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Les oubliés de la guerre d’Iran

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Il s’appelait Amirhossein Hatami, il était musicien, guitariste talentueux, selon ses proches ; il avait 18 ans ; il a été pendu dans la cour de la prison iranienne de Ghezel Hesar, dans la banlieue de Téhéran … Il avait été accusé «d’inimitié envers Dieu»…

Mohammed Amin Beighari, 19 ans, a été autorisé la semaine dernière par ses geôliers à entrer en contact par téléphone avec son père pour l’informer (comble du sadisme et de la cruauté de la part du pouvoir…) qu’il sera pendu le lendemain matin ; l’exécution eut lieu comme prévu. Son «crime» : avoir participé aux dernières manifestations contre le régime des mollahs…

Il s’appelait Saleh Mohammadi, catcheur professionnel, il avait participé à des compétitions de lutte sous la bannière de l’Iran ; il avait 19 ans ; il a été pendu il y a quelques jours pour s’être opposé à la dictature en place …

Il s’agit de trois cas, pris au hasard, d’une longue liste – une très longue et sinistre liste – de milliers d’adolescents et de jeunes iraniens à la fleur de l’âge, ou au début de leur vie professionnelle, qui ont été pendus ou qui attendent leur exécution, en subissant toutes sortes de sévices dans leur lieu de détention.

Ces «enfants de la guerre» – la guerre menée par le régime des mollahs contre le peuple iranien libre – sont les oubliés de ce conflit armé qui ébranle tout le Moyen-Orient et le Golfe depuis plus de cinq semaines. Les services répressifs de la République islamique profitent manifestement de l’attention de la communauté internationale braquée sur les opérations militaires et leurs retombées pour se livrer à des pendaisons de jeunes en série. Leur effarante besogne est loin d’être perturbée par le sort tragique subi par l’Iran comme conséquence directe de la stratégie suicidaire et belliqueuse suivie par le pouvoir khomeyniste pendant des décennies.

Ces interminables séries de condamnations à mort et d’exécutions sommaires s’inscrivent depuis des années dans la «tradition» du pouvoir judiciaire iranien et font suite à des simulacres de «procès» expéditifs décriés par l’ensemble des organisations internationales. Elles illustrent une sombre réalité, en l’occurrence la nature fondamentalement sauvage, sanguinaire et dépourvue de toute humanité de l’aile radicale du régime des mollahs.

Malencontreusement, ce courant extrémiste et jusqu’au-boutiste dans son bras de fer avec les États-Unis, et le monde occidental d’une manière générale, semble détenir désormais, seul, les rênes du pouvoir en Iran, profitant de l’élimination, suivie de la marginalisation évidente, du Guide suprême et de son successeur. Cette sombre situation est sciemment occultée par les « bien-pensants » et ceux qui se réclament d’un pseudo-gauchisme universaliste, qui s’obstinent à ne pas percevoir le profond et réel danger que représente, non seulement pour les peuples de la région mais également pour les sociétés libérales, le maintien au pouvoir des rescapés du régime des mollahs.

Lorsqu’une plante dépérit, il ne servirait pas à grand-chose, si l’on désire s’en débarrasser, de se contenter d’élaguer la tige et les branches tout en préservant les racines, car elle ne tarderait pas alors à émerger à nouveau, plus forte encore qu’auparavant. De la même façon, accepter l’idée d’un « arrangement » ou d’un compromis avec les reliquats du régime des mollahs reviendrait à permettre la renaissance à brève échéance, et avec plus de hargne, d’un pouvoir dictatorial qui a élaboré pendant plus de vingt ans un programme d’enrichissement de l’uranium à des fins clairement militaires, qui a construit au fil des ans des milliers de missiles balistiques pouvant atteindre potentiellement les principales capitales européennes, qui a massacré de sang-froid, en deux jours, près de 40 000 jeunes manifestants pacifiques, qui n’hésite pas à tirer à balles réelles sur des manifestations de masse, qui n’a aucun scrupule à pendre des centaines, voire des milliers, d’adolescents et de jeunes, qui a entrepris pendant des années de financer et de développer le terrorisme international, qui a déstabilisé plusieurs pays du Moyen-Orient pour assouvir ses visées hégémoniques en calquant son comportement sur les funestes pratiques nazies, qui a créé des milices inféodées dans plusieurs capitales de la région, qui a formé des cellules subversives dans le Golfe et certains pays européens, qui s’est associé à des réseaux mondiaux de trafics de stupéfiants et de combines mafieuses…  Là aussi, la liste est longue…

La tragédie que vivent aujourd’hui la population iranienne et les peuples de la région est l’aboutissement direct de l’inqualifiable laxisme observé, pendant plus de 45 ans, par certains dirigeants et milieux occidentaux face à la stratégie belliqueuse et expansionniste patiemment mise en place par les Gardiens de la révolution islamique. Vouloir «composer» avec les rescapés d’un pouvoir qui reste imprégné d’une idéologie théocratique d’un autre âge et vouloir relancer le laxisme face à un tel pouvoir reviendrait à trahir les valeurs humanistes et universelles prônées et défendues par l’Occident.

Lors de la dernière phase de la Seconde Guerre mondiale, il ne pouvait être question, sous prétexte d’arrêter les hostilités, d’envisager un «arrangement» avec les survivants du régime nazi. Il était impératif d’éradiquer totalement tout ce régime dans son ensemble afin de l’empêcher d’émerger à nouveau. De la même manière, maintenir les racines du projet khomeyniste reviendrait à lui accorder une nouvelle vie et à condamner les pays de la région à subir une fois de plus, dans pas très longtemps, les affres d’une autre guerre destructrice aux retombées économiques qui dépasseraient, à n’en point douter, le cadre étroit de la seule zone du Moyen-Orient.

المصدر:
levan time

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