
منسق حزب “القوات اللبنانية” في فرنسا / زهير بصبوص:
Le compte à rebours est déclenché pour enfoncer le Liban davantage dans l’abîme avec un président de compromis, indolore, incolore et démuni de toute assise populaire et partisane, qui cohabiterait avec un Hezbollah aux abois, ou au contraire, pour édifier un Etat fort, respectant les engagements internationaux, avec un président de sauvetage qui appliquerait les résolutions internationales, condition indispensable pour restaurer les institutions et redresser la situation.
En effet, le Parlement libanais est appelé à élire le président libanais le 9 janvier prochain, avec une promesse hypothétique de son président, l’inamovible Nabih Berri, de respecter la Constitution, pour une fois, et de tenir des sessions ouvertes jusqu’à l’élection du futur chef de l’Etat.
Le même Nabih Berri n’a pas respecté cette même Constitution depuis l’automne 2022. La Loi Fondamentale libanaise exige du Parlement de se réunir et d’élire le président dans les deux mois qui précèdent la fin du mandat du président sortant. En l’occurrence, Berri avait l’obligation d’organiser cette échéance cruciale en septembre et octobre 2022. Mais en étroite concertation avec le Hezbollah et Gebran Bassil, il a louvoyé et empêché l’élection pendant 13 sessions. Leur objectif était d’élire un candidat soumis au Hezbollah. Or, affaibli par la guerre qu’il a lui-même provoquée, et privé du soutien du régime syrien déchu, le Hezbollah n’est plus en mesure de dicter sa loi, d’autant plus que sa politique suicidaire a prouvé ses limites et qu’il est décrié y compris au sein de la communauté chiite qu’il est censé représenter mais qu’il a ruinée par ses aventures guerrières menées pour le compte de l’Iran. Pourtant, ses responsables, comme son secrétaire général Naïm Qassem et le président de son groupe parlementaire Mohammed Raad, continuent de hausser le ton. Samedi 4 janvier, après une rencontre avec Nabih Berri, Raad s’est montré menaçant, promettant que « la résistance a vaincu Israël puisqu’elle existe toujours (…) » et que « le Hezbollah n’entend pas céder sur le terrain présidentiel ». De son côté, Qassem, commémorant le 5ème anniversaire de l’élimination de Qassem Souleimani, a mis en garde contre toute tentative de « désarmer la résistance », affirmant que « la patience de la Résistance touche ses limites face aux provocations israéliennes ».
Wafic Safa, responsable de « l’unité de coordination et de liaison » du Hezbollah (responsable de tous les assassinats politiques restés impunis, et qui a menacé les juges d’instruction pour les empêcher d’enquêter sur l’explosion du port de Beyrouth), a affirmé dimanche 5 janvier que « le Hezbollah n’est pas contre l’élection de Joseph Aoun, commandant de l’armée, à la présidence de la République. Le seul veto du Hezbollah est contre Samir Geagea ». Ces propos attestent d’une part que le Hezbollah veut un président aux ordres, et d’autre part, que Samir Geagea est le seul capable d’édifier un Etat fort et de mettre le Hezbollah au pas.
Exit le candidat de compromis
Durant ces dernières années, la classe politique libanaise et les acteurs régionaux et internationaux cherchaient des candidats consensuels pour débloquer la situation, et le nom du général Joseph Aoun, commandant en chef de l’armée, était proposé comme un candidat de compromis. Il est temps de tourner cette page pour plusieurs raisons :
– D’abord, les forces de blocage ne sont plus en mesure de faire la pluie et le beau temps, et les Libanais ont compris que ces mêmes forces sont responsables de leurs malheurs et ne doivent plus les engager, malgré eux, dans des aventures suicidaires.
– Ensuite, le général Joseph Aoun, qui a la confiance d’une large partie des Libanais et de la communauté internationale, était un excellent commandant de l’armée, mais ne ferait pas forcément un bon président de la République. Il n’a jamais fait part de son programme et n’a aucune expérience politique. Son élection en ferait un président de gestion de crise et non pas de solution et de redressement du pays. Il sera contraint d’arrondir les angles et de se compromettre avec les forces de blocage qui l’auront élu, et dans ce cas, le Liban ferait du sur place en attendant la prochaine guerre.
