, on participe activement en envoyant des « snipers » faire le coup de feu sur les manifestants Syriens. En aval on forme un gouvernement duochrome, Orange et Jaune, qui minerait le pays de l’intérieur et leur fournirait le contrôle de l’état pour une très longue période en accaparant les nominations officielles gelées jusque là, entre autre. Double objectif réalisé: On remet une police d’assurance à Assad assurant ainsi l’oxygène nécessaire qu’offre le territoire Syrien et éviter l’asphyxie certaine tout en bouffant le pays morceau par morceau. D’une pierre deux coups. Mais pour le faire tranquillement et sans être inquiété, on joue aux démocrates en prenant des airs de dandy! Insulter impunément l’intelligence des gens est devenu leur sport favori.

La aussi, le machiavélisme prévaut et guide le pas de ces messieurs. On se fait tout petit avec deux ministres. On sous traite le volet politique avec le Viceroy Berry qui se charge de transformer le Liban en vassal officiel de la Syrie et de l’Iran. On joue sur les sentiments du président et de quelques technocrates ou arrivistes avides d’ajouter un titre officiel à leur Curriculum Vitae et les jeux sont faits. On fait un semblant de république. On affiche un masque souriant et une bonhomie affectueuse. On bave devant les micros. On leurre les naïfs et on diabolise l’opposition, à longueur de journée. Et pendant ce temps on démantèle la république tout doucement sans faire de bruit. Evidement et comme toujours, le Général se porta volontaire d’être le cheval de Troie en perfectionnant son rôle de vendu attitré: il développa son équipe en clonant les clowns déjà existants.

Cela dit, Bashar Assad tient énormément de son père sauf la capacité de prévision. Or la capacité de prévoir est la qualité essentielle d’un chef. S’il s’avère que c’était lui, avec ses copains bien sur, qui ait commandité l’assassinat de feu Rafic Hariri, il a loupé son coche: il pensait qu’il s’en tirerait et n’escomptait pas la réaction du peuple Libanais ou même la réaction mondiale a ce meurtre.

L’équation qui lie les jours de ce mandat ministériel aux jours du règne d’Assad est établie et sans conteste. Une fatalité dirait-on qui pèse sur Mr Mikati: son premier mandat de 2005 a durée deux mois. La durée de celui-ci ne devrait pas trop dépassé le précédant.

L’alliance effectuée par le gouvernement actuel avec les deux états « voyous » que sont la Syrie et l’Iran aux yeux de la communauté nous met sur le même banc! « Dis moi qui tu fréquentes, je te dis qui tu es »! N’est ce pas ce que dit le proverbe populaire? En somme nous devenons peu à peu un Pays Voyou!

Est-ce le genre de pays ou vous aimeriez vivre et élever vos enfants?

Si non, Il faut alors se décider au plus vite avant que le mal ne s’accroche à votre patrie et ne s’en aille plus. Si c’est non, alors apprêtez-vous à bouger!

Si nous avons raté la prévention, au moins que la cure soit rapide et efficace avant qu’il ne soit trop tard. Si vous ne voulez pas vous inspirer du courage de vos voisins et prendre la rue, au moins achetez vous quelques copies du « Prince » et distribuez les à nos leaders, ca pourrait toujours aider.

Et pourquoi ne pas prendre la rue tout compte fait?

المصدر:
صحف

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