Efforts en vue d’une « troisième version » de la formule composite

Au lendemain des propos tenus par le président de la République en Conseil des ministres, dans lesquels il a souligné qu’entre la prorogation de la législature et le vide, il choisirait le vide, on estimait hier dans les milieux politiques que par ces mots, Michel Aoun a voulu montrer sa détermination à aller jusqu’au bout au sujet de la réforme du système électoral.

Pour nombre d’observateurs, les propos du chef de l’État ne visaient pas à menacer la classe politique, mais à inciter les protagonistes à aller de l’avant dans l’adoption d’une nouvelle loi électorale.

Parallèlement, les réunions se poursuivent entre les différents partis politiques afin d’arriver à une « entente élargie » autour de ce thème. C’est dans ce cadre qu’il convient de placer la réunion FL-CPL tenue mercredi dernier à Meerab.

De sources du parti de Samir Geagea, où l’on affiche un optimisme au sujet d’un accord sur le mode de scrutin composite, on apprend que la réunion de mercredi (tenue en présence de M. Geagea, du député Ibrahim Kanaan, du chef du CPL, Gebran Bassil, et du ministre de l’Information, Melhem Riachi) a débouché sur l’adoption d’une feuille de route claire en vue d’adopter une nouvelle législation électorale.

Les participants à la réunion ont passé en revue les diverses propositions de lois. Ils en ont déduit que la formule composite est celle qui suscite le moins d’opposition dans les milieux politiques, ajoutent les proches de Samir Geagea avant de faire savoir que des efforts sont actuellement menés pour parvenir à mettre en place une troisième version de la formule composite.

Celle-ci serait le résultat du mélange des deux formules présentées par le président de la Chambre, Nabih Berry, d’une part, et par les FL, le courant du Futur, le Parti socialiste progressiste et les indépendants, d’autre part, note-t-on de mêmes sources, qui ajoutent que des concertations politiques élargies seront menées prochainement afin de faciliter la mise sur pied d’un nouveau code électoral.

En vertu de l’optimisme qui imprègne aussi le discours des proches de la présidence, les sources FL vont jusqu’à assurer que la nouvelle loi électorale (qui serait axée sur la formule composite) pourrait voir le jour d’ici au 15 février prochain.

À l’instar de Michel Aoun, les Forces libanaises semblent déterminées à mener la bataille de la loi électorale jusqu’au bout. « Nous refusons toute prorogation du mandat parlementaire ainsi que le retour à la loi de 1960, assure un responsable FL. Nous boycotterons toute séance parlementaire destinée à proroger à nouveau le mandat de la Chambre, si le cas se présente. »

Évoquant les propos de Michel Aoun en Conseil des ministres, ce responsable indique que le chef de l’État a opposé un veto catégorique à certaines forces politiques qui veulent placer les Libanais devant un fait accompli: une troisième prorogation du mandat parlementaire. « Nous nous y opposerons catégoriquement, dans la mesure où il s’agit d’une violation de la Constitution, d’une part, et d’un camouflet au mandat Aoun, d’autre part. »

Le PSP : Oui au dialogue franc, non à la marginalisation

Si les différentes formations politiques se sont employées à calmer les appréhensions politiques et communautaires du chef du PSP, Walid Joumblatt, ce dernier, soucieux de la pérennité de son leadership historique dans la Montagne, continue à afficher une farouche opposition à tout système électoral axé sur la proportionnelle. Sur son compte Twitter, le leader druze est monté au créneau hier pour dénoncer une fois de plus ce mode de scrutin.

« Il n’est pas logique de limiter le choix entre le vide et la proportionnelle », écrit-il, notant qu’ « il y a plusieurs alternatives autre que cette vision unilatérale ». « Le dialogue, et non la marginalisation, est la solution », dit-t-il encore.

Parallèlement, les délégations du PSP poursuivent leur tournée auprès des formations politiques pour exposer le point de vue du parti au sujet de la loi électorale. Une délégation s’est ainsi entretenue hier avec Samir Geagea à Meerab. Étaient présents Taymour Joumblatt, les députés Waël Bou Faour, Henri Hélou, Akram Chéhayeb, Alaeddine Terro et Georges Adwan, ainsi que le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Marwan Hamadé, et la secrétaire générale des FL, Chantal Sarkis.

À l’issue de la rencontre, M. Geagea a déclaré que sa formation et celle de M. Joumblatt ont l’intention de voter une nouvelle loi électorale. Celle-ci « devrait toutefois prendre en considération nos besoins et nos exigences, dans la mesure où aucune partie ne pourrait être rassérénée si les autres ne le sont pas », a souligné M. Geagea avant de poursuivre : « Il nous importe que le PSP soit rassuré au sujet de tous les textes débattus. » Selon lui, « les résultats des concertations actuelles paraîtront dans les deux prochains jours ». « Nous étudierons avec le PSP toutes les propositions de lois en vue de s’entendre, avec le reste des protagonistes sur la meilleure formule et voter un nouveau texte le plus tôt possible », a-t-il encore dit.

Interrogé en soirée par L’OLJ, Marwan Hamadé a indiqué que l’entretien avec M. Geagea était « constructif » et « cordial ». « Nous n’avons pas abandonné la proposition de loi mixte. Mais nous avons constaté un dérapage de cette formule vers d’autres qui élimineraient carrément les druzes, ce que nous refusons catégoriquement », a souligné le ministre de l’Éducation. En dépit de ce constat, le ministre reste optimiste: « Il nous reste des chances de voter un nouveau texte, mais à condition de mener des dialogues francs et ouverts. » « Nous sommes pour le dialogue, mais nous refusons d’être ignorés et écartés », a souligné Marwan Hamadé.

المصدر:
L'Orient Le Jour

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