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Le président français, en visite officielle au Caire, presse Damas de passer à l’acte

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Le président français, en visite officielle au Caire, presse Damas de passer à l’acte
Sarkozy : « Le temps est venu pour les Syriens de prouver dans les faits ce qu’ils ne cessent de proclamer dans les discours »


Le président français Nicolas Sarkozy a débuté hier une courte visite officielle au Caire par un entretien avec son homologue Hosni Moubarak, a rapporté l’agence officielle MENA.
La rencontre entre les deux dirigeants se déroule au palais présidentiel à Héliopolis, dans l’est de la capitale égyptienne, a précisé l’agence.


MM. Sarkozy et Moubarak, qui se sont déjà rencontrés vendredi à Charm el-Cheikh, doivent passer en revue les grands dossiers régionaux, parmi lesquels celui de la crise institutionnelle au Liban.


La France n’aura plus de contacts avec la Syrie tant que cette dernière ne démontrera pas qu’elle est prête à laisser le Liban élire un président de consensus, a déclaré d’emblée le président français Nicolas Sarkozy. La France n’entrera plus en contact avec la Syrie, « tant que nous n’aurons pas des preuves de la volonté des Syriens de laisser le Liban désigner un président de consensus », a affirmé M. Sarkozy lors d’une conférence de presse conjointe avec Hosni Moubarak.


« Le temps est venu pour les Syriens de prouver dans les faits ce qu’ils ne cessent de proclamer dans les discours », a-t-il ajouté. « Nous attendons maintenant des actes de la part des Syriens et non pas des discours. Maintenant, il faut fournir des preuves, et c’est le moment pour la Syrie de les montrer », a insisté M. Sarkozy. « Le Liban doit avoir un président, un président de consensus », a-t-il poursuivi.


Pour sa part, M. Moubarak a décrit l’impasse au Liban comme « dangereuse », appelant Damas à « user de toute son influence au Liban et à travailler à la réconciliation afin que le Parlement puisse élire un président ». « J’en appelle à la Syrie pour qu’elle travaille à trouver une solution à cette question parce qu’elle a l’influence la plus forte sur les parties en conflit », a-t-il affirmé. « La France a pris la responsabilité d’un dialogue conditionné avec la Syrie. Nous attendons maintenant des actes de la part des Syriens et non pas des discours. Le Liban doit avoir un président, un président de consensus », a-t-il ajouté. « Je ne regrette pas et j’assume les contacts » avec le président syrien, Bachar el-Assad, a déclaré Nicolas Sarkozy.


« La France débloquera les crédits nécessaires pour qu’on accélère la mise en place du Tribunal pénal international », chargé de juger les responsables de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, a encore dit M. Sarkozy.

 

La France « victime
de sa diplomatie »
« Les Français ont trouvé deux camps qui s’affrontaient et les ont convaincus de la nécessité de négocier : ils ont ainsi amorcé un processus qui peut être très long », explique Paul Salem, du centre Carnegie pour le Proche-Orient basé à Beyrouth. « L’initiative française est victime de son succès », dit-il. Consciente du rééquilibrage opéré par la France, qui a décidé de parler à la Syrie, la majorité a accepté la candidature à l’élection présidentielle du chef de l’armée, Michel Sleimane, candidat acceptable pour les Syriens. Or, « cela a été perçu comme une faiblesse », relève Joseph Maïla, du Centre de recherches sur la paix à l’Institut catholique de Paris. « Les Syriens disent maintenant : qu’est-ce que vous nous donnez pour qu’on accepte Sleimane ? »


« Du point de vue des Syriens, le temps joue en leur faveur », relève Paul Salem, estimant que les négociations peuvent très bien « se poursuivre en 2008 et même en 2009 ».
La question du coût politique pour la France d’un enlisement, dans un pays où elle a conservé une certaine influence, est posée.


« De report en report (…), nous avons reculé plus qu’avancé », a reconnu le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner le 16 décembre tout en faisant valoir qu’il n’y avait pas eu « de désastre pour le moment ». « La France a fait ce qu’elle a pu », avait-il estimé quelques jours auparavant.


« M. Kouchner a consacré 50 % de son temps au Liban », dit un diplomate européen. « A l’évidence, le verbe kouchnerien n’a pas suffi », ajoute ce responsable en référence aux sept séjours du ministre français à Beyrouth en sept mois.


« La médiation française a rétabli le rôle de négociateur influent de la Syrie » au Liban, affirmait récemment un député de la majorité, Samir Frangié.


Les experts voient néanmoins des avancées dans l’action de Paris.
« Les navettes de Kouchner ont réussi à faire en sorte que la période de juillet à novembre ne soit pas violente », juge Joseph Maïla.


« Il y a encore un mois et demi, les parties ne se parlaient pas et il n’y avait pas de compromis en vue », rappelle Paul Salem.

المصدر:
l"orient le jour

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