Le secrétaire général de l’ONU « espère toujours que les Libanais trouveront une solution commune »
Pour Ban Ki-moon, « la présidentielle doit absolument avoir lieu », affirme Yahia Mahmassani à « L’Orient-Le Jour »
Pour Ban Ki-moon, « la présidentielle doit absolument avoir lieu », affirme Yahia Mahmassani à « L’Orient-Le Jour »
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, « continue d’espérer que les dirigeants libanais trouveront une solution commune acceptable par tout le peuple libanais » au dossier de la présidentielle, a indiqué à L’Orient-Le Jour Farhan Haq, porte-parole de l’ONU, après l’annonce du nouveau report de l’élection présidentielle au 23 novembre.
Farhan Haq a rappelé les propos tenus par Ban Ki-moon devant la presse, affirmant « que le monde entier avait les yeux tournés vers le Liban, qui traverse une phase critique ».
Le secrétaire général de l’ONU avait exprimé à maintes reprises sa « préoccupation » du fait que les leaders libanais ne se soient toujours pas mis d’accord sur un candidat à la présidence de la République. Il l’a rappelé lors du déjeuner de travail organisé par le représentant de la Ligue arabe auprès de l’ONU, Yahia Mahmassani, en l’honneur des représentants permanents des pays membres de la Ligue arabe auprès des Nations unies, des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et de l’ex-envoyé spécial au Moyen-Orient, le diplomate Christopher Ross. « Les discussions ont été axées essentiellement sur l’élection présidentielle au Liban et sur le sommet d’Annapolis qui doit se tenir le 27 novembre, et auquel prendra part le secrétaire général de l’ONU », a indiqué Yahia Mahmassani lors d’un entretien accordé à L’Orient-Le Jour au siège de l’ONU à l’issue du déjeuner.
« Les divisions profondes entre les partis politiques au Liban et la nécessité d’une médiation pour les sortir de l’impasse » ont été au centre des discussions. L’exposé de Ban Ki-moon sur la situation qui prévaut au Liban à la lumière de sa dernière visite « a constitué une mise en garde », a-t-il dit. Le secrétaire général a insisté sur l’importance de l’élection présidentielle « qui doit absolument avoir lieu, en accord avec la Constitution, librement et sans interférence étrangère », a-t-il ajouté. Car « si l’élection n’a pas lieu, le Liban risque de se retrouver dans une situation de deux gouvernements. Les conséquences pour le pays du Cèdre en seront très graves et sérieuses », a-t-il rappelé. Le secrétaire général a appelé de nombreux pays à peser de tout leur poids diplomatique pour obtenir l’organisation de l’élection. Il a aussi appelé tous les dirigeants libanais à mettre de côté leurs différends et à élire un nouveau président dans les délais prévus par la Constitution, estimant qu’ils peuvent trouver une solution commune. Ban Ki-moon a aussi rappelé que « les Nations unies soutiendront tout président élu sur une base large, qui s’engagerait à respecter la légalité internationale », selon M. Mahmassani.
« Le Liban risque
de plonger dans le coma »
de plonger dans le coma »
Yahia Mahmassani a aussi précisé que Ban Ki-moon a déclaré devant les ambassadeurs présents que lors de sa visite au Liban la semaine dernière, il avait déployé le maximum d’efforts pour mener de vastes consultations, notamment avec le président du Parlement, Nabih Berry, le représentant de la majorité, Saad Hariri, et le Premier ministre, Fouad Siniora, le patriarche maronite, Nasrallah Sfeir, et le Hezbollah. Le secrétaire général a informé les ambassadeurs qu’il « reste en contact constant avec les Libanais et suit de près les développements de la situation ». Le secrétaire général a aussi exhorté « les acteurs politiques qui jouent un rôle au Liban à aider ce pays ».
Paraphrasant les propos du représentant de la France auprès de l’ONU, Jean-Maurice Ripert, Yahia Mahmassani a rappelé la position constante de la France. « Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui effectue sa sixième visite au Liban, a des instructions claires de la part du gouvernement français de rester au Liban et de mettre le plus d’efforts possible pour que l’élection présidentielle ait lieu », a-t-il répété.
Que se passera-t-il si les partis libanais n’arrivent pas à se mettre d’accord sur un nouveau président ? « Il est évident que le Parlement ne se réunira pas s’il n’y a pas de consensus. Le temps presse maintenant. Il ne reste plus que deux jours, après quoi le Liban risque de plonger dans le coma. Il faut éviter d’en arriver là », a conclu l’ambassadeur de la Ligue arabe.