Victoire à l’arraché du 14 Mars aux élections des amicales de la LAU

Les campus de Jbeil et de Beyrouth de la LAU ont voté en faveur du 14 Mars, qui a récolté au total 16 sièges sur 30. À Hamra, le 8 Mars tente de récupérer un indépendant.

Les élections estudiantines, entamées hier avec l’Université libanaise américaine (LAU), ont abouti à une égalité entre 8 et 14 Mars au campus de Beyrouth, et à une victoire (attendue) des Forces libanaises à Jbeil. Les deux campus prévoient quinze sièges de délégués (trois par faculté ou département), élus selon le mode « one student, one vote », instaurés par l’administration de la LAU l’année dernière. Chaque étudiant vote pour un seul candidat, sachant que chacune des cinq facultés compte trois sièges. Un corollaire de ce principe est l’absence de listes électorales, ce qui conduit chaque camp à présenter au maximum deux candidats par faculté afin d’optimiser les chances de victoire en évitant d’éparpiller les voix qui lui reviennent.

Tentative de récupérer l’indépendant


À Beyrouth d’abord, le 14 Mars a remporté sept sièges (contre six l’année précédente, et un seul l’année d’avant), égalisant ainsi avec le 8 Mars (qui avait neuf sièges l’année précédente et 14 celle d’avant). Le siège restant est allé cette année à un indépendant, que le 8 Mars a tenté de récupérer. Le site du Courant patriotique libre (Tayyar.org) a déclaré en effet hier « la victoire du CPL et de ses alliés à Beyrouth, avec huit sièges contre sept pour le 14 Mars », incluant ainsi les indépendants avec le 8 Mars, pour justifier une soi-disant victoire de ce dernier. Le responsable du CPL à Beyrouth, Élias Khalifé, a ainsi précisé à L’Orient-Le Jour que l’indépendant en question, Hassan Harb (3e année, faculté des sciences humaines), est soutenu par le Hezbollah. « Il est indépendant mais appuie l’axe de la résistance, comme son nom l’indique d’ailleurs. » Cette information est fermement démentie par l’indépendant en question. Contacté par L’OLJ, Hassan Harb déclare fermement n’être « ni avec le 8 ni avec le 14 Mars. Je certifie que je ne suis ni avec le Hezbollah ni avec tout autre parti ».
Les deux camps auraient tenté de le rallier à leurs rangs, au début de la campagne électorale, mais il leur a « clairement exprimé son refus ». Cette année en effet, les contours d’un courant indépendant uni ont été définis, grâce à la campagne menée par quatre candidats indépendants (dont Hassan Harb), avec pour seul outil de communication une page Facebook : « To take back the LAU council » (afin de reprendre l’amicale de la LAU). « Nous voulons éloigner le campus des différends politiques et rendre au domaine estudiantin sa mission initiale : l’examen des doléances des étudiants. » Cette vocation a rejailli d’ailleurs dans « le budget restreint consacré à la campagne, pour laquelle chacun des indépendants a apporté une petite contribution ». Pour répondre enfin à ceux qui ne croient pas en l’authenticité des indépendants : « Qu’ils essaient de trouver un indice dans notre comportement qui pourrait trahir quelque appartenance politique dissimulée ! »

Le PSP


Autre élément intéressant à examiner au niveau des résultats obtenus à Beyrouth : le Parti socialiste progressiste, qui s’est allié ouvertement à la campagne du 8 Mars cette année (cette alliance était tacite l’année dernière), n’a récupéré aucun siège. En effet, des sept sièges remportés par le 8 Mars, deux reviennent au CPL et les six autres sont répartis, à raison d’un siège chacun, entre le mouvement Amal, le Hezbollah, le Parti syrien national social et le Parti démocrate (relevant de l’ancien député Talal Arslane). Il faut savoir que le PSP a une base plus importante que celle du Parti démocrate au campus de Beyrouth, mais il semblerait que le principe « one student, one vote » ait conduit à la défaite des deux candidats du PSP. L’un d’eux aurait été retiré en milieu de journée, reportant les voix qui allaient lui revenir en faveur du mouvement Amal et du Hezbollah. Il faut noter enfin que les sept élus du 14 Mars appartiennent tous au courant du Futur. D’ailleurs, des dix candidats du 14 Mars, seul un seul relève des Forces libanaises, les autres étant tous affiliés au Futur.

À Jbeil, « litige résolu »…


Alors que le Parti national libéral n’était représenté par aucun candidat, Élie Abdel Nour, responsable des universités au sein du PNL, a insisté sur « notre volonté de mener campagne, sur le campus de Beyrouth, sous l’égide du 14 Mars ». Mais cette entente au sein du 14 Mars a été quelque peu troublée à Jbeil. « Les FL (dont le campus de Jbeil constitue le bastion) ont réclamé les deux sièges que le 14 Mars est sûr de remporter, chose que nous n’avons pu concéder », explique-t-il à L’OLJ, justifiant ainsi la présence d’un candidat du PNL en face du candidat des FL. Le premier a essuyé « une défaite honorable, remportant à lui seul 40 voix, contre 80 pour le candidat fort des FL », selon le PNL. « C’est le jeu démocratique », conclut Élie Abdel Nour, assurant, à l’instar des représentants des FL, que le différend est désormais du passé, d’autant que le 14 Mars a enregistré une importante victoire à Jbeil, récoltant neuf voix contre six pour le 8 Mars.
Enfin, le terrain n’a été marqué par aucun heurt important. L’association libanaise pour la démocratie des élections, qui avait envoyé ses observateurs sur place, a fait état d’un « scrutin calme, sans problèmes sécuritaires ». La journée électorale a été marquée, surtout à Hamra, par une démotivation des électeurs, renforcée par une pluie torrentielle. À l’entrée de l’université, les étudiants se précipitent, parapluie à la main, non pas en direction des urnes, mais vers leurs cours respectifs. « Je ne voterai pas. Le seul cas où je donnerai ma voix, ce sera pour mes amis », déclare un étudiant. Sa déclaration rejoint celle d’un autre étudiant, qui attend patiemment le taxi devant l’université. « Je viens de sortir de mon cours, je ne sais même pas qui est candidat », affirme-t-il. Ce désintérêt, sondé auprès d’une dizaine d’étudiants, s’est confirmé dans les urnes, où le taux de vote a baissé par rapport à l’année précédente d’environ 15 % selon les FL et 25 % selon le CPL. Ce manque d’implication est entretenu également par le nouveau règlement « one student, one vote ». Le règlement prévoit en outre des limites au marketing électoral : interdiction de publier les noms et les images de candidats ; de revêtir des couleurs ou des signes de différenciation entre le 14 et le 8 Mars le jour des élections ; de distribuer un programme électoral avec un volet politique. D’ailleurs, même la presse était interdite d’accès au campus de Beyrouth hier.

المصدر:
l"orient le jour

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