– Enfin, il convient de rappeler que Joseph Aoun avait l’aval du Hezbollah pour devenir commandant de l’armée. Ce qui signifie que le général Aoun est, ou du moins, était compatible avec le Parti de Dieu. Il convient de rappeler aussi que l’un des candidats au commandement de l’armée, et qui suscitait les craintes du Hezbollah, le général François el-Hajj, avait été assassiné en décembre 2007. Un crime attribué au Hezbollah et aux services syriens…
Mais pour être élu, Joseph Aoun n’a pas encore le nombre de voix requis (86 députés) et les tractations se poursuivent. Sa probable élection serait saluée par l’ensemble des Libanais, bien qu’ils ne soient pas très favorables à l’accession d’un militaire au pouvoir, les expériences de ses prédécesseurs à la tête de l’armée, devenus présidents, Emile Lahoud, Michel Sleimane et Michel Aoun, n’étaient pas concluantes. Son élection ne soulagerait le Liban et les Libanais que s’il s’engage à appliquer et à respecter la Constitution d’abord, les résolutions internationales ensuite, et à refuser toute compromission avec les forces de blocage. Autant dire, ses marges de manœuvre sont très étroites.
Oui à un président souverainiste
Pour en finir avec l’instabilité du Liban et éviter son effondrement, il faut que la communauté internationale saisisse l’occasion et soutienne la candidature de celui qui a un programme politique, économique et social, et qui est doté de la plus importante assise populaire et parlementaire. Ne gâchons pas l’occasion d’élire Samir Geagea à la présidence de la République pour refaire du Liban la Suisse du Moyen-Orient. A la tête du parti des Forces Libanaises, Geagea dispose du plus important bloc parlementaire avec 19 députés. Il dispose de la plus grande assise populaire qui transcende les confessions. Au-delà de la communauté chrétienne, sa politique foncièrement souverainiste, est acclamée par des Sunnites, des Druzes et des Chiites, face à l’iranisation menée par le Hezbollah.
Certes, son élection se heurte à plusieurs obstacles, mais qui ne sont pas insurmontables. Principalement, il s’agit des tentatives d’intimidation du Hezbollah qui multiplie les menaces physiques et cherche à maintenir un climat d’insécurité à Beyrouth et s’emploie à se réorganiser militairement. Il refuse d’appliquer les termes de l’accord de cessez-le-feu, de se retirer du sud du Litani et de remettre ses positions et son armement à l’armée libanaise. Parallèlement, il cherche à restaurer son alliance avec le Courant Patriotique Libre (CPL) dans l’espoir de confier à Gebran Bassil le torpillage de l’élection présidentielle. Aussi, les médias et les réseaux sociaux liés au Parti de Dieu et au CPL multiplient les campagnes nauséabondes contre Samir Geagea, au moment où la chute de Bachar al-Assad a dévoilé au grand jour les horreurs dans lesquels le Hezbollah et le CPL étaient associés.
Ainsi, selon un officier libanais fraichement retraité, « fini le temps où l’on pouvait impunément attribuer à Geagea des faits commis par le régime syrien et ses sbires libanais ». Il en va des centaines d’assassinats politiques, à commencer par Kamal Joumblatt, Hassan Khaled, Tony Frangieh, Rafic Hariri et tous les hommes politiques et sécuritaires tués depuis 2005. La responsabilité du régime de Hafez al-Assad et de son fils Bachar est désormais prouvée dans la majorité des crimes, y compris dans les massacres de Sabra et Chatila et dans l’élimination d’Elie Hobeika devenu témoin encombrant de ces crimes contre l’humanité, ainsi que dans l’assassinat de Rachid Karamé. Le soupçon plane également sur le régime déchu dans la disparition de l’imam Moussa Sadre. Toutes ces horreurs, ajoutées aux disparitions de centaines de Libanais dans les prisons syriennes, impliquent tous ceux qui se sont alliés avec Damas et qui l’ont soutenu, dont le Hezbollah et Gebran Bassil, et neutralisent leurs campagnes calomnieuses et odieuses contre le parti des Forces Libanaises et innocentent de facto Samir Geagea, le seul qui méritent de présider aux destinées du Liban et le seul qui peut le redresser.