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Le Hezbollah se réserve le droit de choisir le moment, le lieu, la manière et le moyen de venger

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Le chef du parti de Dieu se veut rassurant quant aux risques de guerre
« Le Hezbollah se réserve le droit de choisir le moment, le lieu, la manière et le moyen de venger Moghniyé », affirme Nasrallah


Dans son discours pour le quarantième jour de l’assassinat du responsable militaire du Hezbollah, Imad Moghniyé, le secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, s’est voulu rassurant, mais ferme en même temps. Rassurant en écartant la possibilité de troubles internes, après le sommet arabe de Damas, et en indiquant que le Hezbollah ne va pas ouvrir le front du Sud pour anéantir Israël. Ferme en promettant de nouveau de venger l’assassinat de Moghniyé et en précisant que le Hezbollah se réserve le droit de choisir « le moment, le lieu, la manière et le moyen » de le faire. Le leader du Hezbollah s’en est pris à ses adversaires politiques et aux médias qui dénigrent la Résistance, tout en soulignant que l’opposition reste favorable à toute proposition de règlement à la crise.


Dans le discours diffusé sur grand écran devant des centaines de personnes qui prenaient part au meeting organisé à Roueiss pour le quarantième de Moghniyé, sayyed Nasrallah a d’emblée mis en garde contre des tentatives américano-sionistes de provoquer un conflit entre l’Europe et les musulmans avant de s’attaquer aux « faibles d’esprit et aux plumes stipendiées qui déforment le concept de résistance en le présentant comme étant illogique ». « Le sacrifice, la loyauté et la défense de la patrie représentent une culture de la mort aux yeux de ces gens-là, pour qui la culture de la vie consiste à transformer un ennemi (Israël) en voisin régional », a-t-il ironisé.


Après avoir expliqué que l’Etat hébreu « mène une guerre de conscience contre ses ennemis dans la région », sayyed Nasrallah a estimé que son parti a réussi à changer la donne « à partir du moment où il a cessé d’être confiné à un rôle de défense pour assumer un rôle actif ». « Les militants au Liban et en Palestine sont aujourd’hui en train de forger une nouvelle conscience israélienne », a-t-il dit, avant d’affirmer redouter qu’« un jour les résistants soient considérés comme des bandits de grand chemin et que les agents ne deviennent les héros de la souveraineté, de l’indépendance et de la liberté ».


Selon lui, le retrait israélien de 2000 et la guerre de juillet 2006 « ont permis de répondre par l’affirmative à la question suivante : “ Est-il possible d’anéantir l’entité israélienne ?” » Il a donné lecture des résultats d’un sondage montrant que la majorité des Libanais, toutes appartenances communautaires confondues, sont pour l’anéantissement d’Israël « au grand dam de ceux qui prétendent que la Syrie est l’ennemie et non pas Israël ».

 

« La guerre ne sera pas
une promenade »


Il s’est voulu rassurant, mais avec prudence, au sujet d’une éventuelle guerre. « Je ne veux écarter aucune éventualité, mais les Israéliens doivent comprendre qu’une guerre ne sera pas une promenade. Elle sera extrêmement coûteuse pour eux », a-t-il insisté, avant de critiquer ceux qui « entretiennent la psychose d’une prochaine guerre ».« Personne ne dit, a-t-il ensuite affirmé, que la chute de l’entité sioniste est une responsabilité libanaise. Il est vrai que la majorité des Libanais y sont favorables, mais cela ne veut pas dire pour autant que nous allons ouvrir le front du Liban-Sud. »


Mais, a-t-il ajouté, « les Israéliens sont inquiets et ils ont raison de l’être, car notre sang ne peut être versé en vain ». « Ceux qui ont tué Imad Moghniyé doivent être punis et connaître le goût de la vengeance (…). Nous choisirons le moment, le lieu, la manière et le moyen de (nous) venger », a ajouté Hassan Nasrallah, tout en soulignant que la volonté de vengeance n’empêche pas la poursuite des négociations avec l’Etat hébreu pour obtenir la libération des détenus dans les prisons israéliennes. « Sauf que dans n’importe quelle confrontation, les Israéliens découvriront quelle bêtise ils ont commise en assassinant Imad Moghniyé », a-t-il fait valoir.


Sur le volet local, le chef du Hezbollah a indiqué que les rumeurs sur des craintes de dérapage après le sommet arabe sont « infondées ». « L’après-sommet sera comme l’avant-sommet. Nous sommes pour un règlement au Liban. Nous ne voulons que le bien du pays. Il est regrettable que certains Etats arabes et occidentaux jugent inacceptables les revendications de l’opposition. Tout ce que nous voulons, c’est une participation authentique au pouvoir et une loi électorale juste et représentative et ils prétendent que c’est impossible. Qu’est-ce qui est alors possible ? Qu’on quitte le pays ? Nous ne le ferons jamais », a-t-il observé, avant de critiquer aussi « la légèreté de certains commentaires au sujet de la politique de la main tendue pratiquée par l’opposition ».


Sayyed Nasrallah a exprimé l’espoir que les efforts politiques pour parvenir à un règlement se poursuivront après le sommet arabe, tout en affirmant souhaiter que celui-ci parvienne à trouver une solution à la crise libanaise.


Il a conclu en se disant favorable au projet de réorganisation des différentes composantes de l’opposition dans une même structure politique.

المصدر:
l"orient le jour

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