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Pleins feux, cette semaine, sur la visite de Michel Aoun en Syrie

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Pleins feux, cette semaine, sur la visite de Michel Aoun en Syrie

Une passionnante phase de la vie politique devrait s’ouvrir, cette semaine, avec la très attendue visite en Syrie du général Michel Aoun. Celle-ci est prévue dans les prochains jours, mardi si l’on en croit les médias de la majorité.

En tout état de cause, les médias syriens ont commencé à préparer psychologiquement l’opinion syrienne à cette visite. C’est ainsi que le quotidien Techrine a puisé – un peu gratuitement – dans les superlatifs pour rendre hommage au chef du Courant patriotique libre qui, en 1989, avait lancé une « guerre de libération » contre la Syrie.

C’est « un adversaire noble » que la Syrie accueille, a affirmé Techrine, pour lequel Michel Aoun s’impose comme le leader des « chrétiens d’Orient ». On retrouve là, bien évidemment, la fameuse théorie de « l’alliance des minorités », qui dicte la politique de la Syrie dans beaucoup de domaines.

La visite en Syrie du général Aoun, qui ne s’achèvera que dimanche, comprendra les trois villes de Damas, d’Alep et de Homs, ainsi que certains hauts lieux de l’histoire de la communauté maronite.

Toutefois, on se demande dans les milieux politiques si cet accueil inhabituel que la Syrie réserve au général Aoun ne cache pas quelque chose. En fait, affirme-t-on dans ces milieux, il s’agit de savoir qui, de la Syrie ou du général Aoun, fait un cadeau à l’autre.

En effet, la visite du général Aoun sert objectivement les intérêts de la Syrie, et en particulier ses efforts visant à briser son isolement diplomatique. De fait, la visite du chef du CPL en Syrie suivra de près celle des deux envoyés spéciaux du président Nicolas Sarkozy, Claude Géant et Jean-David Lévitte. Il n’y a pas de doute, la France est « satisfaite » de l’évolution des relations syro-libanaises, dont l’accueil du chef du CPL est l’un des aspects.

Ce certificat de bonne conduite délivré par Paris devrait valoir à la prudente Syrie la ratification de l’accord de coopération entre Damas et l’Union européenne, signé voilà quatre ans. On peut toutefois compter sur la vigilance de la France en ce qui concerne un bon déroulement des élections législatives au Liban, sans ingérences flagrantes dans la composition des listes, sans intimidation, et cela a été signifié de diverses façons au régime syrien.

Du reste, dans cette bataille, ce sont surtout deux lignes politiques diamétralement opposées qui se feront face, au point que les noms des candidats pourraient passer au second plan. C’est du reste la raison pour laquelle les deux camps en présence retardent la publication des noms de ces candidats, ce qui réduit au maximum le risque de faux pas dans ce domaine. En attendant, comme on peut le constater, le ton du discours politique monte à nouveau, que ce soit entre les Kataëb et le Hezbollah, ou dans la région de Zghorta, sonnant la fin de la trêve médiatique convenue à Doha, et qui d’ailleurs a été très mal respectée.

La menace

L’histoire est donc à suivre, d’autant plus que, faisant contraste avec le « préjugé favorable » dont il bénéficie désormais en France et, peut-être, ailleurs aussi, une menace continue de peser sur le régime syrien, celle du tribunal international sur le Liban, chargé de juger les assassins de Rafic Hariri, commanditaires et exécutants.

Au Premier ministre Fouad Siniora qui l’a rencontré à Doha, en marge d’un forum économique, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a annoncé que le processus de transfert du personnel de ce tribunal vers La Haye commencera dès le début de l’année, même si la cour ne commencera pas à siéger avant le 1er mars 2009.

Comme pour prendre les devants, Damas a fait savoir à nouveau, hier, par la voix de certaines sources citées par les médias, dont la LBCI, qu’il ne se considère pas concerné par le tribunal international, et que les diverses visites effectuées à Damas par les chefs successifs de la commission d’enquête ne sauraient être considérées comme des « notifications ».

« S’il y a des inculpés syriens, ils seront jugés et condamnés en Syrie, pour haute trahison », ont fait savoir les sources citées. Une façon habile de tirer l’épingle du régime syrien du jeu, et d’annoncer à l’avance que si des personnalités syriennes ont trempé dans l’assassinat de Rafic Hariri, c’est pour leur propre compte et non pour celui du régime. Une théorie qu’il sera difficile de soutenir, compte tenu de la hiérarchisation très poussée de l’autorité politique en Syrie.

Contrastant avec celle du général Aoun en Syrie, la visite du Premier ministre à Doha et celle du président de la République, mardi, en Allemagne, paraissent un peu pâles. Mais il faut se rappeler que tout ce qui brille n’est pas or, et que le prosaïsme de la visite officielle du président Sleiman en Allemagne peut être trompeur. Au fil de ses visites, en effet, ce dernier achève de polir son image de leader modéré et crédible tel qu’il en a manqué cruellement au Liban, dans les années de guerre ou de crise.

Encore que, s’il semble s’être imposé sur la scène internationale, le régime actuel tarde à le faire sur le plan interne, où la règle du « consensus politique », qui n’est en fait que celle de l’équilibre des intérêts particuliers des chefs et communautés, continue de retarder la réactivation de la justice et de l’administration, et l’accession aux différents rouages de l’appareil administratif et judiciaire de personnalités fortes, compétentes et relativement indépendantes.

المصدر:
l"orient le jour

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