Imad Wakim, le combat pour la « cause », en dépit de tous les obstacles

Le parcours naturel du candidat FL au siège grec-orthodoxe de Beyrouth, sous l’influence de Bachir

Achrafieh el-bidéyé (Achrafieh, le commencement). Ce refrain est certainement l’un des plus connus des chansons dédiées à la mémoire de l’ancien président élu Bachir Gemayel, fondateur des « Forces libanaises ». Il rappelle le début du parcours politique de ce leader exceptionnel. Mais il est également applicable à nombre de cadres FL influencés par le charisme de Bachir.

C’est le cas de Imad Wakim, candidat des FL au siège grec-orthodoxe de Beyrouth I (Achrafieh-Rmeil-Saïfi-Medawar). Il était « normal » pour Imad Wakim d’intégrer les rangs des « Kataëb » (avant la création des FL). « Je suis originaire d’Achrafieh. J’y ai grandi et planifié mon avenir », raconte M. Wakim, avant de confier qu’il est « naturellement » tombé sous l’influence de Bachir Gemayel, son discours et « la cause noble » pour laquelle il luttait. D’autant qu’Achrafieh était son fief. Mais à cela, le candidat ajoute un facteur familial important : ses trois frères ont intégré les « Kataëb ». Il a donc fait de même, en dépit des réticences de ses parents.

À 17 ans, Imad Wakim est déjà chef de la cellule « Kataëb » du « Collège de l’Annonciation ». « À l’époque, Bachir commençait à armer les jeunes du parti afin de poursuivre ses batailles », se souvient l’ingénieur diplômé de l’Université libanaise. Il enchaîne : « Au début de mon parcours, j’ai intégré le département de l’artillerie. Cela me convenait dans la mesure où ça ne m’empêchait pas de poursuivre mes études universitaires », dit-il.

« L’honnêteté et la modestie »

Il va sans dire que la personnalité de Bachir a contribué à instaurer un parti fort et solide. Mais son assassinat tragique le 14 septembre 1982 a modifié la donne. « La disparition de Bachir a semé une certaine confusion dans les rangs de ses sympathisants quant à la pérennité des FL », confie Imad Wakim, qui précise toutefois que tout comme le fondateur du parti, son leader actuel, Samir Geagea, « le mène sur la bonne voie ». C’est d’ailleurs avec fierté qu’il revient sur son tout premier contact avec M. Geagea. « Lors d’un meeting partisan tenu à Jal el-Dib peu après l’assassinat de Bachir, je fais une intervention dont a eu écho le “hakim”. Il demande donc à me voir. » Le premier entretien entre les deux hommes a eu lieu à Qattara (dans le caza de Jbeil). Imad Wakim ne tarde pas à déceler « l’honnêteté et la modestie » de M. Geagea. Un lien de confiance s’établira rapidement entre le cadre FL et son chef. À la faveur de cette « confiance », Samir Geagea n’hésite pas à charger M. Wakim de ce qu’il appelle « des missions importantes ».

Misant sur cette même confiance, Imad Wakim parvient à maintenir un contact avec Sethrida Geagea après l’arrestation du chef des FL en 1994.

Motivé par sa foi en la cause des FL, cet ingénieur passionné de sport (notamment la natation et le basket-ball) poursuit son combat axé sur des valeurs souverainistes au sein de l’ordre des ingénieurs, durant la période sombre de la tutelle syrienne, en dépit de toutes les menaces. Il réussit même à briguer le poste de secrétaire général de l’ordre des ingénieurs entre 1999 et 2005. « Les FL ont également réussi à mener Joe Sarkis (ancien ministre du Tourisme) au conseil municipal de Beyrouth, malgré toutes les pressions et tous les obstacles », à une époque où le parti des FL était interdit, ajoute-t-il d’un ton empreint de fierté.

Premier secrétaire général des FL

Avec la remise en liberté de Samir Geagea en 2005, Imad Wakim voit son rôle au sein des FL prendre plus d’ampleur et d’importance. Il est premier secrétaire général du parti, nommé après la conférence générale de la formation (2010) qu’il a organisée, avant d’être désigné coordinateur de Beyrouth en 2012. Il quitte ce poste en 2013 pour se lancer dans la bataille des législatives, finalement ajournées cette année-là par la prorogation du mandat parlementaire, de même que celles de 2014. À ce sujet, le candidat revient, non sans humour, sur deux souvenirs de son parcours. Comme aux législatives, Imad Wakim a raté deux opportunités de devenir ministre, comme le voulait le chef des FL. « En 2008, il voulait me confier le ministère des Travaux publics, mais la logique de partage du gâteau en a voulu autrement. En 2009, je devais représenter les FL au même portefeuille. Mais la manifestation des “chemises noires” (NDLR : du Hezbollah, en 2011) m’a empêché d’atteindre ce but », se souvient l’ingénieur qui aime les livres philosophiques et historiques.

Aujourd’hui, Imad Wakim est plus que jamais déterminé à donner à son parcours une dimension nouvelle. Il veut mener la bataille pour la souveraineté du Liban et la lutte contre la corruption au sein des institutions étatiques. Les législatives du 6 mai représentent une parfaite opportunité qu’il saisira. Il parie sur les électeurs de Beyrouth I et leur confiance en lui. Il leur promet de présenter une proposition de loi pour réviser la structure du conseil municipal de la capitale.

المصدر:
L'Orient Le Jour

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