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Amchit (Jbeil) attend « son » président

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Les portraits du général Michel Sleimane sont sur tous les murs
Amchit (Jbeil) attend « son » président

 
«Il est notre sauveur, le salut du Liban ! » s’exclame fièrement Wadih el-Hachache à l’évocation du chef de l’armée Michel Sleimane, originaire tout comme lui du village de Amchit et qui sera, peut-être mardi, le douzième président de la République libanaise, rapporte Rana Moussaoui de l’AFP.


Village de charme du Mont-Liban donnant directement sur la mer, Amchit se prépare déjà à la fête du 11 décembre, même si l’élection par le Parlement ne semble pas encore gagnée d’avance.


Une multitude de drapeaux libanais ont été accrochés des deux côtés des rues sinueuses de cette localité chrétienne. La photo du « général », elle, orne les vitrines des commerces et des demeures en pierre et tuiles rouges du XIXe siècle.


Sur la place principale de Amchit, rebaptisée « place de l’Armée » depuis l’accession de Michel Sleimane au poste de commandant en chef en 1998, le sapin de Noël côtoie des photos géantes du héros local, dont l’une est parée de poinsettias.


« Tu es le maître en temps de guerre comme au pouvoir », « Tu es le bouclier de la nation et son pilier », peut-on lire en légende.


« Nous avions accroché ces photos vendredi en pensant qu’il allait être élu ce jour-là », rapporte Antoine Lahoud, vice-président de la municipalité.


A Amchit, qui par le passé a déjà donné un chef de l’armée, le général Victor Khoury, le nom de Michel Sleimane déclenche invariablement des commentaires dithyrambiques.


« C’est quelqu’un de compétent, qui n’est pas du genre à faire des compromis, et les Libanais ont bien vu cela à Nahr al-Bared », explique un militaire sous couvert d’anonymat.


L’été dernier, au terme de plusieurs mois de combats au cours desquels 168 soldats ont péri, l’armée avait repris ce camp aux miliciens du groupuscule Fateh el-Islam. Le chef de l’armée, appuyé par le gouvernement, avait refusé de négocier avec les islamistes.


« Ici, on peut être partisan de Michel Aoun, des Forces libanaises, être même panarabe, communiste, voire baassiste, on ne veut que Sleimane comme président », assure Youssef Nassour, ajoutant que ses parents avaient « bien connu le général dans sa jeunesse ».


« Il vient d’une famille irréprochable et modeste. C’est une personne désintéressée, proche des gens », explique un de ses voisins, Ziad el-Zighondi.
« C’est quelqu’un du peuple qui n’a pas hérité de la politique comme d’autres. Nous l’aimons pour cela », dit Eliane, 33 ans, une notaire.


Dans la maison d’enfance de Michel Sleimane, une ancienne demeure en pierre entourée de citronniers, l’ambiance contraste avec l’enthousiasme débordant du village. On préfère attendre que l’élection devienne réalité.


« On verra, on verra », temporise un neveu du général, qui fait comprendre aux journalistes qu’il est interdit de visiter les lieux.


M. Nassour prend, lui, le temps de désigner près de la maison parentale un puits qui lui rappelle une anecdote singulière.


« Quand il avait 6 ans, il se tenait au-dessus de ce puits et demandait à mon père : “Dis, est-ce que je saurai diriger ?” Il avait cette ambition depuis tout petit », raconte-t-il.


Mardi, si l’enfant du pays est élu, le village aura droit à une retransmission en direct de la séance sur écran géant et une fête grandiose, explique le maire, Antoine Issa.
« Inchallah, il réunifiera le Liban ! » lance-t-il.

المصدر:
l"orient le jour

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