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Seules des mesures concrètes économiques et politiques pourraient faire fléchir le régime syrien

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Amr Moussa appelé à axer ses efforts exclusivement sur l’élection présidentielle
Seules des mesures concrètes économiques et politiques pourraient faire fléchir le régime syrien 
Emile KHOURY


A l’heure où la nouvelle initiative de la Ligue arabe semble faire du surplace, les Libanais perçoivent avec appréhension l’impasse dans laquelle se débat le pays et se posent plusieurs questions fondamentales : que faire si les efforts de conciliation du secrétaire général de la Ligue, Amr Moussa, subissent le même sort que l’initiative française ? Que pourraient faire, dans ce cas, les ministres arabes des Affaires étrangères qui doivent tenir une réunion le 27 janvier afin d’établir le bilan de la mission de M. Moussa ? Dénonceront-ils publiquement la partie qui entrave l’élection présidentielle et iront-ils jusqu’à adopter des mesures coercitives à son encontre, ou se contenteront-ils d’une simple prise de position publique, sans conséquences ? Quel serait alors le sort du Liban, compte tenu des propos du président Hosni Moubarak qui a déclaré il y a quelques jours : « Ils détruisent le Liban en empêchant les parties (locales) de s’entendre. La situation deviendra très grave, et le pays pourrait courir à sa perte si l’initiative arabe n’aboutissait pas… »


Ces interrogations soulèvent en réalité un problème de base qui se pose avec de plus en plus d’acuité : malgré toutes les déclarations publiques et les condamnations d’ici et de là, la Syrie continue de faire usage de son pouvoir de nuisance ; si les pays arabes et la communauté internationale se contentent de dénoncer verbalement, uniquement, l’attitude de Damas sans que des mesures économiques ou politiques concrètes soient prises contre le régime syrien, ce dernier poursuivra impunément sa politique obstructionniste sur la scène libanaise. Certains observateurs rappellent sur ce plan que le président Jacques Chirac avait déclaré, au sujet de la crise libanaise, que « le Liban ne saurait connaître la quiétude à l’ombre du régime actuel en place en Syrie ».


En tout état de cause, la réunion des chefs de la diplomatie arabes, le 27 janvier, sera à n’en point douter un test sérieux pour la crédibilité de la Ligue. Et dans l’attente de cette conférence ministérielle, les regards sont braqués sur la mission de Amr Moussa. Les milieux locaux proches de la majorité relèvent sur ce plan que les efforts du secrétaire de la Ligue doivent être axés exclusivement, au stade actuel, sur les moyens pratiques susceptibles de faciliter l’élection du général Michel Sleimane à la présidence de la République. Amr Moussa est donc appelé à concentrer ses efforts sur cet objectif bien précis plutôt que d’entamer un dialogue sur des questions qui ne sont pas actuellement à l’ordre du jour, telles que la formation d’un gouvernement d’union nationale ou la composition de la prochaine équipe ministérielle, sous l’angle de la répartition des portefeuilles entre la majorité et l’opposition.


Dans ce cadre, les sources proches du 14 Mars réfutent l’argument de l’opposition selon lequel un accord politique global négocié et conclu avant la présidentielle faciliterait la tâche du nouveau chef de l’Etat. Les sources en question se demandent à ce sujet pourquoi un tel accord serait plus facile dans le contexte présent plutôt qu’après l’élection présidentielle. Bien au contraire, soulignent-elles, la présence à Baabda d’un président nouvellement élu serait susceptible de faciliter dans une large mesure la mise sur pied d’un gouvernement représentatif des réalités sociopolitiques du pays. La mission du chef de l’Etat est en effet, précisément, de jouer un rôle d’arbitre et de rassembleur en se plaçant au-dessus des querelles internes et des calculs politiciens. Par voie de conséquence, et en toute logique, c’est par l’élection d’un nouveau président de la République que devrait débuter le règlement de la crise actuelle.

المصدر:
l"orient le jour

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