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Le 14 Mars prône un accord global pour préserver

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L’opposition adopte une attitude équivoque au sujet de la candidature de Sleimane
Le 14 Mars prône un accord global pour préserver les acquis de l’intifada de l’indépendance


Contrairement aux cinq reports qui l’ont précédé, l’ajournement de l’élection présidentielle au 7 septembre, annoncé hier par le président de la Chambre, n’a pas été assorti du foisonnement des spéculations habituelles qui ont jalonné la trajectoire de la présidentielle depuis trois mois. En effet, il est désormais de notoriété publique que le commandant en chef de l’armée a réémergé des limbes des veto réciproques, pour s’imposer comme candidat favori à la magistrature suprême.


Moult hypothèses relevant des enjeux locaux ou régionaux pourraient expliquer le revirement de la situation en faveur de Michel Sleimane qui n’a pas caché ses visées présidentielles depuis que l’armée a pu éradiquer Fateh el-Islam du camp de Nahr el-Bared. Il n’en demeure pas moins que la coïncidence entre la réunion d’Annapolis et le renforcement des chances du patron de l’armée d’être élu à la présidence ne saurait être fortuite. Dans son sillage, la conférence de paix a induit un début de remodelage de la donne internationale et régionale qui a brisé l’équilibre statique de la balance interne et enclenché la dynamique à laquelle nous avons assisté au cours des derniers jours.

 

Une entente globale


La majorité a intercepté plusieurs signes qui l’ont poussée à proposer une entente autour de la candidature de Michel Sleimane. De la temporisation des protagonistes régionaux et internationaux quant à la formation du tribunal international et jusqu’à la relance des concertations entre l’Occident et Damas, en passant par la réticence de la communauté internationale à imposer des sanctions tangibles contre le régime baassiste, sans oublier l’absence de bénédiction internationale pour une élection à la majorité absolue, le 14 Mars a dû abdiquer devant le fait accompli, au lendemain de la mort clinique de l’initiative Kouchner.


Le tandem Hariri-Joumblatt a ainsi franchi le premier pas en direction de l’assouplissement des positions à l’égard de l’élection du commandant en chef de l’armée. Pour être aussitôt rejoints par les deux principaux pôles chrétiens du front souverainiste, à savoir Samir Geagea et Amine Gemayel, qui ont modéré leur réticence à l’égard de l’amendement « difficile » de la Loi fondamentale, au nom de la représentation chrétienne au sein de l’Etat et de la stabilité du pays. Mais si le 14 Mars s’est résigné à boire le calice amer jusqu’à la lie, il n’en demeure pas moins que la majorité continuera à exiger des garanties portant sur la préservation des acquis de l’intifada de l’indépendance, comme l’a indiqué le président supérieur des Kataëb à L’Orient-Le Jour.


Il semble donc que les différents protagonistes internes sont à la recherche d’un compromis global, portant généralement sur le programme qu’appliqueront les hautes instances de la République au cours de la prochaine période, et spécifiquement sur la composition du prochain cabinet et sur le nom de l’éventuel successeur de Michel Sleimane à la tête de l’armée, entre autres, bien entendu. Saad Hariri et Nabih Berry auraient donc repris leurs concertations hier soir, d’après des informations non confirmées, après avoir obtenu explicitement l’aval des ambassadeurs saoudien et américain qui ont tour à tour laissé entendre hier qu’ils sont favorables à l’élection du commandant en chef de l’armée.

 

Des « sit-in » ambulants


L’on peut toutefois se demander si le mandat accordé au « numéro 2 » de l’Etat pour négocier au nom de l’opposition demeure valable, d’autant que Nabih Berry avait lui-même indiqué hier à notre confrère as-Safir qu’« il appartient désormais à la majorité et à l’opposition de s’entendre » et qu’il « entérinera leur accord, comme président de la Chambre ». En effet, le Hezbollah, qui a tantôt exprimé son soutien à toute mesure prise par l’ancien président Emile Lahoud et tantôt insisté sur le fait que toute solution passe impérativement par le député Michel Aoun, n’a pas manifesté son appui à l’action de Nabih Berry depuis quelque temps. Piégé par la divergence manifeste entre Téhéran et Damas, le parti de Dieu a préféré se retrancher derrière le chef du CPL, plutôt que s’impliquer directement dans l’initiative du président de la Chambre.


Pratiquement pris au dépourvu par l’appui de la majorité à Michel Sleimane, Michel Aoun et le Hezbollah, derrière lui, ont choisi de se rabattre encore une fois sur le gouvernement Siniora, à travers le mouvement « social » annoncé par Rabieh pour la semaine prochaine, pour renforcer leurs positions dans les négociations et s’octroyer une marge de manœuvre suffisamment conséquente. En effet, pour demeurer en harmonie avec son public qu’il a entraîné vers un soutien inconditionnel de l’armée au cours des derniers mois, le chef du CPL ne pouvait qu’« abandonner ce qu’il a de plus cher », d’après l’expression du député Ibrahim Kanaan, et adopter la candidature du général Sleimane, « dans le cadre de son initiative », dont le délai de validité a pourtant expiré il y a cinq jours.


Le seul recours du CPL et du Hezbollah a donc été de raviver leur campagne mutuelle contre la légitimité du gouvernement Siniora auquel il appartient d’apposer son contre-seing sur tout amendement de la Constitution, en vertu des articles 76 et 77 de la Loi fondamentale. D’ailleurs, le ministre démissionnaire Mohammad Fneih a affirmé hier que « la majorité a anéanti la possibilité d’un amendement constitutionnel, en refusant de former un gouvernement d’union nationale ». Les « sit-in ambulants » qui seront menés par la tranche chrétienne de l’opposition la semaine prochaine, d’après des sources informées, devraient donc quelque peu compliquer la procédure légale de l’avènement de Michel Sleimane à la tête de l’Etat. Reste à connaître l’attitude qu’adoptera l’armée face à ces manifestations.


En tout état de cause, s’il existe une volonté politique réelle de s’entendre, la Constitution est riche en « astuces » pour concrétiser un éventuel accord, comme l’a indiqué un haut responsable de la majorité à L’Orient-Le Jour. Le nouvel amendement de la Loi fondamentale pourrait donc mettre un terme, ne serait-ce que provisoirement, à la crise enclenchée par un autre amendement, il y a quelque trois ans de cela, car désormais il s’agit de préserver la stabilité du pays.

المصدر:
l"orient le jour

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