Le 14 Mars remporte une victoire retentissante à la NDU de Louaïzé

Par Béchara MAROUN: Pour les partisans du 14 Mars, quand Saint-Joseph perd la tête, Notre-Dame garde son sang-froid. C’est en effet à la NDU de Louaïzé (dans le Kesrouan) que le Debate Club associé aux Forces libanaises et ses alliés (Kataëb et Parti national libéral) ont marqué hier une victoire retentissante, remportant 37 des 38 places à pourvoir au conseil des étudiants, en face du Social Club rallié au Courant patriotique libre (CPL), avec une différence de plus de 250 voix, et cela pour la 4e année consécutive. La pluie d’hier n’a pas empêché les étudiants de participer en grand nombre, dans une atmosphère plutôt calme, au jeu démocratique où les clubs académiques camouflent les appartenances politiques.

Il faut dire que les partisans du 8 Mars ne croyaient pas vraiment à la victoire. « On espère faire une différence, affirme Lynn Karam, candidate du Social Club. Nous essayons de réduire l’écart immense enregistré l’année dernière entre les deux clubs, et c’est très difficile. Mais nous avons travaillé bien mieux cette année. » D’autre part, les partisans du 14 Mars semblaient plutôt confiants. « Nous visons à remporter la totalité du conseil des étudiants, assure Libana Geagea, candidate du Debate Club. C’est dans cette optique que nous nous présentons aux élections chaque année. »
Un peu avant l’annonce des résultats, le vice-président de la NDU pour les affaires culturelles et les relations publiques, Souheil Matar, a souligné que « l’université a été pionnière dans la conduite d’élections irréprochables », soutenant que « la politique ne peut effacer les liens d’amitié et la culture de nos étudiants ».

Les couloirs de la NDU hier étaient aussi le siège de discussions politiques diverses. « Je refuse que mon université soit contrôlée par le Hezbollah, dit Mélissa. Je vote par conséquent pour le 14 Mars, et mon vote est purement politique. » Quant à Joe, il espère enfin un changement à la NDU, pour la simple raison qu’il « n’aime pas le chef des Forces libanaises, Samir Geagea ». Un espoir qui tombe à l’eau aujourd’hui, la NDU méritant une fois de plus le surnom de « forteresse des Forces libanaises ».

Cette victoire en quartier chrétien et en plein cœur du Kesrouan se dote d’une valeur symbolique pour le 14 Mars dont les partisans se sont rassemblés hier soir devant la NDU pour célébrer la victoire. Les festivités ont rapidement dégénéré en problèmes à la suite d’un différend entre une unité de l’armée libanaise et les étudiants festifs, à propos de l’usage de feux d’artifice. L’armée a arrêté, non sans violence, plusieurs étudiants Kataëb, ce qui a suscité la colère de leurs compagnons qui ont bloqué la route de Zouk Mosbeh en réclamant la libération immédiate de leurs camarades.

Le président Amine Gemayel s’est empressé de contacter de hautes instances ministérielles pour remédier au problème, pendant que le directeur du bureau des étudiants au sein des Kataëb, Patrick Richa, dénonçait les atteintes des forces de l’armée à ses compagnons, se demandant si « les perdants pensaient vraiment gagner par la force ». Patrick Richa a affirmé hier soir que le comportement de l’armée « ramenait les étudiants au temps révolu de la tutelle syrienne, lorsque les forces de sécurité les traitaient de manière similaire ».

En réponse à l’incident, les députés Samy Gemayel et Élie Marouni ont eu leur mot à dire. Samy Gemayel a souligné, de Paris, qu’« il est honteux que les gens soient autorisés à porter des armes et à installer des réseaux de télécommunications, et que dans le même temps des étudiants soient arrêtés pour avoir fait usage de feux d’artifice ». Le député Élie Marouni a déclaré de son côté : « La scène nous rappelle les incidents du 7 août. La violence envers nos jeunes et nos étudiants augmente, à une époque où le monde arabe met le cap sur plus de libertés. »

Les détenus ont été libérés un peu plus tard dans la soirée, et un convoi estudiantin s’est dirigé vers Meerab pour célébrer la victoire.

المصدر:
l"orient le jour

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