Le député du Metn « félicite » Siniora pour ses positions au sujet de la présidence
Michel Murr « non concerné » par les consultations de Aoun et par son hostilité au gouvernement
Michel Murr « non concerné » par les consultations de Aoun et par son hostilité au gouvernement
L’ancien vice-président du Conseil et actuel député du Metn, Michel Murr, a franchi hier un pas supplémentaire loin du giron du chef du CPL, le général Michel Aoun, tout en continuant à le considérer comme un « allié » dans le cadre du Bloc du changement et de la réforme, que préside le général. M. Murr, qui s’est rendu hier chez le chef du gouvernement, Fouad Siniora, a tenu, à sa sortie du Grand Sérail, à « féliciter » de façon ostentatoire ce dernier pour ses prises de position en faveur d’une élection présidentielle dans les plus brefs délais. Il s’est par ailleurs dit « non concerné » aussi bien par les positions des milieux aounistes au sujet du gouvernement Siniora que par les consultations menées par le général Aoun à Rabieh.
« La visite avait un seul but, c’est de souligner qu’il ne faut pas que la présidence reste vacante, quelles qu’en soient les raisons », a déclaré M. Murr aux journalistes à l’issue de l’entretien au Grand Sérail. « M. Siniora avait lui-même annoncé que l’élection doit se dérouler dans les plus brefs délais, car le contexte chrétien ne supporte pas que le poste de président reste vide. Je l’ai donc encouragé et félicité pour ses prises de position » à ce sujet, a-t-il ajouté.
M. Murr a tenu ces propos alors même que les milieux aounistes ont déclenché depuis le week-end dernier une campagne suggérant que le Premier ministre, et à travers lui la communauté sunnite, ont étendu leur mainmise sur la présidence de la République maronite.
Interrogé sur les consultations qui se déroulent actuellement chez le général Aoun, à Rabieh, il a répondu : « Le général souhaite rencontrer un certain nombre de personnalités chrétiennes, des anciens ministres et d’autres. En tout état de cause, je ne suis pas concerné par cela. Mais nous sommes toujours alliés. »
A la question de savoir si cela signifie qu’il n’avait pas été notifié de ces consultations en tant que membre du bloc parlementaire du général Aoun, il a dit : « Une telle notification n’est pas nécessaire. Le général rencontre des personnalités. C’est tout. »
Prié de dire si l’objectif de ces consultations, comme il a été écrit dans la presse, est d’aboutir à des manifestations de rues, le député du Metn a répondu, d’un ton ferme : « Qui donc va manifester ? Je ne crois pas que cela sera le cas. De toutes les façons, les forces de l’ordre et l’armée ont annoncé qu’elles feraient face à ceux qui veulent descendre dans la rue, qui qu’ils soient. ».
A un journaliste lui ayant fait remarquer que sa visite au Grand Sérail est en contradiction avec les positions exprimées par le général Aoun contre le gouvernement Siniora, il a dit : « Je ne suis pas concerné par ces positions. Ce qui m’intéresse, c’est que la présidence de la République ne reste pas vacante. Voilà l’essentiel. »
N’est-il donc pas hostile au gouvernement Siniora, lui a-t-on demandé. Ce à quoi il a répondu : « Mais mon fils est dedans. »