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Al-Qaïda affaiblie par le Printemps Arabe …

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Déstabilisée par les méthodes pacifiques des révolutions arabes, puis par la mort de Ben Laden, le 2 mai, Al-Qaïda serait donc sur le déclin ? Le Printemps Arabe est un tournant historique, mais est-ce le commencement de la fin pour l'organisation terroriste???

Le commandement général d'Al-Qaïda a désigné cheikh Ayman al-Zawahiri, son numéro deux, pour succéder à Oussama ben Laden. Le réseau extrémiste s'est engagé à poursuivre le jihad contre les Etats-Unis et Israël. Ayman al-Zawahiri, médecin originaire d'Egypte, est aujourd'hui l'homme le plus recherché du monde. Sa tête est mise à prix 25 millions de dollars par le département d'Etat américain.

Al-Qaïda est un symbole du djihad radical, mais dans le contexte des révolutions populaires dans les pays arabes, il s’agit d’un symbole vieillissant. Et son leader actuel est également un visage vieillissant de cette organisation. Ce qui n’est pas mauvais signe pour ceux qui luttent contre le groupe. Le temps d’Al-Qaïda est compté, et ainsi il sera plus facile de la détruire, bien que cela ne signifie pas que d’autres ennemis n’apparaîtront pas par la suite.

Oussama Ben Laden, qui dirigeait ses subordonnées par de rares lettres depuis une petite ville au Pakistan, ne pouvait plus dans la pratique être un guide de la terreur depuis plusieurs années. Pendant qu’il se cachait avec ses associés des agents secrets, les tsunamis de la révolution naissaient au Moyen-Orient.
L’immolation par le feu du jeune commerçant tunisien, qui a été le point de départ de tous ces événements, n’a pas suivi les enseignements d’Al-Qaïda: au lieu de se faire exploser dans la foule, l’homme s’est immolé en signe de protestation, lorsqu’il a perdu son travail et a été humilié par les autorités. L’impact s’est avéré bien plus important.

Cependant, al-Zawahiri‎ trouve parfois le temps de se pencher sérieusement sur l’avenir de ses compatriotes et coreligionnaires. L’un de ses buts consiste à enfourcher la vague des révolutions pour conserver les restes de sa popularité d’antan.

Dans un discours publié sur internet, le chef de l’organisation a déclaré: "Ce ne sont pas des individus distincts, mais des peuples révoltés qui se dressent contre les Etats-Unis." De plus, en tant que propagandiste professionnel, Ayman al-Zawahiri, appelait à la poursuite au Moyen-Orient des "révolutions contre les régimes despotiques obsolètes, imposés par l’Occident." Il parlait de l’Egypte, de la Tunisie, du Yémen, de la Syrie et du Maroc. Il a également déclaré qu’il ne fallait pas "céder un seul centimètre carré de terre palestinienne à Israël, ce suppôt des Américains."

A une époque Al-Qaïda avait surpris tout le monde lorsque ses dirigeants, se trouvant dans les montagnes afghanes, se sont fixé des objectifs globaux et ont tenté de les mettre en œuvre grâce aux attentats à une échelle internationale. Mais la revendication actuelle du rôle de coordinateur des manifestations arabes ressemble à la tentative d’un terroriste vieillissant, qui garde toujours son fusil d’assaut entre les mains, de rattraper un jeune révolutionnaire dont l'arme est un slogan antigouvernemental et un bouquet de jasmin.

Les révolutions dans l’Orient arabe se font sans Al-Qaïda, qui n’a même pas réussi à faire preuve de suffisamment de créativité pour proposer aux partisans un chef plus original et plus intéressant qu’Ayman al-Zawahiri. Cette organisation cesse enfin de surprendre.

Les révolutions arabes ont, néanmoins, pu attirer une couverture médiatique mondiale sur les manifestations pacifiques et, plus important encore, elles ont pu changer l'image négative des Arabes et des musulmans aux yeux de l'Occident qui découle essentiellement des actes de violence perpétrés par Al-Qaïda ces dernières années. Les révolutions offrent au contraire l'image d'une jeunesse organisée, éduquée, très efficace qui est engagée dans une action non violente destinée à entraîner un changement positif.

Al-Qaïda prétend aussi parler au nom des Arabes et des musulmans opprimés. Pourtant, les révolutions arabes montrent que les objectifs d'Al-Qaïda diffèrent des aspirations du plus grand nombre dans le monde arabe. Les revendications des jeunes révolutionnaires portent sur la liberté, la dignité et la démocratie. Contrairement à Al-Qaïda, ils ne réclament ni un Etat islamique, ni l'interprétation conservatrice de la loi islamique pas plus qu'une guerre contre l'Occident.

Lors des protestations en Egypte par exemple, tous les groupes sociaux et tous les segments de la population, toutes tendances politiques et religieuses confondues, se sont rassemblés. Des laïcs ont rejoint des jeunes appartenant à l'organisation des Frères musulmans sur la place Tahrir et des jeunes femmes en jeans ont fait du coude-à-coude avec d'autres portants le hijab. Des chrétiens, des gauchistes et des traditionalistes se trouvaient parmi eux.

Al-Qaïda pense que le monde est divisé en deux: d'un côté, le bien – comprenant Al-Qaïda et des groupes de même nature – de l'autre, le mal – qui comprend tous ceux, musulmans ou non-musulmans, qui ne partagent pas le point de vue des premiers. Cette dichotomie se retrouve dans la rhétorique de l'ancien président des Etats-Unis, George W. Bush, qui séparait aussi le monde en deux: ceux qui sont ''avec nous'' et ceux qui sont ''contre nous''.

Les révolutions arabes ont, bien au contraire, montré que le monde ne doit pas être divisé en deux. Les médias occidentaux prennent parfois littéralement position pour les manifestants arabes et musulmans. Quant au public, à l'élite dans le monde arabe et aux dirigeants politiques occidentaux, ils ont exprimé leur soutien à ces révolutions. Les principaux arguments sur lesquels Al-Qaïda s'est fondé tout au long de ces années sont amoindris. Il se peut que ce soit le début de la fin pour cette organisation.

L’expression « printemps arabe » est une image : elle sert à qualifier les révolutions qui ont lieu actuellement dans le monde arabe. C’est justement parce que ces révolutions ont pour but un «réveil », qu’on les compare au printemps. Les manifestants tunisiens, égyptiens, libyens, syriens et yéménites souhaitent un changement, un renouveau. Oui, Le Printemps arabe a porté un coup à Al-Qaïda… un coup sévère qui ne la redonnera pas son ancienne puissance !

المصدر:
صدى البلد

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