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Les trois singes et le retour de bâton

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L’État islamique, alias Daech, serait-il un fléau envoyé (par je ne sais qui ou quoi) en guise de châtiment pour la non-assistance planétaire à populations en danger, notamment la population syrienne ? Ce phénomène n’est pas sans rappeler le récit biblique des dix « Plaies d’Egypte » et pourrait symboliquement tenir lieu de « onzième Plaie ». En effet, voilà que ce Monde, occupé par ses intérêts et ses loisirs, muré dans son indifférence et sa connivence, longtemps sourd à la tourmente et aux cris de détresse d’un peuple abandonné à son funeste sort durant plus de quatre ans, se retrouve rattrapé par la violence qu’il feignait de ne pas voir dans un pays martyrisé qu’est la Syrie, ou que fut la Syrie, violence pour laquelle il a adopté l’attitude des « trois singes », violence dont il se fichait et se fiche toujours, violence qui n’a pas interpellé sa conscience humaine, ni ses prétendues valeurs humanistes… Voilà que les dirigeants de ce Monde en flammes voient aujourd’hui le Monstre qu’ils ont contribué à créer, sciemment ou non, se retourner contre eux après avoir fondé et consolidé son royaume maléfique, à cheval entre la Syrie et l’Irak ; voilà que la Goule, née d’un impitoyable et interminable laisser-faire et laisser-aller onusiens, étasuniens, européens en terre syrienne… atteint leurs rivages pour se mettre à dévorer leurs propres enfants.

Faut-il rappeler que c’est en raison du blocage systématique et répété par un certain dirigeant « permanent » de toute résolution en Conseil de Sécurité, destinée à mettre un terme à l’effusion de sang en Syrie, au moment où Daech n’existait pas ou était au stade embryonnaire, que nous en sommes arrivés là ? À devoir le combattre aux quatre coins du monde après l’avoir laissé croître et s’installer dans ce coin « perdu », abandonné du monde ? Ce dirigeant qui se pose aujourd’hui en sauveur ou justicier s’en souvient-il ? Éprouve-t-il quelque remords, ou du moins quelque embarras ? Quelque responsabilité, du moins indirecte, pour les attentats de Paris ? Ces autres dirigeants qui sollicitent éperdument son secours s’en rendent-ils compte ? Lui adressent-ils quelque reproche ?

Rendez-vous à l’évidence, messieurs-dames de la sphère politique mondiale : c’est votre couardise, votre hypocrisie, vos intrigues politiciennes et géostratégiques, votre mièvrerie envers l’incubateur de Daech, à savoir le régime syrien, qui ont vu cet « État », encore inexistant ou embryonnaire il y a peu, se développer, s’instaurer et exporter sa Terreur vers vos terres hédonistes, où l’on se goberge pendant que là-bas on égorge, dans l’insouciance et le détachement des signataires de la « Déclaration universelle des droits de l’Homme »… mais assurément pas l’homme, la femme et l’enfant syriens, que vous avez laissés – pendant plus de quatre ans et jusqu’à ce jour – se déchiqueter sous les barils d’explosifs et s’ensevelir sous les décombres de leurs maisons aplaties par les obus et les missiles ; que vous avez laissé écumer et étouffer par le gaz sarin ; que vous avez laissé hurler et mourir sous la torture ; que vous avez laissé fuir, par millions, leurs demeures, leurs terroirs, leurs régions, leur pays pour camper, transis et humiliés, dans les pays voisins ou frapper à vos portes en quête d’asile, après avoir laissé derrière eux des épaves humaines, des amis et des proches engloutis par des flots moins amers que leurs sentiments.

Et dans votre position des trois singes, bien figée, olympienne, vous privilégiez en ce moment le singe qui se bande les yeux pour ne pas voir la cause première de ce Mal, la racine baassiste qui l’a fait fleurir, et vous vous employez, en vain, à vouloir écimer la plante vénéneuse, au lieu d’extraire sa racine, sans vous rendre compte que l’écimage ne fait que faire fructifier ladite plante.

Avant que le « retour de bâton » ne vienne assommer vos trois singes, allez arracher ce bâton de celui qui le manie de première main : de Bachar el-Assad.

المصدر:
فريق موقع القوات اللبنانية

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