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Des opposants craignent que l’élection du chef de l’armée ne réduise

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Des opposants craignent que l’élection du chef de l’armée ne réduise la popularité chrétienne de Aoun
La candidature consensuelle de Sleimane désormais cible de l’opposition 
Philippe ABI-AKL


Aux yeux de la majorité, les émeutes qui se sont produites dimanche soir entrent sans nul doute dans le cadre de l’agenda politique en cours d’exécution de l’opposition.


Ce qui s’est passé à Chiyah et dans d’autres régions n’a absolument rien de spontané et n’est nullement lié à la question des coupures du courant électrique. D’ailleurs, sur ce point, l’EDL a clarifié la situation en annonçant que le programme de rationnement du courant est le même dans toutes les régions situées hors du Beyrouth administratif.


L’objectif des émeutiers semble être plutôt d’ôter du crédit à la candidature consensuelle du général Michel Sleimane à la présidence de la République. Il s’agissait de démontrer son incapacité à maîtriser la situation, faire face à des revendications populaires et assurer la sécurité, mais aussi de le placer dans une situation où il serait facile de l’accuser de s’être aligné sur la majorité, et surtout d’accuser l’armée d’ouvrir le feu sur les manifestants et de permettre à des francs-tireurs de prendre position derrière les soldats pour viser des protestataires.


Cette interprétation de l’objectif des émeutes est rendue plausible par les commentaires livrés hier par certains médias de l’opposition qui n’ont pas hésité à affirmer que la banlieue sud de Beyrouth ne doit pas être confondue avec Nahr el-Bared.


Dans ce contexte, certains craignent que la situation ne s’aggrave davantage, l’opposition cherchant clairement à faire pression sur le gouvernement et la majorité, et à paralyser le commandement de l’armée.
A l’origine de tout cela, il semble bien qu’il y ait désormais une volonté de se débarrasser du général Sleimane comme candidat consensuel et de préparer la voie à d’autres candidats, tentative que la France et la Ligue arabe ont jusqu’ici réussi à bloquer. Paris en opposant une fin de non-recevoir à l’émissaire qatariote qui en avait transmis le souhait, et la Ligue en réaffirmant dimanche la première clause de son plan, à savoir l’élection de Michel Sleimane à la présidence. C’est visiblement l’ancien député Sleimane Frangié qui mène actuellement la campagne visant à changer le candidat consensuel. Il est suivi en cela par le général Michel Aoun et d’autres leaders de l’opposition, notamment le Hezbollah, qui toutefois le fait avec prudence.


Officiellement, la Syrie continue d’afficher un soutien formel à la candidature du commandant en chef de l’armée, mais tout en donnant une marge de manœuvre sur ce plan à ses alliés libanais. Ainsi, un pilier de l’opposition s’est rendu récemment à Damas et a expliqué aux dirigeants syriens que l’arrivée de Michel Sleimane à Baabda aurait des conséquences néfastes sur la popularité du général Michel Aoun dans l’opinion chrétienne, et cela est d’autant plus grave que le 14 Mars s’est précipité pour parrainer sa candidature.


Ce qui a aggravé les suspicions de l’opposition, c’est l’attitude du général Sleimane par rapport aux exigences de l’opposition, notamment au sujet du gouvernement. Un chef de l’opposition a en effet indiqué que le candidat refusait d’informer l’opposition de ce qu’il comptait faire une fois élu président, qu’il n’offrait aucune garantie préalable sur des dossiers essentiels aux yeux du 8 Mars et que, chaque fois qu’on lui parle de la composition du gouvernement, il renvoie ses interlocuteurs aux dispositions de la Constitution.

المصدر:
l"orient le jour

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