
« Il est clair qu’il y a volonté de réintroduire le principe de majorité et de minorité au sein du gouvernement ». « Le bloc du Liban fort (emmené par Gebran Bassil) veut éloigner les souverainistes du gouvernement en prenant les chiffres électoraux pour prétexte alors que les FL ont prouvé le poids de leur présence populaire et politique à travers les législatives », a estimé l’analyste Elias Zoghby dans un entretien à L’OLJ.
M. Zoghbi a par ailleurs insisté sur le fait que l’accord de Meerab comportait « un accord passé directement avec Michel Aoun sur le partage équitable des portefeuilles ». « Le problème est celui de la cupidité du CPL qui veut 12 députés (7 pour le CPL et 5 pour le président) », a déclaré l’analyste, ce qui menace les bases de l’entente chrétienne et nationale. Selon lui, les FL ont obtenu des votes lors des législatives « par leurs propres moyens » alors que le CPL a obtenu ses voix « grâce à ses alliés et non pas uniquement grâce à son public ». Si le CPL se targue aujourd’hui d’avoir un bloc de 29 députés, il feint d’ignorer que ses alliés pourraient l’un après l’autre s’éloigner de lui, comme fut le cas de son bloc en 2009 selon M. Zoghbi.
« Le président est lié à un bloc parlementaire, donc rien ne justifie qu’il choisisse des ministres », a indiqué M. Zoghbi, qui a en outre critiqué la suggestion du chef des FL, Samir Geagea, de créer un duopole chrétien à l’image du tandem chiite Amal-Hezbollah. « Se mesurer au duopole chiite qui monopolise la représentativité de la confession chiite est malsain. Ce genre de raisonnements est contraire à la spécificité du Liban », a-t-il estimé, signalant que “la présence de deux partis est bien en elle měme mais sans évincer les autres groupes et personnalités, parce que la pluraté est source de richesse dans la vie politique”.