Hamadé n’exclut pas que la logistique du Hezbollah ait été impliquée dans l’attentat qui l’a visé en octobre 2004
Le PM demande à Mirza et Nasri Khoury de suivre auprès de la Syrie l’enquête sur l’assassinat de Moghniyé
Le PM demande à Mirza et Nasri Khoury de suivre auprès de la Syrie l’enquête sur l’assassinat de Moghniyé
Le Premier ministre Fouad Siniora a contacté hier le procureur général près la Cour de cassation, le juge Saïd Mirza, et le président du Haut Conseil libano-syrien, Nasri Khoury, pour leur demander de suivre auprès des autorités syriennes le déroulement de l’enquête sur l’assassinat d’un des hauts responsables du Hezbollah, Imad Moghniyé, en tant que citoyen libanais. Il leur a demandé de s’informer officiellement des circonstances de l’explosion qui lui a coûté la vie, et qui a eu lieu sur le territoire syrien le 13 février, afin que la justice libanaise soit au fait des progrès de l’enquête.
L’assassinat du haut responsable hezbollahi a par ailleurs été commenté par le ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé, qui, dans une déclaration faite samedi à la Voix du Liban, a estimé que « la riposte à l’assassinat de Imad Moghniyé doit être lancée de Damas, puisque le meurtre a été perpétré sur son territoire et que la sécurité nationale syrienne a reçu un camouflet, sauf si la Syrie est impliquée dans la liquidation de Moghniyé ».
Et d’ajouter : « Le régime syrien a payé, et continue de payer, au Golan, le prix de sa stabilité. Le président martyr Rafic Hariri s’est comporté avec ce régime en homme généreux et allié durant des décennies, lui ouvrant les portes du monde. Comment le régime s’est comporté avec lui ? Nous sommes donc en présence d’un régime prêt à vendre son frère, son père, son oncle ou son beau-frère. »
« Ce n’est pas nous qui misons sur Israël, mais plutôt ceux qui profitent de leur victoire pour se retourner contre les Libanais », a par ailleurs souligné M. Hamadé. Il a considéré que « la résistance est devenue un outil aux mains des Syriens », précisant qu’à son avis, la logistique du Hezbollah ne serait pas innocente de l’exécution de la décision syrienne portant sur la tentative d’assassinat qui l’a visé (en octobre 2004). Il a considéré que la décision de guerre et de paix ne devrait pas être aux mains du Hezbollah et que « les Libanais ne veulent plus que leur pays soit seul dans l’œil du cyclone ». Il a assuré que « l’armée empêchera la discorde, et ceux qui tenteront de la contrer se heurteront à la solidarité populaire qui l’entoure ».
M. Hamadé a confirmé, en réponse à une question, que l’ambassadeur d’Arabie saoudite a reçu des menaces de la part de parties politiques libanaises et arabes, l’invitant à prendre ses précautions, indiquant qu’il n’est pas le seul puisque d’autres diplomates, ainsi que des leaders libanais, ont fait l’objet de pareilles menaces. Sur le retrait du Qatar de la Finul, M. Hamadé a estimé que ce pays « a senti que quelque chose se prépare au Liban-Sud, et personne ne veut retourner à la période des années 80 et des agressions contre les ressortissants étrangers ».
Concernant les négociations en cours pour l’élection d’un président de la République, à la lumière de l’initiative arabe, le ministre Hamadé a qualifié le député Michel Aoun de « négociateur non mandaté », ajoutant que « le président Nabih Berry aurait dû être à sa place parce que Aoun n’a rien à faire dans ces négociations ». Il a enfin annoncé que « la formule des 10+10+10 est inacceptable parce que nous ne mettrons pas sur un pied d’égalité la minorité et la majorité ».