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LETTRE OUVERTE A M. MICHEL AOUN

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Je vous écris pour vous dire combien je regrette de vous avoir tant aimé dans les années 80 quand, en 1982, changeant de maison je me suis installé à Mar Takla où vous habitiez dans les immeubles des Officiers au 4ème étage d'un immeuble qu'une rue vous séparait du mien.
Vous étiez alors Général de la 8ème brigade, cette brigade qui semait la terreur dans les rangs de la population tellement vos soldats étaient vaillants et fiers d'être dans ce régiment.

Nous avons fait votre connaissance et nous sommes devenus des voisins amis et vous veniez alors que la bataille de Souk el Gharb faisait rage, vous reposer au coin de notre véranda autour d'un verre que nous prenions avec plaisir. C'est au cours d'un soir de féroces batailles de votre armée, que l'on vous a téléphoné de Souk el Gharb, pour vous annoncer que deux officiers venaient d'être atteints par un obus, et l'un d'eux perdait la jambe dans l'opération. Vous aviez eu les larmes aux yeux et devant ma femme et moi vous aviez juré de vous venger des soldats syriens qui avaient été la cause de ces blessures de vos deux officiers. Et de jurer qu'un jour vous les vengeriez et que vous auriez raison de ces soldats syriens en remportant une victoire à Souk El Gharb.

Puis à la fin de son mandat le Président Gemayel vous confiait la République et vous deveniez alors "Le Président et 6 ministres" pour reprendre vos propos et les Syriens redoublèrent les violences des bombardements sur le palais de Baabda ou vous vous teniez réfugié avec votre famille. Et je me souviens comment mes enfants revenant de France passaient un instant à la maison avant de "monter" à Baabda pour vous applaudir et chanter avec vous.
Je vous avais écrit un credo en langue arabe, que An Nahar Arabe et International -vous connaissez bien sûr – avait imprimé et qui a été distribué dans les Ecoles à plus de 50.000 exemplaires. Cette revue que dirigeait Gebrane Tueni, mon Général, qui ne jurait que par vous et qui a connu une fin atroce.

Et en Octobre revenant tous les soirs de Zahleh où j'avais une exposition, je voyais les très gros chars syriens prendre position sur les hauteurs de Ras El Metn, les lourds canons pointés sur le Palais de Baabda. Tous les soirs 2 ou 3 Chars prenaient position. Je téléphonais au général Edgard Maalouf, tous les soirs pour l'avertir :"Edgard, les syriens préparent leur offensive contre vos positions. Je vois ceci et cela. . . "Et Edgard me répondait: "Mais non Jean Claude ne t'en fais pas; nous avons des garanties. "

Ce qui a été garanti par contre c'est le bombardement du Palais de Baabda par l'aviation Syrienne. Cette aviation qui n'avait jamais envoyé un avion bombarder "l'ennemi israélien" et qui détruisait sur votre tête, le palais dit présidentiel.
Pendant ce temps vous étiez à l'Ambassade de France à Mar Takla pour discuter de la fin de la guerre. Laissant votre famille sous le feu des bombardiers.

A l'ambassade de France, vous étiez mon voisin. Et d'autres officiers qui se targuaient d'être vos amis et vos fidèles se sont vus arrêter et emmenés à Damas.

Et un jour, un hors-bord est venu sur les plages de Jal el Dib vous emmener vers la France qui vous offrit l'asile politique.
Et l'on a frémi a vos discours. Et l'on a applaudi à vos harangues. Et on a frissonné quand vous avez annoncé votre retour. Et on vous a de nouveau suivi quand vous êtes descendu à la place des Martyrs avec le million et demi de Libanais qui réclamaient, avec vous le départ des Syriens.
Et on a attendu. . .
Et on a espéré.
Et on a chanté. . .
Et en fin de compte on a . . . déchanté.

Car dans l'Eglise Saint Michel, à deux pas de votre maison natale, vous avez signé un accord avec le Hezbollah qui faisait de vous leur allié pas pour le meilleur, mais pour le pire.
Un grand dirigeant libanais venait d'être assassiné et au lieu de vous tourner vers les vôtres vous êtes allé vous vautrer avec les autres.
Et votre discours a petit à petit changé. Et vous parliez comme ceux que vous haïssiez hier. Votre ennemi mortel, la Syrie, devenait votre ami et "le défenseur de la Chrétienté " (sic).
Vous étiez venu au nom du 14 Mars et vous agissiez en ennemi de la cause de l'Indépendance.
Quel beau cadeau vous faisiez et faites toujours à la Syrie qui depuis 1920 (rappelez vous Maysaloun…) ne veut qu'une seule chose: annexer le Liban.

Et maintenant, vous ne trouvez pas mieux que d'insulter tous ceux qui ne croient pas en votre politique. La vérité: c'est vous. Les mensonges: c'est les autres.
Votre haine de la Famille Hariri ne s'explique vraiment pas.
Et le discours politique que vous servez avec fiel rend les Libanais de plus en plus éloignés de vous. Quel dommage! On vous aimait tant.
Mais on ne le peut plus.

Un conseil quand même: méfiez vous de vos nouveaux amis et essayez de reconquérir le cœur et l'amour de ceux qui bravaient les Syriens avec les klaxons et les slogans: "Taratata! GENERAL".

المصدر:
فريق موقع القوات اللبنانية

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