Le chef du Courant du futur finance des projets de développement au Liban-Nord à hauteur de 52 millions de dollars
Hariri : Nous ne resterons pas les bras croisés en cas de confrontation ouverte
Hariri : Nous ne resterons pas les bras croisés en cas de confrontation ouverte
Depuis Tripoli où il a rencontré hier plusieurs délégations de cadres du Courant du futur et de plusieurs conseils municipaux et d’ulémas sunnites, le député Saad Hariri a annoncé qu’il accordait 52 millions de dollars pour le financement de projets de développement dans le Nord. « Je suivrais le chemin de Rafic Hariri qui ripostait contre les campagnes de diffamation en œuvrant pour la reconstruction du pays », a-t-il ainsi affirmé.
Saad Hariri a ainsi précisé qu’il consacrait une somme de 30 millions de dollars « pour financer des dons en nature distribués à la population, la construction de 4 écoles à Tripoli, de 12 écoles au Akkar, d’une école à Minié, d’une école et d’un centre médical au Batroun, et d’un centre culturel dans le Koura, et à l’équipement de trois écoles à Minié ». « 15 autres millions de dollars financeront la création d’un observatoire social, d’une pépinière d’entreprises et d’un centre de formation professionnelle à Tripoli, d’un centre de pisciculture, d’une usine de fourrage, d’un marché des produits agricoles, d’une usine d’empaquetage de fruits et d’un centre de stockage du lait dans le Akkar, d’une usine de produits laitiers à Minié, d’un centre de stockage du lait, d’une usine d’empaquetage et d’une usine de produits alimentaires en conserves à Denniyé ».
Le chef du Courant du futur a en outre indiqué qu’il accordait un don de trois millions de dollars à la municipalité de Denniyé pour lui permettre de transformer le Khan el-Tamassili en hôtel et en centre culturel. Il financera également à hauteur de 5 millions de dollars l’aménagement d’un jardin d’une superficie de 17 mille kilomètres carrés à Tripoli, et d’un autre jardin de 27 mille kilomètres carrés, construit dans l’enceinte du complexe Rachid Karamé.
Un complot meurtrier
Par ailleurs, Saad Hariri a affirmé que « le Liban est visé par un complot meurtrier qui se poursuit depuis le 14 février 2005 », appelant les Libanais à « déjouer la conspiration qui vise à rétablir la tutelle syrienne sur le Liban ». « Nous nous rassemblerons le 14 février, sur la place des Martyrs, pour dénoncer les tentatives d’assassiner le Liban et nous ne leur permettrons pas de consacrer leur mainmise sur notre pays », a-t-il ajouté, rendant hommage au Premier ministre Fouad Siniora, « l’homme d’Etat qui a résisté aux complots et préservé l’Etat et ses institutions ».
Pour le pôle de la majorité, « le régime syrien qui a assassiné Rafic Hariri tente aujourd’hui d’assassiner le Liban de nouveau. Le peuple syrien souffre de son côté sous le joug de ce régime sanguinaire qui a emprisonné les opposants et exporté des terroristes vers le Liban et vers l’Irak », a-t-il en outre lancé devant une délégation d’ulémas sunnites du Nord, présidée par le mufti de Tripoli, Malek el-Chaar.
Le pôle de la majorité a également déploré l’attitude de « ceux qui, au lendemain du meurtre de Rafic Hariri, ont tenté de s’imposer comme uniques représentants du Liban en remerciant Bachar el-Assad et son régime de ce qu’ils ont fait au Liban ». « Ce qui s’est passé le 8 mars 2005 est systématiquement réitéré tous les jours, depuis trois ans, sous différents aspects. Il est donc de notre devoir de nous rassembler massivement le 14 février pour exprimer notre refus du retour de la tutelle syrienne et notre opposition à ceux qui tentent d’enclencher une nouvelle guerre civile. »
Auparavant dans une interview sur la Future TV, Saad Hariri a insisté sur le caractère pacifique du rassemblement prévu pour le 14 février prochain, soulignant que « cette manifestation vise à dénoncer l’obstruction ». « Nous ne voulons pas de confrontation, mais si une confrontation nous est imposée, devrions-nous rester les bras croisés ? Certainement pas ! » a-t-il toutefois ajouté.
Le tribunal international
« La confrontation ne sert que les intérêts de la Syrie et d’Israël. Je doute que l’opposition veuille se transformer en outil du projet israélien ou syrien (…). Les incidents du 23 et du 25 janvier 2008 ont clairement montré que la confrontation dans la rue est dévastatrice pour le pays. (…) Les armes de l’opposition sont son point faible. Ira-t-elle jusqu’à utiliser son arsenal sur la scène interne ? » a-t-il noté.
Quant à la médiation de Amr Moussa, le chef du Courant du futur a souligné que « l’initiative de la Ligue n’a pas échoué ». « Mais nous avons été surpris par le fait que l’opposition réclame non seulement une entente sur un cabinet formé selon la règle des 3×10, mais également un accord sur la personne du prochain Premier ministre et sur de nombreuses autres questions. Il pourrait s’agir d’une stratégie de négociations, mais je pense que le régime syrien a décidé d’empêcher la tenue du scrutin présidentiel », a-t-il poursuivi.
Répondant à une question portant sur l’armement du Hezbollah, Saad Hariri a affirmé que « nul n’évoque la question des armes du parti de Dieu autant que le parti lui-même ». « Personne au sein du 14 Mars ne veut désarmer la Résistance. D’ailleurs qui a mis de côté la 1559 et appelé à la mise en place d’un dialogue national à ce sujet ? » s’est-il interrogé.
Et le pôle de la majorité d’indiquer que « les fonds nécessaires au financement du tribunal international ont été réunis, et les juges ont été nommés ». « Le procès est sur le point d’être lancé (…). Les assassins seront traduits en justice qu’ils le veuillent ou pas », a-t-il enfin averti.